Un presbytère centenaire menacé de démolition à L'Ancienne-Lorette

Datant de 1893, le presbytère de L'Ancienne-Lorette est...

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Datant de 1893, le presbytère de L'Ancienne-Lorette est l'un des rares bâtiments à caractère patrimonial de la municipalité. Sa démolition aurait pour but de réaménager un stationnement en bordure de la rue Notre-Dame.

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(Québec) La Ville de L'Ancienne-Lorette propose à la paroisse Notre-Dame-de-L'Annonciation d'acquérir son stationnement pour ériger un nouveau centre communautaire. Cela implique de démolir ensuite le presbytère «à l'italienne» datant de 1893, l'un des rares bâtiments à caractère patrimonial de la municipalité, pour réaménager un stationnement en bordure de la rue Notre-Dame.

Le maire Émile Loranger de L'Ancienne-Lorette a abordé ce projet lors du conseil municipal de janvier. Il l'a expliqué mardi au Soleil, après que des citoyens inquiets eurent sonné l'alerte.

M. Loranger fait valoir que la construction d'un nouveau centre communautaire est incontournable en raison de la désuétude de l'ancien hôtel de ville, où logent actuellement de nombreux organismes communautaires. Démolir cet édifice pour mieux le reconstruire, à côté du nouvel hôtel de ville, est une des deux options sur la table. Un budget de 4 millions $ est réservé. 

L'autre option, privilégiée par la Ville, est d'installer le centre communautaire sur le terrain de stationnement entre la bibliothèque municipale et l'église, rue Notre-Dame. Ce stationnement, propriété de la fabrique, est fréquenté par les usagers de la bibliothèque et entretenu par la municipalité depuis 25 ans. 

L'administration Loranger propose d'en devenir propriétaire ainsi que des terrains autour de l'église, exception faite du cimetière. La valeur de l'ensemble frôle 5 millions $ au rôle d'évaluation. 

Il n'y aurait pas d'échange d'argent dans cette transaction, mais le presbytère serait démoli aux frais de la Ville de L'Ancienne-Lorette pour être relocalisé sans frais ni loyer dans le futur bâtiment. Un autre stationnement pousserait en lieu et place de l'édifice d'intérêt patrimonial. 

Tant du côté de la Ville que de la paroisse, les parties s'entendent pour dire qu'aucune décision finale n'est prise dans le dossier, mais l'échéance est fixée au mois d'avril. 

Le premier OK doit venir du conseil de fabrique, a indiqué au Soleil le curé de Notre-Dame-de-L'Annonciation, Pierre Gastonguay. «La plupart des marguilliers sont en faveur du projet de la Ville, mais ils sont conscients que pour plusieurs paroissiens, ce sera un deuil difficile», admet-il. Une consultation est prévue pour prendre le pouls de la population. 

Les arguments sont essentiellement financiers pour la paroisse. Le curé Gastonguay souligne que des investissements importants sont requis pour remettre le presbytère en bon état : «au moins 300 000 à 400 000 $» sur une période de 15 ans. À court terme, il faut remplacer la fournaise et «l'ancienne cuisine est en train de presque s'effondrer», dit-il. 

Le diocèse de Québec devra ensuite donner son accord à la transaction. Celui du ministère de la Culture n'est pas nécessaire. Bien que le presbytère, l'église et le cimetière soient inventoriés par le ministère québécois de la Culture, ni l'un ni l'autre n'est cité «immeuble patrimonial». 

«Un style vieux»

Pour le maire Loranger, «avoir un style vieux» n'est pas suffisant pour justifier la conservation. «Ce n'est pas un édifice qui est reconnu patrimonial, ce n'est pas un édifice superbe. Il est juste là, les gens sont habitués de le voir. Ce qui serait dommage, c'est que l'argent qu'ils vont mettre là-dessus ne permette pas d'entretenir l'église qui, elle, est un joyau en soi», a-t-il commenté mardi. 

La fiche produite par la Ville de Québec (voir plus bas) n'émeut pas l'élu lorettain. Selon lui, «ils sont bien forts là-dedans garder des vieilleries à Québec, mais ça ne veut pas dire que ça a une valeur en soi». M. Loranger promet de bâtir le projet pour «donner de la gueule au centre-ville». «Ça va faire un tout qui va s'harmoniser», d'après lui. 

Enfin, le maire ne croit pas que le projet soulève les passions localement : «Oui, il va y avoir des gens frustrés, mais ça ne virera pas la ville à l'envers.» 

Joint par Le Soleil, le président de la Société d'histoire de L'Ancienne-Lorette, Gilles Falardeau, croit pour sa part qu'il faut conserver le bâtiment religieux pour «ne pas perdre l'âme lorettaine», d'autant qu'il y a très peu d'immeubles patrimoniaux encore debout dans le secteur. «Si on enlève le presbytère, après ça on a une église toute nue», déplore-t-il. 

Après l'autorisation de démolir la maison Wilfrid-Edge, rue Saint-Paul, l'an dernier, M. Falardeau s'interroge sur la «frénésie» du développement qui règne dans la ville. Comme l'administration municipale est impliquée dans ce nouveau projet immobilier, il ne voit pas d'autres moyens que de sensibiliser directement les citoyens pour éviter une autre disparition.

La Ville de Québec invite à la préservation

Le presbytère de Notre-Dame-de-L'Annonciation a été construit en 1893 d'après les plans de l'architecte J. Georges Bussières. Il est érigé sur les fondations d'un autre presbytère datant celui-là d'avant 1730 et qui avait «mauvaise mine» selon des récits de l'époque. Le nouvel édifice emprunte au courant «à l'italienne» de la fin du 19e siècle. Recouvert de brique, l'édifice de deux étages possède un toit à quatre versants et une grande galerie couverte. Il compte plusieurs éléments de décoration en bois. En 1916, une annexe a été ajoutée pour loger les cuisines. «Cet ensemble présente un intérêt exceptionnel en raison de son caractère ancien et de ses formes architecturales, mais surtout de la conservation de ses éléments architecturaux malgré quelques transformations et de sa valeur de représentation dans la collectivité», peut-on lire sur une fiche réalisée par la Ville de Québec en 2003, avant les défusions municipales. Il y était recommandé de préserver les principaux attributs architecturaux et l'environnement de l'édifice et de «définir des mesures de protection pour préserver le paysage bâti du noyau religieux sur cette portion de la rue Notre-Dame».




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