Le Musée de sainte Anne tire sa révérence

Malgré la qualité de sa collection, dont une... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Malgré la qualité de sa collection, dont une large part est consacrée à la dévotion à sainte Anne, le musée n'arrivait plus à attirer les curieux.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le Musée de sainte Anne, à deux pas de la célèbre basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, ferme ses portes. Incapable d'en assurer l'entretien, la congrégation des Rédemptoristes a décidé de ne pas rouvrir le musée ce printemps. Des centaines d'objets du patrimoine religieux sont maintenant en quête d'un toit.

En principe, le musée, fermé pour l'hiver, devait ouvrir ses portes avec le retour des pèlerins en mai. Pas cette année. Et jamais plus, d'ailleurs.

«On a pris la décision de ne plus l'ouvrir. Il est fermé définitivement», a lancé sans détour Assunta Bouchard, vice-rectrice du Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, confirmant ainsi une information obtenue par Le Soleil.

Malgré la qualité de sa collection, dont une large part est consacrée à la dévotion à sainte Anne, le musée n'arrivait plus à attirer les curieux.Et les Rédemptoristes n'ont pas l'énergie ni l'argent pour le maintenir ouvert.

«Ça coûtait cher à entretenir et on n'a plus le temps de prendre soin de la collection. C'était de plus en plus difficile d'année en année. La basilique elle-même demande énormément», a ajouté Mme Bouchard. 

La popularité de la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré n'est toutefois pas en cause, la légendaire église attirant toujours plus d'un million de visiteurs par année.

«Le musée était un très beau complément aux pèlerinages, mais ce n'était pas la bâtisse la plus achalandée. Au cours des dernières années, on a essayé, on l'a mis gratuit», a expliqué la vice-rectrice du Sanctuaire à propos du musée devenu moribond.

Avenir de la collection

La principale question qui se pose maintenant est de garder intacte la collection de 

centaines d'objets religieux, historiques et patrimoniaux.

«Pour nous, c'est très important que la collection reste unie. On va voir à quel musée on pourrait la remettre, ou encore la réserve muséale. On est en démarches présentement», a ajouté Assunta Bouchard. Pas question de démanteler la collection, a-t-elle assuré.

«On ne met pas ça sur le bord du chemin comme une vente aux enchères. Jamais», a-t-elle tranché.

Mais les démarches, reconnaît-elle, ne seront pas faciles, à l'heure où personne ne roule sur l'or dans le monde muséal. «On est vraiment à la recherche. Les semaines vont nous guider là-dedans, petits pas à petits pas.»

Quant au bâtiment, un imposant édifice derrière la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré reconnaissable par sa murale, les Rédemptoristes se donnent jusqu'à la fin de l'année 2017 pour décider de son sort. 

La décision des Rédemptoristes de fermer le Musée de sainte Anne ne touche pas le Cyclorama de Jérusalem, géré par un autre organisme.

Quant à l'Auberge de la Basilique, on n'y servira désormais plus de repas aux pèlerins, sauf le déjeuner. La diversité croissante de l'offre alimentaire dans le voisinage a motivé la décision des Rédemptoristes.

Le maire surpris

Vendredi, Le Soleil a appris au maire de Sainte-Anne-de-­Beaupré, Jean-Luc Fortin, la nouvelle de la fermeture du musée. Appelé à commenter, il a préféré attendre d'en savoir davantage. Mais spontanément, l'élu a dit souhaiter voir la collection protégée. «Il y a là un patrimoine religieux extraordinaire», a dit M. Fortin.

Le maire assure aussi que le sort du musée n'est pas en lien avec le litige entre les Rédemptoristes et la municipalité de Sainte-Anne-de-Beaupré. En août dernier, la congrégation a intenté des recours judiciaires pour faire annuler des factures de taxes qu'elle estimait illégales. «Le musée n'était pas un enjeu», a dit le maire Fortin.

Les ventes se multiplient depuis le scandale

La fermeture du musée de sainte Anne est un épisode de plus dans la liste des biens dont se départissent graduellement les Rédemptoristes depuis que la congrégation a versé, en août 2014, 20 millions $ aux anciens élèves du séminaire Saint-­Alphonse, victimes de prêtres pédophiles dans les années 70 et 80. Ce scandale judiciaire, conjugué au vieillissement des membres de la communauté, oblige les Rédemptoristes à revoir leurs avoirs. En octobre 2015, ils ont ainsi vendu leur résidence, alors que l'ancien couvent de Sainte-Anne-de-Beaupré a été acheté par un promoteur en février 2016. L'édifice classé patrimonial en 2001 a été occupé par les soeurs rédemptoristines de sa construction en 1906 jusque dans les années 1990.




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