Paramédics en grève: Gestev forcé d'opter pour le privé

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(Québec) La grève de 72 heures déclenchée par le personnel paramédical de la région de Québec, vendredi, force Gestev à engager des ambulanciers privés pour les compétitions de grand saut et de descente acrobatique (slopestyle) de la Coupe du monde de Québec, samedi. 

Sans convention collective depuis le 31 mars 2015, les quelque 200 ambulanciers paramédicaux de la région de Québec ont entamé, sur le coup de minuit, vendredi, une grève de 72 heures. 

Les ambulanciers continueront à desservir la population comme à l'habitude jusqu'à dimanche, services essentiels obligent, mais leurs différents moyens de pression ont un impact sur l'organisation de la Coupe du monde de Québec. 

Durant la grève, les ambulanciers cesseront de remplir les factures après une course et ne reconduiront plus les membres du personnel médical chez eux après un trajet longue distance. Ils refusent également de faire de la veille lors d'évènements spéciaux. Pour qu'une ambulance passe la journée de samedi en bas des pistes, à Stoneham, et à côté du grand saut, dans Saint-Roch, Gestev a donc dû faire affaire avec une compagnie privée. 

«Ça faisait quelques semaines qu'on sentait venir la grève, alors on s'était préparé un plan B. On ne tiendrait absolument pas ce genre de compétition sans des ambulanciers sur place. On était avec la Coopération des techniciens ambulanciers du Québec (CTAQ) jusqu'à vendredi, mais à partir de samedi, on va avoir des ambulances sur place d'une compagnie privée», explique Véronique Bouillé, coordonnatrice des relations médias chez Gestev.

C'est l'entreprise de service préhospitalier Dessercom qui fournira les ambulanciers. Gestev ne pouvait chiffrer au Soleil, vendredi, les dépenses supplémentaires encourues en raison de cette situation. 

À la table de négos

Ils étaient plusieurs dizaines d'ambulanciers à braver le froid, tôt vendredi matin, pancartes en main devant les bureaux de la CTAQ, à Québec. 

«Ce qu'on veut, avec les moyens de pression, c'est que le ministère revienne à la table de négociations», a expliqué le président de l'Association des travailleurs du préhospitalier, Frédéric Maheux. C'est que par le passé, le ministère de la Santé s'occupait de négocier la dimension salariale de la convention collective avec le personnel paramédical, poursuit M. Maheux. En avril 2016, le ministre Gaétan Barrette a plutôt décidé de donner cette responsabilité aux employeurs. «Par contre, les employeurs n'ont pas l'argent nécessaire pour négocier, donc on se retrouve avec une convention à cout nul.»

L'idée que l'aspect monétaire de la convention collective soit négocié à l'échelle locale par les entreprises plutôt qu'à une table nationale est «inacceptable», assure Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches de la CSN. C'est que cette situation entrainera inévitablement des disparités dans les salaires du personnel paramédical à travers la province, selon elle. 

Frédéric Maheux prévient pour sa part que si le gouvernement ne réagit pas à la grève de 72 heures déclenchée dans la Capitale-­Nationale, le personnel paramédical de la région pourrait emboiter le pas à ses homologues montréalais, en grève générale illimitée depuis le 5 février. 

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