L'année des ruelles

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Le quartier Limoilou compte un bon nombre de ruelles et est principalement visé par cet assouplissement du programme de revitalisation de la Ville.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) C'est décidé, Régis Labeaume veut verdir les ruelles de Limoilou. Et son administration lancera bientôt un nouveau programme de 300 000 $ par an qui se voudra plus souple dans l'espoir de faciliter la tâche aux résidents qui veulent rendre leur arrière-cour plus belle et plus sécuritaire. L'année qui commence sera-t-elle celle des ruelles?

Au premier conseil municipal de l'année 2017, lundi, le maire de Québec a surpris en citant le verdissement des ruelles, surtout celles de Limoilou, comme une priorité des 12 prochains mois. Bien que souhaité par plusieurs et dans la mire de la Ville de Québec depuis quelques années, disons que ce dossier tranchait à côté du service rapide par bus ou du développement économique cités comme les autres priorités du maire. 

«Il y a de nouvelles façons de valoriser les ruelles. Je veux qu'on aille loin, qu'on soit créatifs et à la fine pointe de ce qui se fait ailleurs», a dit Régis Labeaume, qui a annoncé lundi travailler sur le dossier avec la conseillère de Limoilou, Suzanne Verreault.

En entrevue au Soleil, Mme Verreault assure qu'améliorer les ruelles de son district est une priorité depuis son arrivée en politique en 2009. Un programme a été mis sur pied. Un guide à l'intention des citoyens a été conçu, mais les résultats n'ont pas été à la hauteur des attentes.

Le programme au budget de 60 000 $ par an a été jugé trop complexe et a davantage été utilisé pour la réfection du pavage des ruelles que pour leur verdissement. «On veut rendre le programme beaucoup plus souple, plus convivial», explique Mme Verreault à propos de la refonte qu'elle aimerait voir en application «dès ce printemps».

Et l'argent suivra, confirme l'élue. «De 60 000 $ par année, on grimpe à 300 000 $», dit celle pour qui l'amélioration des ruelles était une promesse électorale de 2013.  

L'un des principaux changements résidera vraisemblablement dans la façon pour les citoyens qui veulent lancer un projet de toucher l'argent de la Ville. «Pour l'instant, tout est aux frais des citoyens qui ont droit à leur subvention une fois que tout est réalisé», explique Mme Verreault. 

Or, l'idée est plutôt de permettre dorénavant «d'aider au démarrage» en versant des sommes dès le début pour la conception, la réalisation de plan et devis, etc. La conseillère évoque que 75 % des dépenses seront remboursées.

Mme Verreault, qui est aussi la présidente de l'arrondissement de La Cité-Limoilou, se garde bien de révéler pour l'instant si un organisme spécialisé en aménagement ou en environnement sera mandaté pour faire le lien entre les citoyens et l'administration municipale. Mais ce modèle n'est visiblement pas exclu. À Montréal, où le nombre de ruelles vertes explose, les écoquartiers jouent ce rôle d'accompagnateurs (lire l'autre texte).   

Consultation

Pour voir plus clair dans les besoins des gens en prévision d'un assouplissement à son programme de verdissement des ruelles, la Ville de Québec a mandaté l'organisme de participation citoyenne et de consultation publique -Votepour.ca. 

«Ils nous ont donné le mandat d'aller sonder les gens sur le terrain sur l'usage de leur ruelle, sur le genre de problématiques qu'ils rencontrent», explique Marc Jeannotte de Votepour.ca. 

«On a fait le tour de 2000 portes dans Limoilou et le tronçon de Lairet où il y a des ruelles», poursuit-il. Au total, 320 personnes ont répondu au sondage d'une vingtaine de questions. Sans dévoiler les résultats qui ont été présentés à la Ville de Québec en octobre 2015, Marc Jeannotte révèle toutefois que l'exercice a permis de cerner la diversité des préoccupations. «Les gens ont parlé de ruissellement des eaux, d'éclairage, d'asphaltage, de sécurité des enfants», énumère-t-il en qualifiant le rapport de «mine d'or» d'information. 

Elle est aussi silencieuse sur les conclusions de Votepour.ca, Suzanne Verreault se dit toutefois «très satisfaite» du «rapport très éloquent» qui a servi à la nouvelle mouture du programme de valorisation des ruelles.  

Pas de changement de propriété

Une question qui revient toujours lorsqu'il est question des ruelles dans la capitale est que la Ville de Québec n'en est pas propriétaire. Elles appartiennent plutôt au ministère du Revenu du Québec. En 2013, le conseiller indépendant Yvon Bussières, lui-même copropriétaire d'une ruelle dans le quartier Saint-Sacrement, se demandait si la Ville de Québec ne devrait pas acheter les ruelles pour 1 $ tel que le gouvernement lui offrait. 

Mais l'administration Labeaume n'était pas intéressée. Et la version modifiée du programme d'aide ne prévoit pas de changement en ce sens, indique Suzanne Verreault. «C'est un peu un cadeau de Grec, je sais qu'ils souhaiteraient beaucoup nous les vendre pour 1 $, mais pour le moment, on n'a pas touché à ça», explique l'élue. «Nous sommes dans une vision d'exploiter les ruelles, mais en étant très conscients qu'elles n'appartiennent pas à la Ville.»

Idées grandeur nature

Yvon Deschamps disait toujours qu'on «ne veut pas le savoir, on veut le voir». Présenter grandeur nature différents aménagements dans les ruelles vertes pourrait aider à mieux comprendre, estime la conseillère Suzanne Verreault, qui évoque la possibilité que soit aménagée une «ruelle de démonstration» dans Limoilou l'été prochain. Un peu comme une maison modèle. Une telle proposition permettrait de montrer ce qu'on peut faire pour améliorer une ruelle, discuter de ses effets sur la qualité de vie. «On voit des soupers de voisins, tout le sentiment d'appartenance, c'est assez extraordinaire. Les gens sont tellement créatifs, je ne suis pas inquiète qu'il y aura beaucoup d'idées», dit-elle à propos de la nouvelle mouture du programme de valorisation des ruelles qui sera lancée bientôt.

Les ruelles vertes poussent partout à Montréal

Ruelle de Saint-Jacques... (Tirée du compte flickr Ruelles vertes de Montréal) - image 4.0

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Ruelle de Saint-Jacques

Tirée du compte flickr Ruelles vertes de Montréal

Montréal est en voie de devenir le paradis des ruelles vertes avec 317 artères mises en valeur depuis une vingtaine d'années. Et le rythme s'est accéléré depuis 2010 alors que les écoquartiers aident en moyenne 47 groupes de résidents à améliorer leur ruelle. La clé du succès? «Il faut que ça vienne des citoyens», tranche le directeur du Regroupement des écoquartiers, Nicolas Montpetit.

«Les gens veulent un milieu de vie plus sécuritaire, de meilleure qualité», résume celui qui dirige le regroupement de 19 écoquartiers dans 14 arrondissements de la métropole. Les ruelles, elles se trouvent dans les quartiers plus centraux comme le Plateau-Mont-Roy, Rosemont-Petite-Patrie, la «ligne orange» du métro illustre Nicolas Montpetit, qui souligne aussi les caractéristiques des résidents désireux de mettre la main à la pâte de l'embellissement.

Ruelle de Saint-Michel... (Tirée du compte flickr Ruelles vertes de Montréal) - image 5.0

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Ruelle de Saint-Michel

Tirée du compte flickr Ruelles vertes de Montréal

Pour verdir une ruelle, 50 % des riverains doivent donner leur accord et élaborer un projet. Ils le présentent par la suite à leur écoquartier local qui se charge des démarches auprès de l'arrondissement pour le financement, l'obtention de permis pour de la plantation, la conception d'une murale ou autre. 

Le fait qu'un organisme serve ainsi de courroie de transmission avec l'administration municipale simplifie beaucoup la démarche, selon M. Montpetit. Il souligne que la moyenne des investissements par ruelle est de «20 000 $ à 30 000 $ financé à 80 % par l'arrondissement». Une part de financement autonome ou d'autres organismes peut venir compléter le montage financier.

Ruelle de Sainte-Marie... (Tirée du compte flickr Ruelles vertes de Montréal) - image 6.0

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Ruelle de Sainte-Marie

Tirée du compte flickr Ruelles vertes de Montréal

Encore beaucoup à verdir

Et la tendance n'est pas près de s'essouffler, selon M. Montpetit, qui note qu'à l'heure actuelle, seulement 13 % des ruelles ont été réaménagées, ce qui équivaut à 63 kilomètres. Et la large majorité des installations de bacs, de jeux ou de plantes n'ont pas affecté la circulation automobile, toujours au centre des préoccupations d'une partie des résidents. 

«Les demandes n'arrêtent pas», poursuit le directeur du Regroupement des écoquartiers. «C'est un phénomène de bouche à oreille, les gens voient ce qui a été fait ailleurs. Mais la clé, c'est vraiment que ça vienne d'une initiative citoyenne, que ce soit bottom-up.»  

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