Le Port de Québec fait le plein d'appuis politiques

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(Québec) Alors que les consultations publiques sur l'impact environnemental de son vaste projet d'agrandissement s'amorcent à peine, le Port de Québec a fait le plein d'appuis politiques mardi.

«Je vois ça de façon très, très positive, l'agrandissement du Port de Québec et d'autres infrastructures qui existent à travers le Canada», a lancé le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau.

Son gouvernement étudie le projet d'agrandissement et s'il se qualifie pour le programme de subvention destiné aux infrastructures portuaires, il sera financé à hauteur de 60 millions $, la somme réservée par le précédent gouvernement de Stephen Harper.

«Et on reconnaît très clairement l'importance du Port de Québec pour le développement de la région et pour l'avenir du Canada», a-t-il ajouté lors de la cérémonie de la canne à pommeau d'or au Terminal de croisières.

Rarement, cette tradition centenaire soulignant l'arrivée du premier navire de la nouvelle année n'aura attiré autant de personnalités politiques que mardi. 

Outre le ministre Garneau et le maire de Québec, Régis Labeaume, le ministre fédéral Jean-Yves Duclos et son collègue de Louis-Hébert Joël Lightbound étaient présents. Le gouvernement du Québec était représenté par la députée de Chauveau, Véronyque Tremblay, qui s'est dite fière du Port de Québec comme «une escale de croisière incontournable».

Le bilan présenté par le président et directeur général du Port, Mario Girard, avait beau être positif (lire le texte en page 13), c'est surtout le projet d'agrandissement de 190 millions $ qui a retenu l'attention. Les élus présents ont dit juger nécessaire le prolongement de 610 mètres de la ligne des quais, créant quelque 17,9 hectares de nouveaux terrains en plus de reconfigurer la plage de la baie de Beauport.

La semaine dernière, l'Agence canadienne d'évaluation environnementale (ACEE) a accepté la troisième version de l'étude d'impact environnemental du projet, permettant ainsi de lancer une grande consultation.

«Ne pas diaboliser» le Port

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a réitéré son appui sans réserve à cette volonté d'expansion, invitant à ne pas «diaboliser» le Port. «Ce projet est majeur pour assurer la compétitivité de notre Port. C'est un des plus beaux legs que nous pouvons offrir à notre prochaine génération», a-t-il lancé.

«Je souhaite que le projet du Port se réalise complètement. Bien sûr, le Port doit faire ses devoirs, compléter avec succès sa consultation publique», a poursuivi le maire. «Nous aussi, à la Ville, nous avons des questions, mais nos questions ne sont pas pour diaboliser le Port. Elles sont dans un souci de développement harmonieux et durable.»

M. Labeaume avait déjà appuyé publiquement ce projet baptisé Beauport 2020 en juin 2015 lors du dévoilement de sa «liste d'épicerie», soit les priorités de la région de Québec pour la dernière campagne électorale fédérale. La Ville de Québec soutenait alors la subvention de 98 millions $ demandée à Ottawa par le Port.

Un nouveau terminal multifonctionnel profitera aussi d'une profondeur d'eau de 15 mètres. Un atout essentiel, a martelé Régis Labeaume lundi. «La très grande majorité des navires en construction ne pourront pas aller plus loin que Québec sur le fleuve. La réalité est très simple : Québec a quelque chose que Montréal n'a pas», a-t-il lancé dans une pointe assumée de chauvinisme.

Attendre la consultation

Certaines voix se sont toutefois exprimées mardi devant ce concert d'éloges à leurs yeux prématuré au moment où les consultations commencent.

La députée péquiste Agnès Maltais n'a rien contre les appuis au Port, mais elle insiste : «Il ne faut pas que ça influence les résultats de la consultation.»

Selon elle, la position du maire Régis Labeaume est plus facilement compréhensible puisque «ça arrive souvent parce que les maires s'occupent du développement économique de leur territoire». Quant aux ministres fédéraux et provinciaux, «ils devraient prendre un peu de recul et attendre les résultats de la consultation», dit Mme Maltais, qui n'a pas digéré que le Port refuse de se soumettre au processus d'évaluation environnementale du Québec. 

Le président du groupe citoyen Accès Saint-Laurent Beauport, Daniel Guay, critique du projet Beauport 2020, a déploré ces appuis. «C'est décourageant», a-t-il dit. «Les administrations portuaires qui se respectent construisent loin des résidences. Ce serait ça, le gros bon sens. Mais le gros bon sens ne triomphe pas.»

À l'aéroport de payer, dit le ministre Garneau

De passage à Québec, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a indiqué mardi que les aéroports canadiens devant accueillir un centre de prédédouanement américain sont censés ramasser la facture du bâtiment et celle, récurrente, des opérations. L'aéroport international Jean-Lesage tente de se délester de la seconde.

M. Garneau a assuré que le gouvernement Trudeau approuverait prochainement le projet de loi concrétisant l'entente sur le prédédouanement conclue avec l'administration de Barack Obama. Les États-Unis ont adopté un bill équivalent en décembre, ouvrant la porte à l'envoi de douaniers américains dans les aéroports de Québec et Billy-Bishop à Toronto ainsi qu'aux gares de Montréal et Vancouver.

De plus, le ministre canadien a précisé qu'il fallait encore «s'accorder sur les coûts que ça va engendrer».

Le président et chef de la direction de l'aéroport de Québec, Gaëtan Gagné, accepte de construire et équiper le centre de prédédouanement pour une trentaine de millions de dollars, mais il refuse de payer les salaires et avantages des douaniers américains qui y travailleront. Dans les huit centres déjà établis au pays, les États-Unis assument les dépenses liées aux opérations et il ne voit pas pourquoi ce serait différent à Québec.

M. Garneau réplique toutefois que les conditions du prédédouanement ont été modifiées et les principaux intéressés, informés. 

«Ce sont les autorités aéroportuaires qui décident si elles veulent être considérées pour le prédédouanement. L'entente est basée sur le fait qu'elles seraient responsables pour les paiements pour les transformations à l'aéroport et également pour les frais des douanes américaines qui seraient mises en place», a-t-il expliqué, ajoutant que «c'est la responsabilité canadienne de payer pour ces frais-là». 

Aucune réaction n'est venue de l'aéroport de Québec, mardi, malgré nos sollicitations.

Avec Annie Morin

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