Labeaume prêt à aller en élections avec le SRB

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Rencontré dans son bureau, le maire de Québec, Régis Labeaume, croit que le SRB sera «l'épine dorsale» du réseau de transport en commun.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Le maire de Québec, Régis Labeaume, est prêt à faire du service rapide par bus (SRB) un enjeu électoral, s'il le faut. «Je vais avoir le courage de mes convictions pis je vais m'en aller en élections avec ça. Pas question que je laisse ça de côté», prévient-il.

En entrevue de fin d'année dans son bureau de l'hôtel de ville, mercredi, le maire a été catégorique. «Je le règle [le dossier] avant les élections, sinon ça va faire partie des choix que je vais offrir» aux électeurs, a-t-il annoncé.

M. Labeaume a rappelé qu'il avait l'habitude d'élections chargées idéologiquement. En 2009, il cherchait des appuis pour l'amphithéâtre. En 2013, il a promis de régler la question des régimes de retraite. En 2017, ce sera le SRB et «deux, trois, quatre gros choix à faire». «Les élections, moi, je pense que c'est fait pour ça», justifie-t-il, répétant sa totale opposition à la tenue d'un référendum sur le projet. 

Régis Labeaume prendra son bâton de pèlerin dès janvier pour dire à la population pourquoi le SRB est important pour Québec. «On va remettre du temps pour expliquer de nouveau au monde parce qu'il y avait une grosse adhésion quand c'est sorti mais tout s'est évaporé», dit-il. Pourquoi évaporé? «Parce qu'on n'en a pas parlé et il y a du monde qui a parlé contre, c'est aussi simple que ça», répond-il, quand même satisfait des sondages accordant une majorité d'appuis au projet.

M. Labeaume entend notamment faire la promotion du tracé en basse ville, sur le boulevard Charest. «Tout ça est basé sur la valeur du temps. On va faire comprendre que c'est pas parce que ça passe par en bas que c'est plus long. C'est plus court même en passant par en bas. On va expliquer qu'un tramway pis un SRB sur [le boulevard] René-Lévesque, quand t'auras [pris l'espace] qu'il faut, il n'y aura plus de place pour personne», a-t-il plaidé mercredi, martelant qu'«il y a des gens qui rêvent en couleurs» par rapport au tracé de la haute ville. 

Le maire fait un lien avec la densification, une nécessité pour loger les 61 000 ménages attendus dans la capitale d'ici 2041. «Ça va nous prendre du terrain. Il faut absolument développer Charest, on n'a pas le choix. Je sais pas si vous savez, mais des no man's land, il n'y en a plus ben, ben à Québec», fait-il remarquer. 

L'espace qui viendra à manquer fait aussi partie des raisons pour lesquelles Régis Labeaume a décidé d'appuyer le projet de troisième lien routier entre Québec et Lévis. Car il voit venir le jour où il sera impossible de construire des unités résidentielles dans la capitale. Les banlieues et la Rive-Sud en profiteront, mais pas question de tout perdre. «Je veux que les gens continuent à venir travailler à Québec et consommer à Québec. Pour ça, à un moment donné, il va falloir qu'on les aide à traverser», détaille le maire. 

«Totalement ridicule»

Ce dernier juge d'ailleurs «totalement ridicule» d'opposer le troisième lien et le SRB, qui apaiseront tous les deux la circulation à son avis. «Je ne sais pas sur quoi c'est basé parce que le SRB, on est prêt bientôt. Le troisième lien, il ne faut pas se faire d'illusions, on en a pour des années de travail. Et c'est pas à nous autres de le faire, c'est au gouvernement à le faire, qu'il fasse son travail» et indique s'il veut le lien à l'est ou à l'ouest, lance M. Labeaume. 

En entrevue avec Le Soleil, le maire est revenu sur la «révolution des transports» sur laquelle son administration planche déjà. Il faut pour cela un SRB, qui servira d'«épine dorsale» au réseau de transport en commun, selon ses propres mots. Les autres parcours y seront arrimés. D'ores et déjà, M. Labeaume considère difficile de se passer des parcours Métrobus et Xpress «parce que c'est payant». Mais dans les secteurs les plus éloignés, où la clientèle est plus rare, le politicien considère la possibilité de rompre avec le bon vieux bus. Minibus, taxis, Uber, services de covoiturage, toutes les options sont sur la table pour déplacer les gens efficacement et au moindre coût. 

Selon M. Labeaume, c'est la technologie qui permettra de trouver et appliquer la bonne solution, sur mesure. «On se demande si on ne pourrait pas développer la technologie ici», lance-t-il d'ailleurs. Il en a parlé avec des «cerveaux» locaux, comme Louis Roy, d'Optel. «Il y a de l'appétit dans le monde pour ça, vous avez pas idée. Le transport collectif, il y a de l'argent à faire là-dedans», est convaincu le maire, référant à ses collègues européens et américains.

Le «kick» pour la basse-ville

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De tous les quartiers centraux, Régis Labeaume admet un faible pour Saint-Sauveur, «le prochain quartier latin» de Québec.

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Les jeunes familles «veulent vivre en ville» et y élever leurs enfants, selon Régis Labeaume, qui promet d'être «sur la coche» de leurs valeurs et voir venir les tendances sociales et urbaines.

«Y'a du monde qui veulent faire des choses. Ils ont de l'énergie, ils s'organisent. Je veux participer à ça», a lancé le maire de Québec au Soleil mercredi.

Ce «monde», dit-il, est une population tournée vers le local, l'initiative citoyenne. 

«Pour eux, le transport en commun, c'est primordial, les pistes cyclables aussi. Quand tu veux élever une famille dans un milieu urbain, ça attise les aménagements. Alors, nous autres, faut qu'on soit là.» 

Les principales incarnations de ces citoyens allumés qui font craquer M. Labeaume se trouvent dans la basse ville, dit-il. 

«Oui, je travaille pour toute la ville, mais je veux faire quelque chose de spécial pour la basse ville. Saint-Roch, Limoilou, Saint-Sauveur, j'ai un kick pour ces places-là.»

En entrevue, le maire de Québec s'emballe pour l'effervescence de ces quartiers. C'est là, dit-il, que se dessinent les tendances urbanistiques, collectives, gourmandes, artistiques. «Le communautaire reprend de la place dans les quartiers. Je veux être là. Je veux participer. Je veux les aider, je crois à ce qu'ils font», a dit M. Labeaume.

Il cite le SPOT, une place publique éphémère avec une programmation sociale et culturelle aménagée à Saint-Roch puis dans Saint-Sauveur l'été dernier. Les consultations pour la réfection du chemin de la Canardière, aussi, sont «en plein» ce que le maire souhaite voir et encourager.

Les artères commerciales doivent aussi être de la partie, elles qui sont en première ligne pour participer à cette vitalité, estime M. Labeaume, qui a récemment découvert le restaurant Patente et Machin et a adoré participer à la soirée Limoilove sur la 3e Avenue en août. «J'en suis pas revenu encore», a-t-il lancé.

Saint-Sauveur

De tous les quartiers centraux, Régis Labeaume admet un faible pour Saint-Sauveur, «le prochain quartier latin» de Québec. «La prochaine job que je fais, je vais rencontrer des commerçants de la rue Saint-Vallier bientôt. Je veux comprendre, je veux qu'on regarde des affaires ensemble. Le coin le plus tendance de Québec, c'est là», a-t-il tranché à propos de l'ouest de Saint-Vallier. 

«Et c'est important de suivre les tendances. Tu ne peux pas être en parallèle du milieu tendance de ta ville. Ça ne se peut pas. Il faut que tu sois perpendiculaire, tu rentres dedans et tu comprends», a-t-il illustré. 

«Les mouvements culturels viennent de là. Il y a du leadership qui va sortir de ces coins-là.»  Valérie Gaudreau

Des bons coups...  et les pitbulls

L'épisode des pitbulls pendant la période estivale a été un «moff total» pour le maire Régis Labeaume qui admet avoir mal lu la sensibilité de sa population à ce sujet. «J'en mangé une maudite», a lancé le maire qui y voit son mauvais coup de 2016. Après le décès d'une femme de la région de Montréal, tuée par le chien de son voisin, M. Labeaume avait affirmé vouloir interdire les pitbulls à Québec dès janvier 2017. Les protestations ont suivi. «Je n'ai jamais dit que je voulais tuer les pitbulls», dit celui qui a reculé et attend dorénavant la position du gouvernement du Québec sur les chiens dangereux. Quant aux bons coups, ils sont nombreux aux yeux du maire qui avait sa (longue) liste prête lors de l'entrevue avec Le Soleil. Parmi eux, les gels et baisses de taxes, la diminution de la dette, l'obtention de la loi sur la capitale nationale et l'opération massive d'asphaltage. «Ça, ç'a fait plaisir au monde.»  Valérie Gaudreau

Stationnements à ciel ouvert bientôt taxés

Que les propriétaires de stationnements à ciel ouvert se le tiennent pour dit : leur contribution aux taxes sera prévue dans les coffres de la Ville de Québec dès le budget 2018. «Pour la prochaine taxation, ceux qui ont des stationnements à ciel ouvert au centre-ville, si j'étais eux, je commencerais à penser à développer», a lancé Régis Labeaume qui ne se fera pas prier pour utiliser le nouveau pouvoir de taxation contenu dans la loi 109 sur le statut de capitale nationale. Le maire n'a nommé personne, mais par le passé, il a souvent évoqué le cas du terrain de Jacques Robitaille à l'ancien patro Saint-Vincent-de-Paul au sommet de la côte d'Abraham ou encore le stationnement Dorchester, où Kevlar a un projet pour construire des habitations et des édifices de bureaux.  Valérie Gaudreau




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