Troisième lien à l'est: la Rive-Sud fourbit ses armes

Les maires de la Chaudière-Appalaches, dont Gilles Lehouillier,... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Les maires de la Chaudière-Appalaches, dont Gilles Lehouillier, au centre, jugent «inconcevable» que Québec soit l'une des rares grandes régions métropolitaines dont les liens (ponts ou tunnels) sont regroupés à un seul et même endroit.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Les élus de la région de la Chaudière-Appalaches fourbissent leurs armes dans leur croisade en faveur de la construction d'un troisième lien non pas à proximité des ponts de Québec et Pierre-Laporte, mais plutôt à l'est de la ville de Lévis.

À l'origine, ils devaient rendre publique, en février, une étude illustrant les avantages pour leur coin de pays de l'aménagement d'un troisième lien avec Québec. 

Les maires, réunis au sein de la Table régionale des élus municipaux de la Chaudière-Appalaches (TREMCA), ont plutôt choisi de repousser d'un mois le dépôt de document qui, de leur avis, sera «super solide».

Ils ont convenu d'élargir le mandat des responsables de l'étude et de leur accorder plus de temps pour collecter l'ensemble des données économiques pertinentes, notamment auprès des industriels de la Chaudière-Appalaches.

«En plus de mesurer les impacts économiques de la construction d'un troisième lien, nous voulons connaître les coûts reliés à la congestion routière pour les entreprises et les conséquences des pertes de temps dans la circulation. Nous voulons aussi en mesurer les impacts non seulement pour notre région, mais aussi pour celle de la Capitale-Nationale et pour tout l'est du Québec», a indiqué, jeudi, le maire de Lévis, Gilles Lehouillier.

«Notre prétention est qu'il nous manque une infrastructure majeure pour assurer notre développement économique et, ce qui nous manque, c'est un troisième lien», a-t-il soutenu en martelant que le «statu quo n'est pas porteur d'avenir.»

Pour les maires, le troisième lien est «fondamental» et «incontournable» pour le développement économique régional. Tout comme le prolongement de l'autoroute 73 vers les États-Unis. 

Ils jugent «inconcevable» que Québec soit l'une des rares grandes régions métropolitaines dont les liens (ponts ou tunnels) sont regroupés à un seul et même endroit. «Si vous allez à Montréal ou à Gatineau, il y a trois ou quatre liens pour traverser d'une rive à l'autre», a fait valoir Gilles Lehouillier.

«Toutes les grandes villes ont un périphérique qui encercle leur centre-ville», a renchéri le maire de Saint-Damien-de-Buckland et président de la TREMCA, Hervé Blais. «Ici, nous nous retrouvons dans un entonnoir. Il ne faut pas se surprendre qu'il y ait, matin et soir, une congestion routière absolument épouvantable.»

Pour ce dernier, un troisième lien construit à proximité des ponts de Québec et Pierre-Laporte équivaudrait ni plus ni moins à un coup d'épée dans l'eau. «Le troisième lien doit voir le jour à l'est de la ville de Lévis.»

Un référendum s'il le faut

Les édiles disent se faire les porte-voix de leurs commettants et des gens d'affaires.

«La situation actuelle au niveau de la congestion routière fait en sorte que la région est beaucoup moins attractive», a indiqué Philippe Mailloux, directeur général du CLD de Lotbinière et président du conseil d'administration de l'organisme Chaudière-Appalaches Économique. Une situation qui se complique par un contexte de plein emploi et qui fait en sorte que les chercheurs d'emploi ont l'embarras du choix.

«Le recrutement est difficile pour nos entreprises. Rares sont ceux, à Québec, qui veulent traverser les ponts pour venir travailler chez nous», a constaté Hervé Blais qui promet «de porter le dossier tant et aussi longtemps qu'il ne sera pas réglé.»

Pour sa part, Gilles Lehouillier est convaincu d'avoir la population de son bord. L'adhésion à ce projet a grimpé de 83 % à 87 % au cours de la dernière année. 

Comme pour un service rapide par bus (SRB), il se dit prêt à soumettre le projet de troisième lien à un référendum. 

«Je suis un partisan de la consultation de la population. Il faut toujours s'assurer d'aller chercher l'adhésion de la population.»

Rayonnement des régions

Par ailleurs, les élus de la Chaudière-Appalaches avaient réuni les médias, jeudi, pour faire passer un message au gouvernement de Philippe Couillard.

Ce dernier a déposé, au début du mois de décembre, le projet de loi 122, loi visant principalement à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce titre leur autonomie et leurs pouvoirs. Une enveloppe de 100 millions $ - le Fonds d'appui au rayonnement des régions (FARR) - accompagne ce morceau législatif.

Or, un certain flou persiste sur l'identité de ceux qui vont gérer ce fonds et qui vont déterminer les projets régionaux qui bénéficieront des deniers publics. 

Les élus ou les fonctionnaires?

«Nous sommes capables, nous-mêmes, de faire les choix», a insisté le maire de Lévis. «Que le gouvernement ne nous arrive pas avec une mécanique compliquée faisant en sorte que tout passera par le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire. Ça ne marche pas, ça. C'est une affaire du passé.»

Le FARR est attendu dans la Chaudière-Appalaches. Si la situation économique est florissante à Lévis et dans la Beauce, d'autres municipalités tirent la patte. C'est le cas de plusieurs localités de l'est et de l'extrême sud du territoire. Leur indice de vitalité économique est en chute libre.

«Le FARR arrive à point nommé», a résumé Hervé Blais.




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