La Ville de Québec suspend les bonis des cadres

La situation financière de la Ville de Québec... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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La situation financière de la Ville de Québec a été présentée aux journalistes et aux élus lors d'un comité plénier présidé par le maire Régis Labeaume, jeudi.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) L'administration Labeaume a déjà trouvé un moyen de financer le gel des taxes résidentielles : il n'y aura pas de bonis versés aux cadres et aux professionnels non syndiqués de la Ville de Québec en 2017 et 2018. L'économie tourne autour de 1,5 million $ par année.

Le conseil municipal a majoritairement entériné lundi la suspension pour les deux prochaines années du Programme de gestion de la performance sur la base des attentes signifiées. Entre 2008 et 2015, l'équivalent de 3 % de l'enveloppe salariale du personnel de direction de la Ville et des professionnels non syndiqués était réservé pour des bonis de performance. Pour les employés en progression salariale, on parlait plutôt de 4 %.

Les membres du parti au pouvoir, Équipe Labeaume, ont jugé que les améliorations apportées à la structure salariale de ces quelque 450 emplois de haut niveau justifiaient une pause. Cette décision «s'inscrit également dans le contexte d'un cadre financier qui vise à limiter dans le temps la croissance moyenne de l'inflation», peut-on lire dans les documents présentés aux élus.

Sont visés le directeur général André Legault et ses directeurs adjoints, les directeurs de service et d'arrondissement, les officiers cadres du service de police et les chefs pompiers ainsi que plusieurs directeurs et professionnels non syndiqués disséminés un peu partout dans l'organisation. 

Seule exception : les cadres et professionnels non syndiqués qui n'ont pas atteint le sommet de l'échelle salariale qui leur est applicable auront droit à 4 % d'augmentation «sous réserve d'un rendement satisfaisant». C'est environ 20 % des emplois visés. 

Pour 2016, la dépense attribuable au programme de bonis et de progression salariale devrait coûter 1 808 764 $ si tous les aspirants ont atteint les objectifs qui leur ont été fixés. L'évaluation est généralement faite en début d'année. En 2015, la somme réservée atteignait 1 910 855 $. En 2014, elle était de 1 897 208 $. 

Au conseil municipal, les conseillers de l'opposition ont systématiquement voté contre cette mesure. «Nous, on considère que les cadres ont eu énormément d'augmentations de salaire, beaucoup plus élevées que les syndiqués. Nous, on trouve ça curieux qu'à la veille de la campagne électorale, le maire annonce qu'il donne des bonis encore pour une valeur de 2 millions $, mais il n'en donnera pas en 2017 parce qu'il a peur que ça le rattrape», a continué de dénoncer Paul Shoiry, mardi. 

Notion introduite en 2005

La notion de bonis a été introduite en 2005 par l'administration de Jean-Paul L'Allier, qui souhaitait motiver et récompenser le personnel de direction de la Ville de Québec. 

Sous Régis Labeaume, les salaires des plus hauts fonctionnaires ont été rehaussés pour concurrencer le secteur privé en échange de l'abandon de la sécurité d'emploi. Sur 37 membres de ce qu'il appelle le «high management», le maire a fait remarquer mardi qu'un seul a conservé cet avantage historique. La plupart des directeurs plus bas dans la pyramide bénéficient toutefois de la sécurité d'emploi. 

Jusqu'à maintenant, M. Labeaume avait toujours défendu le maintien du programme de gestion de la performance malgré les attaques de l'opposition. «Comme chaque année, il y a des bonis. Les cadres sont payés comme dans le privé. Ça fait sept ans qu'on donne des bonis et si je suis encore là dans sept ans, il va y avoir encore sept ans de bonis. Ça marche toujours de même», avait-il déclaré en 2014, comme rapporté par le Journal de Québec. 

En marge du comité plénier sur l'étude du budget, mardi, le maire a exposé sa nouvelle philosophie envers les cadres. «À un moment donné, on leur dit : c'est parce qu'il faut couper et on va couper aussi là-dedans. Chacun fait sa part dans le fond», a-t-il décrit. 

Avec Valérie Gaudreau

ExpoCité: un déficit, oui mais...

Déficitaire ou pas, ExpoCité? La réponse a été longue à venir et difficile à décoder, à l'hôtel de ville mardi. Mais finalement, c'est oui.

La présentation du directeur d'ExpoCité, Raynald Bernard, alignait de nombreuses colonnes de chiffres et un sommaire pour 2017 laissant entrevoir un bénéfice «net» de 1,6 million $. Or, si la Ville de Québec calcule toutes ses dépenses pour le site, et non seulement les frais d'administration, on se retrouve plutôt avec un déficit de 2,1 millions $, a admis M. Bernard à l'opposition qui multipliait les questions lors de l'étude du budget.

Le maire Régis Labeaume a dû reprendre l'explication pour les journalistes qui y avaient perdu leur latin. «ExpoCité, dans les dernières décennies, ça n'a jamais fait d'argent parce que ça cachait des frais (...) pris par la Ville», a insisté le politicien, blâmant les administrations précédentes d'avoir fourni un portrait trompeur aux citoyens. 

Selon lui, ce qu'il faut retenir, c'est que les frais assumés par la Ville s'amenuisent. En quatre ans, la diminution est de 1,1 million $. Les frais d'administration sont aussi en baisse de 1,2 million $. «Donc on perd moins d'argent», a insisté M. Labeaume, qui se félicite encore d'avoir largué les jugements d'animaux d'abord, puis ExpoQuébec au grand complet, car les deux évènements creusaient encore davantage le déficit. 

Le maire ne désespère pas qu'ExpoCité atteigne un jour l'équilibre budgétaire. «Il va falloir. On est là-dessus. On peut pas virer ça de bord du jour au lendemain», a-t-il laissé tomber mardi. Selon M. Labeaume, le Grand marché permettra d'augmenter les revenus grâce aux loyers des marchands qui occuperont l'ancien pavillon du commerce. Il a également laissé planer l'arrivée d'un «autre groupe» sur le site. 

La nouvelle chef de l'opposition, Anne Guérette, a parlé mardi d'un «gouffre financier». Elle s'est moquée de la «révolution» promise par le maire pour ExpoCité lors de l'abandon d'ExpoQuébec. «Il avait encore une fois vu très grand. Il nous avait annoncé une révolution pis on est vraiment loin de là. On continue à faire des déficits. On a hâte qu'il nous apporte une proposition, un projet pour renverser ça», a-t-elle commenté. 

Son collègue de Démocratie Québec, Paul Shoiry, a rejeté la solution du Grand marché. Selon lui, ce projet sera «encore générateur de déficits». «Déjà, aujourd'hui, on a eu de la difficulté à nous expliquer si on aura des dépassements de coûts ou non. Il [Régis Labeaume] parlait au départ de 19 millions $ pour le Grand marché, là il est rendu à 21,8 millions $», a-t-il fait valoir. Annie Morin

De la concurrence pour le Grand Marché

La reprise de l'appel d'offres pour des services professionnels en architecture afin de transformer le Pavillon du commerce d'ExpoCité en marché public a porté ses fruits, s'est réjoui mardi le maire de Québec. Admettant que l'annulation du premier appel d'offres en raison de prix trop élevés «a pu faire peur», Régis Labeaume a fait remarquer que l'ouverture à des consortiums - il n'atteste aucune baisse des exigences - a stimulé le dépôt de nouvelles soumissions. «Il va y avoir une belle compétition», a-t-il souligné. Vérification faite, quatre consortiums et un groupe sont venus gonfler la liste des soumissionnaires. Les deux premiers bureaux intéressés sont toujours sur les rangs. M. Labeaume a indiqué qu'il n'était pas pressé dans ce dossier, même si l'année 2018 est ciblée pour l'ouverture. «On va prendre tout le temps qu'il faut pour avoir le bon concept» et cerner «ce que le client veut», a-t-il spécifié, dressant un parallèle avec l'amphithéâtre.

Grosse transaction à prévoir pour un terrain industriel

La Ville de Québec négocie l'acquisition d'un grand terrain destiné au développement industriel et technologique pour combler les besoins des entreprises sur une longue période. «On veut régler notre problème pour les 10, 20 prochaines années», a insisté le maire Régis Labeaume, qui refuse de dévoiler le secteur ciblé pour des raisons stratégiques. Celui-ci s'est dit surpris de la vitesse à laquelle l'espace d'innovation Michelet s'est rempli. Un seul terrain y est encore disponible et le parc technologique est pratiquement plein lui aussi. Une somme de 12 millions $ a été réservée pour des acquisitions en 2017. Le maire n'écarte pas l'idée de piger dans les 12 millions $ budgétés pour les deux années suivantes au besoin. Une somme de 12 millions $ est également mise à la disposition de la Ville de Québec à cette fin par le gouvernement provincial. M. Labeaume juge «imprudent» de «laisser dormir» ce montant et compte bien s'en servir.

Un studio multimédia à l'hôtel de ville

La Ville de Québec est en appel d'offres pour la construction d'un studio multimédia à l'hôtel de ville. La directrice du Service des communications, Marie-Christine Magnan, n'était pas en mesure mardi de chiffrer l'investissement nécessaire. Elle a toutefois justifié le projet par le désir de s'adresser directement aux citoyens en photo et vidéo sur le site Web de la Ville et dans les médias sociaux. Mme Magnan a expliqué aux élus qu'actuellement, ses employés doivent se mettre la tête dans une boîte de styromousse pour éviter la captation des bruits ambiants quand ils enregistrent des voix. Le maire Régis Labeaume approuve la proposition car elle permettra des économies en évitant des contrats à l'externe. Le politicien a assuré qu'il n'entendait pas utiliser les installations à son profit. Ses interventions filmées sur Facebook continueront d'être payées par Équipe Labeaume.




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