Anne Guérette affrontera Labeaume

«C'est avec honneur, humilité et fierté que j'accepte... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

«C'est avec honneur, humilité et fierté que j'accepte d'être votre candidate lors de l'élection à la mairie de 2017», a lancé Anne Guérette, émue. Elle était accompagnée de ses deux fils, Olivier (12 ans) et Alexis (14 ans) hier.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Anne Guérette est la nouvelle chef de Démocratie Québec. Celle qui accepte ce mandat avec «humilité et fierté» a obtenu la faveur de 54 % des membres du parti d'opposition, devant l'avocat François Marchand. Elle affrontera Régis Labeaume dans la course à la mairie aux élections du 5 novembre 2017.

«C'est avec honneur, humilité et fierté que j'accepte d'être votre candidate lors de l'élection à la mairie de 2017», a lancé, émue, la femme de 52 ans élue pour la première fois conseillère indépendante lors d'une élection partielle en 2007.

Le discours de la nouvelle chef a été accueilli par les applaudissements d'une centaine de militants réunis au Patro Roc-Amadour vers 17h dimanche. Au total, 761 des 1102 membres ont voté à l'issue d'une campagne à la direction lancée le 28 octobre, un taux de participation de 69 %.

«C'est une grande victoire pour tous ceux qui ont espoir en plus de démocratie sur la scène politique de la ville de Québec», a poursuivi Anne Guérette, une architecte de formation mère de deux garçons de 14 et 12 ans.

Cette victoire a aussi la saveur d'une douce revanche pour celle qui a été réélue en 2009 puis en 2013, cette fois sous la bannière de Démocratie Québec.

Mme Guérette avait fondé Démocratie Québec en 2012, avant la fusion avec le mouvement Québec Autrement de Pierre Boucher. Mais la nouvelle formation avait préféré couronner David Lemelin comme candidat en 2013. Il avait finalement récolté 24 % des votes derrière Régis Labeaume. Anne Guérette n'avait alors jamais obtenu la course à la direction qu'elle souhaitait. Pas de couronnement pour elle cette année, alors que la candidature de François Marchand a forcé une course.

«Je ne sais pas si je vois ça comme une revanche, mais à l'époque, je la voulais, cette course», a-t-elle reconnu en mêlée de presse après son élection dimanche. «Mais trois ans plus tard, je me sentais encore plus prête. J'ai gravi d'autres marches, j'ai pris plus d'expérience. Aujourd'hui, je me sens plus solide qu'en 2013», a poursuivi Mme Guérette, en soulignant que la vie politique «n'est pas toujours facile». «Il faut savoir mettre de côté ses ambitions personnelles pour une cause qui est plus grande que nous. C'est ce que j'ai fait et je ne regrette rien.»

Celle qui entrera lundi matin à l'hôtel de ville de Québec avec le titre de chef, jour même où le budget de la Ville de Québec sera déposé, admet avoir du pain sur la planche. «Mais je me sens prête à relever le défi. On commence tout de suite à travailler. J'ai hâte d'aller sur le terrain, rencontrer les gens de tous les quartiers pour raffiner notre programme», a-t-elle lancé.

Mme Guérette assure être à la tête d'un parti uni malgré le scrutin serré. «Je ne sens aucune division. Évidemment, certains vont prendre la décision de partir, mais d'autres vont embarquer par centaines et par milliers, je l'espère, dans les prochains mois.»

Affronter Labeaume

Dimanche, Mme Guérette a refusé de quantifier ses chances de défaire le maire actuel au scrutin de 2017.

«Ce n'est pas moi toute seule qui va battre Régis Labeaume, c'est nous, ensemble. Il y a des débats qui s'en viennent, que ce soit Le Phare, le Marché du Vieux-Port. Je veux travailler avec les citoyens pour faire grandir la mobilisation sur les enjeux sur lesquels on pense que M. Labeaume fait fausse route.»

Tout au long de la campagne électorale, Anne Guérette a en effet plaidé pour davantage de consultation citoyenne, pour un changement de ton à l'hôtel de ville. Elle a aussi misé sur le fait qu'elle est élue depuis neuf ans et qu'elle connaît davantage les coulisses de l'hôtel de ville que son adversaire François Marchand, à qui elle a reproché un manque de cohérence dans le parcours militant et politique (voir autre texte).

Pendant la campagne, les deux candidats ont fait la part belle au transport et à la mobilité durable. Les enjeux comme le Service rapide par bus (SRB), le tramway, le troisième lien ou l'élargissement des autoroutes ont pris une place importante lors des deux débats officiels des candidats, les 9 et 23. L'urbanisme, la conception de l'aménagement de la ville, de la densification ont aussi régulièrement fait partie des échanges.

Shoiry en réflexion

L'actuel chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Paul Shoiry, passera à Anne Guérette le flambeau de ce titre et de son temps de parole au conseil municipal. Celui qui ne cache pas aimer ce rôle de vis-à-vis de Régis Labeaume décidera aussi au printemps s'il sera candidat comme conseiller en 2017. «Je me suis fixé mars comme objectif et l'élection ne change rien», a-t-il dit. Pendant la campagne, M. Shoiry n'avait soutenu aucun des deux candidats à la direction de Démocratie Québec. Dimanche soir, il a indiqué au Soleil qu'il s'attendait à un résultat serré et n'aurait pu prédire qui l'emporterait.

Joint dimanche soir, l'attaché de presse de Régis Labeaume, Paul-Christian Nolin, a indiqué que le maire commentera aujourd'hui la victoire d'Anne Guérette.

Si elle devient mairesse...

  • Le SRB : Elle stoppera ce projet qu'elle juge prématuré, le temps de revoir complètement le plan de mobilité durable dans la région.
  • Le Grand Marché : Elle renversera la décision de déménager le Marché du Vieux-Port à ExpoCité. 
  • Anneau de glace couvert : Trop cher et profitant à un trop petit nombre, le projet de Centre de glace à 68 millions $ sera annulé.
  • Taxes : Elle baissera les taxes en commençant par celles des commerçants qui, estime-t-elle, ont besoin d'un répit.
  • La consultation citoyenne : La nouvelle chef mettra sur pied un office municipal de consultation publique et «revalorisera» le rôle des conseils de quartier.

Lendemains occupés pour Démocratie Québec

Si le duel entre Anne Guérette et Régis Labeaume sera l'élément le plus visible de l'année électorale qui s'amorce, Démocratie Québec connaîtra aussi, loin des projecteurs, des prochains mois chargés.

Important congrès d'orientation, recrutement de candidats et de membres, formation d'ailes locales dans les arrondissements, l'année qui vient sera déterminante pour la formation d'opposition. 

Un parti vitaminé par la course à la direction qui s'est conclue dimanche par un score de 54 % pour Anne Guérette contre 46 % pour François Marchand.

Fier du chemin parcouru, le président de Démocratie Québec, Denis L'Anglais, a souligné de nouveau dimanche le fait que la formation a triplé son nombre de membres grâce à la tenue de la course, le faisant passer de 353 en septembre à plus de 1100 aujourd'hui. 

Une bonne course

Dimanche, Anne Guérette a salué la contribution de son adversaire, François Marchand, sur ce plan. «C'est grâce à sa présence si cette course a été aussi dynamique, si elle a pris autant de place», a-t-elle dit en allusion notamment à l'importante couverture médiatique.

Dès l'annonce des modalités de la course à la chefferie, en janvier, les instances du parti souhaitaient une course et voulaient éviter un couronnement à la direction en prévision de l'élection à la mairie contre Régis Labeaume.

«Les citoyens de Québec constatent maintenant que Démocratie Québec est une réelle alternative aux politiques et à l'attitude regrettables du maire actuel. Cela sera encore plus évident avec Anne Guérette aux commandes de notre formation», a dit M. L'Anglais.

Les finances de Démocratie Québec ont aussi profité des dernières semaines.

«Nous sommes aussi en meilleure posture financière à 330 jours des élections municipales», a ajouté le président du parti en révélant aux militants présents dimanche que le parti avait 65 000 $ en caisse. Un montant que le président souhaite voir grossir d'ici au scrutin de l'an prochain.

Marchand «sans amertume» dans la défaite

«Sans amertume», François Marchand a accepté la défaite dimanche en confirmant toutefois qu'il n'est pas question qu'il soit candidat comme conseiller aux élections de 2017.

«Je ne serai pas candidat comme conseiller municipal. Je l'ai toujours dit, je visais la mairie», a commenté l'avocat spécialisé en droit municipal en mêlée de presse après le scrutin qui lui a donné 46 % des votes contre 54 % à Anne Guérette.

M. Marchand avait en effet indiqué dès son saut comme candidat à la direction qu'être conseiller ne l'intéressait pas. Dimanche, il a accepté la défaite.

«Mme Guérette a mené une bonne campagne. Ça s'est terminé relativement serré, mais c'est comme ça. Alors j'accepte le verdict et je m'incline», a dit M. Marchand en qualifiant «d'enrichissante» sa campagne lancée le 21 octobre. 

«Ceci termine mon expérience. Et je suis convaincu que les quelques idées supplémentaires que j'ai apportées vont contribuer au succès de Démocratie Québec», a-t-il dit.

Conseiller municipal sous le maire Jean Pelletier de 1985 à 1989, François Marchand avait décidé de plonger pour «relever le niveau des débats à l'hôtel de ville», lui qui reprochait au maire Labeaume de «gouverner par coups de gueule et insultes».

Pendant la campagne, son adversaire, Anne Guérette, a souligné ses changements d'allégeance au cours des ans, lui qui a aussi été candidat à la mairie contre Jean-Paul L'Allier en 1993 et candidat défait au poste de conseiller pour le parti Vision Québec de Marc Bellemare en 2005. François Marchand a aussi contribué au parti Équipe Labeaume en 2013 et 2014, mais a dit avoir décroché des idées du maire notamment devant ce qu'il estime avoir été un rejet du plan de mobilité durable et du Programme particulier d'urbanisme de Sainte-Foy. 

Or, à l'heure du bilan, François Marchand n'a pas caché dimanche que ce parcours et les révélations sur ses dons à Équipe Labeaume n'ont pas aidé sa campagne.

«Ces choses-là ne se corrigent pas facilement dans le peu de temps qu'on a», a-t-il reconnu.

Dans ce dossier, il reconnaît avoir eu «certaines réponses évasives», lui qui avait dans un premier temps indiqué au Journal de Québec ne plus se souvenir d'avoir fait des chèques à Équipe Labeaume. «J'ai mal communiqué mon propos et j'assume totalement.»

L'avocat n'a pas souhaité dimanche en dire plus sur la nature de son implication à Démocratie Québec, dont il restera membre. Pas plus que sur les chances d'Anne Guérette de l'emporter contre Régis Labeaume.

«C'est encore prématuré, mais ce ne sera pas facile. Ça ne l'aurait pas été pour moi non plus. Mais je suis toujours un anti-Labeaume et ça, c'est clair, je le resterai toujours et la seule alternative actuellement, c'est Démocratie Québec.»

Une femme affrontera Coderre à Montréal

Le vote a été extrêmement serré, Valérie Plante... (La Presse, Robert Skinner) - image 8.0

Agrandir

Le vote a été extrêmement serré, Valérie Plante obtenant 998 vote, contre 919 pour Guillaume Lavoie.

La Presse, Robert Skinner

«Deux femmes à la tête de deux partis, c'est intéressant pour tout le Québec. J'espère que ça inspirera d'autres femmes à faire le saut en politique.» Anne Guérette se réjouissait dimanche non seulement de sa victoire, mais aussi de celle de Valérie Plante, élue à la tête de Projet Montréal, le parti d'opposition au maire Denis Coderre.

«Tout le monde a à gagner d'amener plus d'équilibre. C'est ensemble dans la complémentarité qu'on peut prendre les meilleures décisions», a dit la nouvelle chef de Démocratie Québec à propos de la parité homme-femme dans les candidatures d'un parti. «On va travailler fort pour ça et j'espère que ça va avoir un impact pour aider à atteindre cette parité pour la prochaine.» 

Peu avant la victoire d'Anne Guérette, le parti Projet Montréal a en effet élu une femme à sa tête. La conseillère Valérie Plante a obtenu 998 votes contre 919 pour son adversaire Guillaume Lavoie.

Elle succède au chef intérimaire Luc Ferrandez à la tête du parti cofondé par Richard Bergeron. Ce dernier s'est joint au maire Coderre.

Mme Plante était la porte-parole du parti d'opposition pour les dossiers du centre-ville, du tourisme et des dossiers touchant les femmes. Elle a dit vouloir lutter contre les inégalités entre les Montréalais et a proposé la construction d'une ligne de métro pour désengorger la ligne orange. 

Avec La Presse Canadienne

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer