Le Phare, un «problème d'éthique sérieux», dit François Marchand

Le candidat à la chefferie de Démocratie Québec,... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le candidat à la chefferie de Démocratie Québec, François Marchand, en entrevue éditoriale au Soleil.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Non seulement François Marchand est contre les 65 étages du projet Le Phare, mais le candidat à la direction de Démocratie Québec y voit tout ce qui cloche dans la gestion de Régis Labeaume. Au point où il va jusqu'à reprocher au maire actuel un «problème d'éthique sérieux» dans ce dossier.

«Il faut respecter les plans d'urbanisme. On vient de briser les règles du jeu parce que c'est une idée du maire. Là, il y a un problème d'éthique sérieux», dit François Marchand à propos de la taille de l'édifice, deux fois plus élevée que ce que permet l'actuel zonage du secteur.

En entrevue éditoriale au Soleil, celui qui affrontera Anne Guérette lors du scrutin de dimanche compare l'imposant projet résidentiel, hôtelier et commercial à une rupture de «contrat».

«On dit une chose devant les citoyens et on offre à un promoteur de doubler la hauteur. Il y a un problème majeur de respect de la parole»,ajoute l'avocat spécialisé en droit municipal selon qui la «décision est déjà prise».

Au cours de l'entretien, M. Marchand insiste pour dire qu'il n'a rien contre le promoteur, Groupe Dallaire. Rien non plus contre l'architecture revue et améliorée du projet. 

Mais aux yeux du candidat, Le Phare cristallise tout ce qu'il ne veut pas pour la Ville de Québec qu'il aspire à diriger.

«Complexe du petit» 

Trop massive, élaborée jusqu'ici sans consultation et en rupture avec «l'homogénéité» du secteur, la tour viendra «siphonner» les autres quartiers, craint-il. Article du 30 août 2008 en main, M. Marchand cite Régis Labeaume qui déclarait au moment où l'on souhaitait faire passer de 17 à 30 le nombre d'étages permis dans le secteur Laurier qu'un «arrondissement ne doit pas se développer au détriment des autres».

«L'idée de 65 étages, c'est d'être plus haut que Toronto. Mais ce n'est pas un critère. Je suis de la même taille que M. Labeaume, mais je n'ai pas le complexe du petit», lance François Marchand. À l'expression think big qu'il accole au maire, il croit plutôt au fait de «penser intelligemment» la ville. Sur Laurier, il plaide pour de plus petits immeubles. «Il y a plein de trous à construire», dit-il.

Étalement urbain et mobilité

Cette impression que Régis Labeaume a renié le Programme particulier d'urbanisme du secteur Sainte-Foy irrite profondément François Marchand. Tout comme, estime-t-il, le maire l'a fait avec le dossier de la mobilité et du transport. Le tramway que M. Marchand juge toujours le meilleur a finalement été transformé en SRB «déjà dépassé», dit-il.

Rien n'a été fait pour le transport en commun et pour contrer l'étalement urbain, juge le candidat à la direction de Démocratie Québec. Il rejette aussi un troisième lien routier entre Québec et Lévis. Élargir l'autoroute Laurentienne ne viendra qu'empirer le problème de la congestion autant pour les banlieues que les gens du centre, croit-il. «Le modèle de développement du maire est un modèle des années 60», lance-t-il.

Aux yeux du candidat, la solution passe par un meilleur service de transport en commun et une contribution des employeurs et des institutions d'enseignement à la réduction du tarif de laissez-passer.

Allégeance politique

Ces deux aspects, ainsi que le non-respect du PPU de Sainte-Foy et du plan de mobilité durable ont éloigné François Marchand de la vision du maire qu'il admet avoir partagée pendant un certain moment, lui qui a d'ailleurs donné à Équipe Labeaume en 2012 et en 2014. 

Un soutien que ne manque pas de lui reprocher son adversaire à la direction de Démocratie Québec, Anne Guérette. 

Vrai que François Marchand a valsé avec les partis. Conseiller municipal sous Jean Pelletier de 1985 à 1989, il s'est aussi présenté à la mairie contre Jean-Paul L'Allier en 1993 puis pour l'équipe Vision Québec de Marc Bellemare en 2005. Ironiquement, l'un des conseillers de la campagne de sa campagne est Marc Rolland, ancien proche de Jean-Paul L'Allier.

«Peut-être que ma trajectoire politique a été chaotique ou sinueuse», reconnaît l'avocat. «Mais mon objectif est que ma vision de la ville puisse se réaliser à travers un parti et là, c'est Démocratie Québec qui m'a sollicité. J'ai la chance d'avoir un véhicule qui me convient», dit-il à l'intention de ceux qui pourraient douter de son attachement. «Je vais respecter les gens de Démocratie Québec et je n'ai pas l'intention de tout bousculer.»

Parler aux banlieues

François Marchand est conscient qu'avec des élus dans trois districts de la haute ville de Québec, Démocratie Québec a du chemin à faire pour séduire les banlieues. Pourra-t-il parler à Val-Bélair ou Saint-Émile? Oui, assure l'avocat qui mise sur l'attachement à ces «milieux de vie». «Les services de proximité doivent être préservés», dit-il en allusion au projet de loi 109 qui donnera plus de pouvoirs au conseil municipal au détriment, estime-t-il, des arrondissements. «Dans les banlieues, il y a l'aspect communautaire et vu du centre-ville, on ne le réalise pas toujours», reconnaît M. Marchand, lui-même résident du Vieux-Québec. «On a l'impression que la banlieue, c'est une mer de bungalows, mais ce n'est pas le cas», dit-il de plus vieux quartiers avec des rues commerciales, des centres communautaires comme dans Duberger, par exemple.

Sécuritaire et moins festive?

Les virages sécuritaires entrepris par l'administration Labeaume ont peut-être miné un peu l'aspect festif de Québec, selon François Marchand. Au premier chef, celui de la Fête nationale entrepris en 2011. «On a mis une sécurité très forte aux événements, dit-il. Sans négliger l'aspect sécuritaire, je pense qu'on a perdu un peu l'esprit de la fête. À la Saint-Jean et au Carnaval.» Le candidat à la direction de Démocratie Québec promet aussi, s'il devient maire en novembre 2017, de ramener Expo Québec avec ses manèges et sa tradition agricole abandonnée en 2013.

Quatre questions en rafale

  •  Vos lieux préférés à Québec?
Le parc du Cavalier-du-Moulin dans le Vieux-Québec et la taverne Belley. Café le matin ou bière le soir, l'endroit est «l'extension» du bureau de l'avocat, situé à deux pas, rue Saint-Paul.

  •  Quel est votre rêve pour Québec?
Un tramway

  • Qu'est-ce qui vous distingue de votre adversaire Anne Guérette?
La capacité à mieux livrer le contenu, la concision, la clarté

  • Nommez une qualité d'Anne Guérette
Batailleuse, travaillante, énergique

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