Déneigement: aux grands maux les grands moyens

À la fin de l'hiver dernier, les équipes... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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À la fin de l'hiver dernier, les équipes parvenaient à peine à déneiger les artères jugées prioritaires quand une nouvelle tempête s'abattait et les obligeait à recommencer, si bien que les secteurs résidentiels ont été délaissés.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La Ville de Québec ajoute une annexe à sa politique de déneigement pour éviter les pains de glace de l'hiver dernier. La gestion des opérations sera centralisée à l'arrondissement de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge et en cas de météo extrême, une cellule d'experts sera autorisée à déployer des moyens exceptionnels pour venir à bout des bancs de neige et de slush.

Le bilan promis pour septembre par l'administration Labeaume a été fait jeudi par les fonctionnaires des Travaux publics. Ils ont attribué aux situations météorologiques extrêmes et pourtant récurrentes de la fin de l'hiver 2015-2016 la formation de glace sur plusieurs trottoirs et rues, surtout en milieu résidentiel.

Selon les données diffusées, la ville de Québec a connu l'an dernier 28 épisodes de pluie, contre une moyenne de 12 lors des dix années précédentes ainsi que sept cycles de gel/dégel plutôt qu'un à trois habituellement. 

«Moi j'entreprends ma 37e année pis ça fait 42 ans que je fais de la neige. Une situation comme ça, j'ai jamais vu ça dans ma carrière», a souligné Denis Ferland, directeur des Travaux publics à l'arrondissement de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge, rappelant les épisodes de pluie et les températures changeantes de février et mars. 

Les équipes parvenaient à peine à déneiger les artères jugées prioritaires quand une nouvelle tempête s'abattait et les obligeait à recommencer, si bien que les secteurs résidentiels ont été délaissés. Il y a aussi un ordre crucial de sortir les camions qui n'a pas été donné car c'était la fin de semaine. Puis tout a figé. 

Cellule d'experts

Pour éviter la répétition de ce scénario, la Ville de Québec a décidé de «briser les silos» entre les arrondissements et de confier à l'un d'eux la gestion des opérations de déneigement. En cas de prévisions météorologiques inquiétantes, une cellule d'experts - regroupant notamment les contremaîtres en charge du déneigement dans les six arrondissements, le directeur Denis Ferland et le conseiller municipal Jonatan Julien, responsable des Travaux publics - sera mise en mode veille (cinq jours avant), puis en mode alerte (48 heures avant). 

«Pour une situation météo extraordinaire, on va faire des opérations extraordinaires», a résumé Martin Forgues, directeur de section pour les Travaux publics de Saint-Foy-Sillery-Cap-Rouge. Cela peut vouloir dire de permettre du temps supplémentaire, donner des contrats de sous-traitance ou louer de l'équipement par exemple. 

Décisions «hors normes»

Le rôle du politicien sera notamment de «prendre des décisions hors normes» et d'approuver des dépenses imprévues au besoin. M. Julien pense toutefois que les interventions préventives pourraient faire économiser de l'argent à la Ville au final. 

«On se demandera pas le prix que ça coûte. (...) Dans les situations extrêmes, on peut pas se poser de questions, il faut qu'on fasse le travail», a confirmé le maire Régis Labeaume. 

Le chef de l'opposition, Paul Shoiry, ne croit pas que les ratés de l'hiver dernier soient dus à un problème de gestion, mais à des économies mal placées. «Les opérations ne se faisaient pas assez rapidement. Il manquait d'équipement, il manquait d'effectif», a-t-il déploré jeudi, en marge du comité plénier sur le sujet. 

Selon le conseiller municipal de Démocratie Québec, «l'administration Labeaume a une obligation de résultats» et «joue sa crédibilité» cet hiver. «Ça fait trois hivers qu'on en arrache, trois hivers qu'il y a des gâchis», a-t-il martelé, fin prêt à en faire un sujet de débat électoral.

Neige et densification: pas cher, dit Labeaume

La densification a entraîné des changements dans le déneigement d'une seule rue de Québec, affirment le maire Régis Labeaume et le conseiller municipal responsable du dossier Jonatan Julien. La facture associée est de 500 $ environ, ont-ils avancé en marge du comité plénier dédié au déneigement, tandis que la valeur foncière sur cette même rue a augmenté de 28 000 $. «Je pense que ça va aller, on va la transporter (la neige)», a martelé le maire après avoir pesé les chiffres. Il a accusé le chef de l'opposition Paul Shoiry, qui a sonné l'alarme dans Le Soleil, de toujours s'inquiéter pour «quelques rues à Sillery». «Nous, on a 2400 kilomètres de rue. Je pense qu'on va survivre et Sillery aussi», a conclu M. Labeaume.

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