La salle de concert du Phare inquiète le milieu culturel

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La future salle de concert multimédia du Phare

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(Québec) Le président du Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, Marc Gourdeau, ne cache pas son inquiétude face à l'ouverture, dans quatre ans, d'une salle de concert multimédia dans le mégaprojet Le Phare.

«Dans un marché comme Québec, l'équilibre demeure fragile entre l'offre et la demande», explique M. Gourdeau, lançant un appel aux gestionnaires de la future salle de 750 places de faire connaître les grandes lignes de leur orientation, question de dissiper les craintes.

«Pour Québec, 750 places, c'est gros. C'est plus grand que la salle Octave-Crémazie (du Grand Théâtre), c'est aussi grand que Le Diamant (à venir à Place d'Youville), c'est un peu plus petit que le Capitole, c'est dans la même jauge que le Palais Montcalm. L'idée n'est pas d'être contre le projet, mais de savoir ce qu'on va mettre dedans. Une partie de la réflexion aurait dû se faire en amont.»

M. Gourdeau rappelle les efforts déployés depuis plusieurs années par le milieu culturel de la capitale pour trouver une façon de ne pas se mettre des bâtons dans les roues. L'ouverture du centre Vidéotron avait notamment entraîné une remise en question et nouvelle approche collaborative. «Nous travaillons de façon concertée pour éviter de se nuire et de se cannibaliser. Chaque salle a développé son créneau.»

«Pour rentabilise une salle de spectacles, il faut que tu en présentes plusieurs par année. Ces billets-là, qui va les acheter?» demande M. Gourdeau, soulignant que le «dollar loisir» des citoyens n'est pas élastique à l'infini. «Je leur recommande de bien faire leurs calculs pour atteindre minimalement un seuil de rentabilité.»

Pour sa part, le maire Régis Labeaume a tenu à relativiser les inquiétudes du milieu des arts de la scène. «Pour les artistes, ce serait une scène de plus où évoluer», a-t-il répété mercredi. «C'est sûr que les gestionnaires sont un peu inquiets, mais je ne peux pas être malheureux qu'une entreprise privée ait sa salle de spectacles. C'est toujours une inquiétude. Ça fait neuf ans que je suis maire, ça fait neuf ans que j'entends ça.»

Silence

Jusqu'à maintenant, les appels du Soleil aux directions des différentes salles de spectacles de la capitale sont restés sans réponse. La porte-parole de l'Orchestre symphonique de Québec, Héloïse Kermarrec, a expliqué le silence de son organisme par le peu d'informations disponibles.

«Le projet du Groupe Dallaire semble intéressant sur papier, mais il demeure embryonnaire, explique Mme Kermarrec. Tout ce que l'on sait, on l'a appris des médias. On va attendre d'en savoir davantage avant d'émettre des commentaires.»

Mardi, à la conférence de presse au sujet du dévoilement du nouveau Phare, Steve Barakatt, directeur de création de la future salle de concert multimédia qui sera intégrée au mégaprojet, avait indiqué que l'endroit représenterait «un lieu extraordinaire» pour l'Orchestre symphonique de Québec. Avec Valérie Gaudreau

Serge Viau... (Photothèque Le Soleil) - image 4.0

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Serge Viau

Photothèque Le Soleil

Projet amélioré, mais des questions demeurent, selon l'ex-DG de Québec

S'il considère que la nouvelle mouture du Phare est «nettement améliorée» en comparaison avec l'ébauche présentée l'an dernier, l'ex-directeur général de la Ville de Québec, Serge Viau, estime que la concentration d'emplois dans le gratte-ciel risque de nuire à d'autres secteurs de la capitale.

La déclaration du promoteur Michel Dallaire, voulant que les employés du Phare proviendront en majorité d'ailleurs dans la région, le «chicote un peu», explique-t-il au Soleil. M. Viau dit partager à cet égard les craintes formulées par Alexandre Turgeon, directeur général du conseil régional de l'Environnement.

«M. Dallaire dit que ce ne seront pas des nouveaux emplois, mais des emplois qui seront relogés au Phare, poursuit M. Viau. C'est à la Ville de voir à ce que le projet n'ait pas une influence négative sur les autres marchés de la ville. Elle doit trouver un équilibre. Il ne faudrait pas vider Lebourgeuf, le centre-ville ou D'Estimauville.»

M. Viau insiste également sur l'importance de développer un système de transport en commun capable d'atténuer les impacts d'une circulation plus importante dans le secteur. Quelque 6000 travailleurs et résidents occuperont Le Phare, selon les estimations. «Les voies de circulation du secteur ne peuvent tout absorber.»

Architecte et urbaniste, Serge Viau a travaillé à la Ville de Québec pendant 28 ans, comme directeur général et directeur adjoint au développement durable.

Avec la collaboration de Valérie Gaudreau

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