Un promoteur de Sillery excédé par la réprobation de ses voisins

Sur la rue Dickson, des maisons unifamiliales modernes... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Sur la rue Dickson, des maisons unifamiliales modernes ont pris la place de certains bungalows plus anciens.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) «L'acceptabilité sociale, ça va dans les deux sens!» lance dans un cri du coeur un promoteur immobilier qui démolit et reconstruit des résidences dans les quartiers centraux de Québec. Jérémie Pomerleau, qui habite lui-même Sillery, en a marre de subir la réprobation d'opposants qui sont aussi ses voisins.

Le jeune père de famille a donné rendez-vous au Soleil sur sa rue, la rue Dickson, où il réside depuis 2014 et où il a construit cinq maisons d'allure moderne sur les ruines d'anciens bungalows.

C'est dans ce secteur que l'intense débat public sur la densification a débuté, même si dans ce cas précis il n'y a pas eu d'ajout de logements, car il s'agit de résidences unifamiliales. Leur hauteur, leur style et l'aménagement en façade - souvent un garage souterrain et peu de verdure - ont toutefois entraîné les protestations de certains voisins.

Généralement, ces derniers habitent des maisons plus petites, dont la valeur, et donc les taxes, ont explosé en raison des comparaisons inhérentes à la confection du rôle d'évaluation foncière.

«Il y a un clivage qui se crée actuellement entre les anciens résidents et les nouveaux», déplore M. Pomerleau, qui aurait aimé un accueil plus chaleureux pour sa petite famille. «Ce n'est pas notre faute si les taxes montent», soupire-t-il.

Le codirigeant de Construction UrbaNext, compagnie fondée avec son frère ingénieur, est conscient que le look des nouvelles maisons y est aussi pour quelque chose. «Quand tu discutes avec les gens, tu te rends compte que ce qu'ils n'aiment pas, ce sont les maisons carrées avec un toit plat; je pense que c'est une question de génération. On a développé un autre modèle avec un toit à versants, mais on n'a pas d'appels pour ça. Nos clients, ce sont des médecins, des professionnels, et eux, ce qu'ils veulent, c'est du moderne», explique M. Pomerleau.

Quant à l'argument de la trame urbaine, elle ne l'atteint pas, car il voit sa rue comme un collage, où se succèdent des cottages de style anglais, des bungalows et d'autres maisons d'inspiration art déco. «C'est le style final qu'ils n'aiment pas», dit le promoteur en parlant des opposants, qu'il présente comme «des gens à la retraite qui ont du temps pour faire du porte-à-porte et assister aux réunions de la Ville [de Québec]».

Èlus intransigeants

Notre interlocuteur n'épargne pas les élus, qu'il considère trop sensibles à la contestation. Selon lui, l'obligation de présenter un plan d'implantation et d'intégration architecturale (PIIA) après toute démolition en vue d'une reconstruction est superflue. Comme il construit des maisons «sur mesure», Jérémie Pomerleau souligne que cela l'oblige à plusieurs allers-retours entre le client, l'architecte, l'arpenteur et la Ville, ce qui ralentit le processus d'approbation et fait grimper les coûts. Son record personnel est de huit PIIA pour des jumelés à Sainte-Foy.

L'homme d'affaires juge que certains principes appliqués par les fonctionnaires ont des effets pervers. «Ils limitent tellement la largeur des entrées de cour qu'on a de la misère à stationner deux autos une à côté de l'autre. On va dans la rue pour que ça soit moins compliqué... ils posent des pancartes pour limiter le stationnement à deux heures!»

S'il se dit d'accord avec la présence d'arbres, M. Pomerleau ne cache pas qu'il préfère choisir les essences et l'endroit exact où les planter au lieu de «se faire dire: "Là, là, là."» «Surtout que des fois, il n'y en avait même pas sur les terrains autour», déplore-t-il.

Pour lui, le choix des couleurs des matériaux devrait également être laissé aux propriétaires. En limitant les déclinaisons pour s'ajuster à l'environnement, il trouve que cela donne «des bâtiments drabes».

Au final, le vice-président d'UrbaNext livre un vibrant plaidoyer pour la liberté: «Tu veux amener du monde en ville, mais tu leur mets des bâtons dans les roues. Ça fait monter les prix et ça devient dissuasif. Moi, je pense qu'on devrait avoir le droit de faire ce qu'on veut sur notre terrain.»

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