Faux départ pour le futur marché public

Les deux entreprises intéressées étaient LEMAYMICHAUD et MDA... (Maquette fournie par LemayMichaud Architecture Design)

Agrandir

Les deux entreprises intéressées étaient LEMAYMICHAUD et MDA Architectes. On sait toutefois que LEMAYMICHAUD a déjà été impliquée dans le projet de Grand Marché pour avoir conçu les maquettes ayant servi à la présentation du concept en avril.

Maquette fournie par LemayMichaud Architecture Design

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

L'administration Labeaume a vu trop grand pour le futur marché public d'ExpoCité qui remplacera celui du Vieux-Port. La Ville de Québec a dû reprendre l'appel d'offres pour les services d'architectes puisque la seule soumission conforme «dépassait largement l'estimation budgétaire». Les critères sont changés ou revus à la baisse pour entrer dans le budget non négociable de 19 millions $.

L'un des plus beaux en Amérique, un lieu «incontournable» et unique: Régis Labeaume n'a jamais lésiné sur les qualificatifs pour parler du nouvel équipement d'ailleurs baptisé le Grand Marché. Or, l'ambition semble avoir un prix puisque le marché prévu pour 2018 est déjà freiné par les coûts. Et n'a pas suscité l'intérêt des architectes.

La Ville de Québec a en effet publié le 19 août un premier appel d'offres pour des services professionnels en architecture pour la transformation en marché public du Pavillon du commerce d'ExpoCité.

Or, surprise lors de l'ouverture des soumissions. De un, seulement deux firmes étaient intéressées et une seule a été jugée conforme. Quant au prix, il «dépassait largement l'estimation budgétaire», la Ville ne pourrait donc pas octroyer le contrat au prix soumis», peut-on lire dans une décision du comité exécutif datée du 14 octobre. 

Il n'a toutefois pas été possible de savoir à combien se chiffrait l'offre de service des architectes et de combien elle dépassait le budget pour l'enveloppe stricte de 19 millions $ pour le projet de marché public à ExpoCité.

Échec de la négociation

Le document indique que le Service des approvisionnements a donc entamé une «négociation avec le soumissionnaire afin de discuter de la possibilité de revoir son prix à la baisse». Ce qu'a refusé la firme d'architectes.

«Devant le refus du soumissionnaire, le Service des approvisionnements, conjointement avec le Service de la gestion des immeubles, recommande de ne pas donner suite à cet appel d'offres et de revoir les dispositions du cahier des charges», peut-on lire. 

On ne mentionne pas non plus laquelle des deux firmes soumissionnaires s'était qualifiée.

Les deux entreprises intéressées étaient LEMAYMICHAUD et MDA Architectes. On sait toutefois que LEMAYMICHAUD a déjà été impliquée dans le projet de Grand Marché pour avoir conçu les maquettes ayant servi à la présentation du concept en avril. Aucune des deux firmes n'a donné suite aux appels du Soleil vendredi.

Modifications

Devant le prix trop élevé et l'échec de la négociation, la Ville de Québec a été forcée de revoir le cahier de charges, dans l'espoir d'alléger les mandats confiés aux architectes recherchés et d'inciter plus de joueurs à tenter leur chance.

Parmi les changements, la nouvelle mouture permet aux professionnels de constituer un consortium, ce qui était strictement interdit dans la première version.

Cette modification est «la plus significative» selon la porte-parole de la Ville de Québec, Marjorie Potvin. «Ça pourrait permettre d'obtenir un plus grand nombre de soumissionnaires puisque des entreprises peuvent s'associer ensemble pour soumissionner», a-t-elle expliqué.

Certaines tâches ont aussi été retranchées, comme celle d'effectuer «une analyse des précédents pour des projets similaires à l'international» afin de «comprendre les tendances actuelles et s'assurer d'un concept unique, novateur et attractif», peut-on lire dans le document du mois d'août. Une telle étude n'est plus exigée dans la version de la semaine dernière. Les firmes d'architectes intéressées ont jusqu'au 22 novembre pour soumettre leur candidature.

Pas une première

À la Ville de Québec, on explique que reprendre un appel d'offres n'est «pas un cas exceptionnel», a indiqué la porte-parole de la Ville de Québec Marjorie Potvin. 

Des coûts trop élevés ne sont pas la seule raison, certains ayant par le passé été repris puisque aucune entreprise n'a soumissionné ou encore parce que le projet a été trop modifié en cours de route.

La volonté de maintenir le projet de Grand Marché d'ExpoCité dans un budget de 19 millions $ est une priorité absolue pour l'administration Labeaume. 

Le 23 août, la Ville a publié un addenda précisant que le coût de soumission pour l'ensemble des travaux est de 19 millions $, «incluant les contingences de conception de même que les frais généraux, les frais d'administration, les frais d'organisation de chantier et les profits».

Le nouvel appel d'offres précise aussi les échéanciers. Ainsi, la partie avec les kiosques des maraîchers devra être prête pour la fin juillet 2018 et l'ensemble du bâtiment pour la fin novembre 2018. Les aménagements extérieurs devront pour leur part être terminés pour la fin juin 2019.

«On part bien mal», dit Shoiry

La reprise obligée de l'important appel d'offres pour le marché public d'ExpoCité laisse entrevoir des dépassements de coûts qui inquiètent Démocratie Québec. «On part bien mal le dossier», a commenté le chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Paul Shoiry.

«Le premier constat est que dès le premier geste, il y a dépassement de coûts. Deux soumissionnaires, un seulement était conforme», a-t-il déploré.

L'élu de Démocratie Québec se questionne sur la possibilité de permettre des consortiums, alors que la Ville s'y opposait dans le premier appel d'offres. «Ça soulève des questions. Pourquoi on ne le voulait pas au départ et on le veut aujourd'hui?» a-t-il demandé en entrevue au Soleil.

Le chef de l'opposition bondit aussi devant la décision de retirer certaines exigences entre les deux appels d'offres, comme la surveillance de chantier. «On est en train de morceler le projet. On est en train de sortir des dépenses du projet initial, car il va coûter plus cher de 19 millions $», a-t-il analysé.

Pour Démocratie Québec, cet épisode augure mal pour ce projet auquel les trois élus de la formation s'opposent depuis le début. «On croit toujours que c'est un mauvais projet, que ce n'est pas un bon projet pour Québec», a-t-il dit à propos du marché qui remplacera celui du Vieux-Port dans deux ans. «On pense que le Marché du Vieux-Port doit rester là», a-t-il tranché.

Paul Shoiry croit aussi que la Ville a voulu passer en douce cette décision en votant le rejet des soumissions lors d'un comité exécutif spécial le 14 octobre, un vendredi. «Comme si on voulait camoufler ce dossier. Ils ont voulu le passer sous le radar. Ça aussi, c'est significatif, a-t-il avancé. Le dossier part mal, et on veut nous le cacher.»

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer