La Ville offrira à Anacolor d'acheter son terrain de Cap-Rouge

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«On va l'inciter à déménager en disant qu'on va acheter son terrain moins le coût de la décontamination s'il y en a. Et notre pif nous dit qu'il doit y en avoir un peu, de décontamination», a expliqué le maire de Québec, Régis Labeaume, en point de presse avant le conseil municipal de lundi.

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(Québec) La Ville de Québec fera «dès cette semaine» une offre à l'usine Anacolor pour acheter son terrain. Et incitera ainsi la controversée entreprise de Cap-Rouge à déménager.

«On va l'inciter à déménager en disant qu'on va acheter son terrain moins le coût de la décontamination s'il y en a. Et notre pif nous dit qu'il doit y en avoir un peu, de décontamination», a expliqué le maire de Québec, Régis Labeaume, en point de presse avant le conseil municipal de lundi. «C'est une hypothèse qui pourrait lui plaire.»

Spécialisée dans la peinture industrielle, l'usine de Cap-Rouge fait face à des centaines de plaintes des citoyens de Cap-Rouge pour les odeurs et les émanations provenant de ses installations. 

Le 1er septembre, le ministère de l'Environnement a exigé la réduction de 90 % des émissions par l'installation d'un système d'épuration. L'entreprise a demandé le 30 septembre au Tribunal administratif du Québec d'invalider cette obligation. Le président d'Anacolor, Éric Nadeau, a toutefois indiqué vendredi que l'entreprise fait tout pour s'améliorer et que des émanations de composés organiques volatils (COV) auraient été réduites de «40 %». 

Mais la solution idéale reste de déménager l'usine, a martelé M. Labeaume lundi. 

Pas une expropriation

Et il n'est pas question ici d'expropriation. Pour exproprier, la Ville doit reprendre le bâtiment à des fins municipales pour faire un parc, par exemple. Or, dans ce cas-ci, la Ville souhaiterait plutôt revendre le terrain de Cap-Rouge pour de la construction résidentielle.

Et pas question non plus d'aider l'entreprise d'Éric Nadeau à déménager. «Non, nous on gère l'argent du monde. On va lui offrir ce que ça vaut, mais on ne prendra pas l'argent du monde pour le relocaliser.»

Cette annonce a été faite en point de presse avant le conseil municipal, quelques minutes après une conférence de presse de l'opposition de Démocratie Québec qui reproche à l'administration Labeaume de ne pas avoir agi avant contre l'usine. Les élus de l'opposition ont même laissé entendre que la Ville a peut-être «fermé les yeux» parce que l'usine de Cap-Rouge travaillait à peinturer les panneaux extérieurs de l'amphithéâtre. «On ne peut pas affirmer des choses, on peut juste poser des questions», a lancé le chef de l'opposition, Paul Shoiry, prudent.

Sous-entendus

N'empêche, sans faire de lien direct, les trois conseillers de l'opposition ont fortement sous-entendu que la Ville a pu être plus indulgente en ne faisant pas respecter son règlement sur la nuisance car Anacolor est un sous-traitant d'Epsylon, qui a obtenu le 4 octobre 2013 un contrat de près 25 millions $ pour la réalisation des parements métalliques extérieurs de l'amphithéâtre.

«Pourquoi la Ville a-t-elle donné un contrat à une entreprise qui contrevenait à la loi et ses règlements en 2013? Est-ce qu'il y a eu de l'ingérence dans le dossier?» a demandé M. Shoiry.

«Si la Ville avait agi pendant, ça aurait risqué de ralentir le chantier de l'amphithéâtre», a pour sa part formulé Anne Guérette.

Car la Ville de Québec peut agir pour obliger l'usine à se conformer à son règlement sur la nuisance en imposant des amendes ou en plaçant une mise en demeure, a soutenu M. Shoiry. 

«Politique tordue»

Faux, a vertement répliqué Régis Labeaume qualifiant les allégations de Démocratie Québec de «ridicules». Le maire dit avoir appris lundi qu'Anacolor avait peinturé des panneaux du Centre Vidéotron. «C'est vraiment de la politique tordue», a-t-il lancé à propos de l'opposition.

Quant aux recours de la Ville, il a assuré que la loi du ministère de l'Environnement a préséance sur les règlements municipaux.

«Oui, il y a un règlement sur la nuisance, mais on ne peut pas l'appliquer parce que c'est le Ministère qui l'emporte», a répliqué M. Labeaume. «Faire croire au monde qu'on laisse les gens de Cap-Rouge se faire polluer pour permettre à un contrat à l'amphithéâtre de se faire, c'est insensé. C'est odieux.»

Les conseillers du secteur, Rémy Normand et Laurent Proulx, ont aussi assuré que Paul Shoiry savait qu'il s'agissait d'un dossier du Ministère car le sujet avait été abordé en août en conseil d'arrondissement alors que l'élu de Démocratie Québec était présent.

Des moulages de béton plutôt que de la pierre taillée sur le Centre Durocher

Le maire Régis Labeaume a révélé au conseil municipal de lundi que les pierres taillées en façade du Centre Durocher sont finalement des moulages de béton placés sur le bâtiment de 1950 présentement en train d'être démoli. La semaine dernière, une citoyenne du quartier Saint-Sauveur, Myriam Nickner-Hudon, a proposé que ces pierres représentant des sports et loisirs pratiqués dans le centre communautaire soient retirées du bâtiment et intégrées à l'intérieur ou à l'extérieur des futures Habitations Durocher, un immeuble de 68 logements qui remplacera le Centre Durocher. La présidente de la Commission d'urbanisme et de conservation de Québec, Geneviève Hamelin, avait aussi indiqué au Soleil que la Commission avait l'an dernier recommandé la sauvegarde des bas-reliefs, à condition qu'il s'agisse bien de pierres. Or, après analyse, il s'agit de béton. Mais jointe lundi soir, Mme Nickner-Hudon a estimé que tout n'est pas perdu et que les moulages pourraient tout de même être reproduits et intégrés, histoire de garder «l'empreinte» de l'ancienne vocation du Centre Durocher.  Valérie Gaudreau 

Le «plan» contre la congestion dévoilé la semaine prochaine

La fameuse «feuille de route» du maire Régis Labeaume pour régler la congestion routière ne sera finalement pas rendue publique cette semaine comme attendu, mais plutôt la semaine prochaine. «C'est long, on a beaucoup de stock. On pensait être bons pour cette semaine, mais bon, on travaille fort pour la semaine prochaine», a-t-il dit en point de presse avant le conseil municipal lundi. M. Labeaume a admis que sa présentation, qui vise à faire le point sur les besoins pour soulager la congestion dans la région, avant d'aller plus loin vers une idée de troisième lien, doit être complète et compréhensible pour les citoyens. «C'est aussi dur à packager, a-t-il admis. Quand on va vous donner ça, on veut que ce soit digestible. On prend plus de temps.»  Valérie Gaudreau 

Labeaume veut parler au président de VIA Rail

Le maire de Québec, Régis Labeaume, veut parler au président et chef de la direction de VIA Rail, Yves Desjardins-Siciliano, pour «comprendre avant de se fâcher» pourquoi le transporteur est prêt à accepter une correspondance dans la métropole pour les passagers d'un éventuel train à grande fréquence (TGF) Québec-­Montréal. La Caisse de dépôt et placement du Québec refuse de partager le tunnel sous le mont Royal, seule voie directe vers la gare Centrale à partir de la rive nord du fleuve Saint-Laurent, et propose plutôt un changement de train pour gagner le centre-ville. «Je m'excuse, mais moi, en prenant un TGV [train à grande vitesse], je n'ai jamais fait de transfert en arrivant à bon port», a souligné le maire Labeaume, lundi. «S'ils font une étude de marché, peut-être qu'ils vont s'apercevoir que ça n'a pas de bon sens et ça va être une bonne raison de ne pas faire le lien Québec-Montréal. Moi, c'est ça que je sens», a-t-il explicité. M. Labeaume rappelle que les Européens coordonnent des trains «aux deux, trois minutes» sur des rails partagés. «Comment ça se fait qu'on est pas capables de faire ça ici? Ça ne tient pas debout. Je veux qu'il [M. Siciliano-Desjardins] m'explique pourquoi», insiste le maire, qui se dit prêt à intercéder auprès du premier ministre canadien s'il le faut.  Annie Morin et Valérie Gaudreau 

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