Un resto sur quatre songe à avoir un camion

Guy Vincent Melo, président de l'Association des restaurateurs... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Guy Vincent Melo, président de l'Association des restaurateurs de rue du Québec, a proposé à Québec de délivrer des permis pour une trentaine de camions-restaurants dans la capitale, soit sensiblement le même nombre qu'à Montréal.

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Le quart des restaurateurs de la ville de Québec auraient manifesté un intérêt pour la cuisine de rue, selon la conseillère municipale Julie Lemieux, qui a siégé lors des auditions sur le sujet mardi.

«Il y en a le quart qui ont un intérêt pour un camion de cuisine de rue, mais pas à n'importe quel prix», a toutefois précisé la conseillère municipale, indiquant qu'un tel équipement coûtait la plupart du temps plus de 100 000 $.

La rentabilité des camions de cuisine de rue était d'ailleurs au centre des préoccupations des séances tenues par la Ville. L'Association des restaurateurs de rue du Québec (ARRQ) a même dû avouer qu'en raison d'un problème de sélection des emplacements à Montréal, certains restaurateurs avaient abandonné la cuisine de rue.

«Il y a moins d'intérêt présentement à Montréal car les sites sont mal sélectionnés et, en plus, la restauration est une industrie extrêmement difficile. Il faut une structure financière très solide», a déclaré Gaëlle Cerf, vice-présidente de l'ARRQ, pour répondre à une question de la conseillère Lemieux au sujet de la rentabilité potentielle de l'initiative.

«Nous suggérons des pôles de travail et d'habitation situés loin des restaurants fixes. Les bureaux la semaine, les parcs et les piscines la fin de semaine», a-t-elle poursuivi.

Trente permis

Malgré tout, Guy Vincent Melo, président de l'ARRQ, a proposé à Québec de délivrer des permis pour une trentaine de camions-restaurants dans la capitale, soit sensiblement le même nombre qu'à Montréal, et de les répartir sur une quinzaine de sites. Il estime que Québec serait davantage faite pour la cuisine de rue que la métropole.

La proposition a étonné Julie Lemieux. «Ça me semble beaucoup...» a commenté la conseillère, soulignant que la densité de population n'était pas du tout la même qu'à Montréal. 

La conseillère a également avoué qu'un autre enjeu était le nombre de mois par année durant lesquels pourraient fonctionner les camions de cuisine de rue alors qu'il semble difficile de rentabiliser les opérations ailleurs que durant la saison estivale.

À ce sujet, François Meunier, président de l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ), a indiqué qu'à Montréal, où la cuisine de rue est permise toute l'année, seulement deux camions avaient demandé un permis annuel.

Effets bénéfiques

L'ARRQ a également soutenu que la présence des camions-restaurants sur les artères commerciales pouvait même avoir des effets bénéfiques alors que le regroupement des Sociétés de développement des artères commerciales venait tout juste d'affirmer qu'il ne voulait pas de cuisine de rue sur les artères commerciales de Québec, même pas les camions de ses membres!

«À Londres, il y a des quartiers qui se mettent à vivre à cause de la cuisine de rue, des stationnements où il n'y a normalement personne les week-ends et qui s'animent à cause de ça. Il faut sortir du cliché du cannibalisme, il faut juste s'habituer un peu à l'autre», a conclu Mme Cerf.

Gare aux endroits «morts»

En contraste clair avec le mémoire des sociétés de développement des artères commerciales déposé en après-midi, une consultante dans le domaine culinaire est venue mettre en garde la Ville de Québec contre la tentation d'exclure les camions de cuisine de rue des zones et des heures lucratives à l'occasion de son projet-­pilote qui sera lancé en 2017.

«Plusieurs rapports le démontrent : il ne faut pas exclure la cuisine de rue des artères commerciales, des zones commerciales et des heures lucratives. Partout où on a essayé de le faire, la cuisine de rue n'a pas levé car il n'y avait pas de clients», a déclaré mardi soir Héloïse Leclerc, consultante culinaire et animatrice du blogue Foodista #enmission.

«Si on élimine un à un les facteurs de succès de la cuisine de rue, pourquoi on irait de l'avant vu que ça n'a pas marché ailleurs?» a-t-elle également avancé. La conseillère municipale Julie Lemieux a salué l'intervention de Mme Leclerc. «On aurait aimé que vous soyez là cet après-midi pour que les SDC et les autres personnes qui étaient présentes puissent vous entendre», a-t-elle commenté.

Le succès de Portland

Après son intervention, Mme Leclerc a expliqué au Soleil s'intéresser à la cuisine de rue depuis un voyage à Vancouver en 2011 et avoir épluché de nombreux rapports sur le sujet. «Tout le monde veut répéter le succès de Portland [en Oregon], mais plusieurs n'obtiennent pas les résultats qu'ils espéraient», indique-t-elle.

L'obligation de se déplacer trop souvent et les emplacements «morts» figureraient parmi les facteurs d'échec des camions de cuisine de rue. «C'est un modèle d'affaires très précaire et ça doit être contrebalancé par des avantages», ajoute-t-elle, citant entre autres Chicago et Toronto comme des villes où les premières tentatives d'implantation de la cuisine de rue ont été un fiasco.

«À Toronto, le projet pilote À la carte était même surnommé À la failure tellement il était contraignant pour les entrepreneurs. On leur avait attribué des emplacements non passants, de sorte que seulement huit s'étaient lancés en affaires et qu'à la fin de l'année, un seul était intéressé à revenir l'année suivante», conclut-elle.

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