L'opposition en accord avec la Ville pour protéger l'ancienne église Saint-Coeur-de-Marie, mais...

L'avenir de l'ancienne église Saint-Coeur-de-Marie demeure incertain, la... (Photothèque Le Soleil)

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L'avenir de l'ancienne église Saint-Coeur-de-Marie demeure incertain, la Ville de Québec semblant avoir fait volte-face en refusant le projet du promoteur Louis Lessard, qui comptait construire une tour d'habitations au 530, Grande Allée.

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(Québec) L'opposition à l'hôtel de ville de Québec approuve la décision prise par l'administration Labeaume de protéger l'ancienne église Saint-Coeur-de-Marie, sur la Grande Allée. Elle déplore toutefois que le propriétaire en ait été informé tardivement et qu'il ait travaillé sur un projet sans lendemain.

«On est contents d'apprendre que la Ville de Québec met ses culottes, mais elle aurait dû le faire bien avant», a lancé d'entrée de jeu la conseillère municipale Anne Guérette, mercredi. 

«On a fait travailler un promoteur immobilier depuis cinq ans minimum. Et pendant ce temps-là, il ne travaille pas tout seul. Notre fonction publique aussi l'accompagne, travaille avec lui pour le faire avancer et tout à coup, on fait marche arrière, on fait volte-face», a déploré Mme Guérette, qui veut devenir chef de Démocratie Québec et affronter Régis Labeaume à la mairie en 2017. 

La politicienne se montre d'accord pour que la Ville reprenne l'immeuble. «Les villes peuvent très bien acheter pour protéger temporairement, le temps d'attacher les ficelles, de faire un appel de propositions et soutenir la relance, quitte à revendre quand il y a un projet spécifique», dit-elle. 

Louis Lessard, propriétaire du 530, Grande Allée depuis 2010, s'étonnait mercredi dans nos pages que la Ville de Québec veuille conserver et même racheter le bâtiment désaffecté. Au printemps, la conseillère Julie Lemieux avait ouvert la porte à une démolition complète à condition que le projet de remplacement soit «extraordinaire».

M. Lessard a présenté les deux dernières versions de la tour d'habitations de 18 étages qu'il projette, une qui conserve la façade de l'ancienne église Saint-Coeur-de-Marie et l'autre optant plutôt pour des rappels et une oeuvre d'art public. 

Il refuse que le travail fait depuis plusieurs années soit balayé du revers de la main par la Ville, qui veut inscrire l'église Saint-Coeur-de-Marie comme «site d'intérêt» dans le plan particulier d'urbanisme (PPU) de la colline parlementaire afin de la protéger et de forcer un projet de recyclage, sous peine d'expropriation.

Ni Mme Lemieux ni M. Labeaume n'ont répondu, mercredi. «Nous ne commentons pas ce dossier pour l'instant. Nous avons dit ce que nous avions à dire le lundi 19 [septembre] avec l'annonce sur le PPU», a fait savoir Paul-Christian Nolin, l'attaché de presse du maire. 

Ce dernier disait ce jour-là que «ce qui nous a été présenté jusqu'à maintenant n'a pas été à notre goût parce que ça ne préservait pas assez l'église».

Dans un avis donné après une demande d'approbation préliminaire du projet conservant la façade de l'église, en janvier, la Commission d'urbanisme et de conservation de Québec (CUCQ) s'était prononcée sur la réutilisation de l'église Saint-Coeur-de-Marie. 

«Elle constate qu'après environ 20 ans d'efforts publics et privés, les perspectives de recyclage complet de ce bâtiment d'intérêt patrimonial demeurent restreintes. Elle prend acte de l'état de détérioration important du bâtiment ainsi que des coûts très élevés et sans cesse croissants qui seraient requis pour mener cette opération à terme. Dans ce contexte, à regret, elle indique qu'elle serait ouverte à autoriser la démolition partielle, comprise dans le sens où l'on procédera, comme cela est proposé, à la reconstruction de sa portion la plus significative, correspondant à son interface sur la Grande Allée», peut-on lire dans le document.

Le projet du promoteur Lessard ne passait pas la rampe pour autant. «Malgré les efforts consentis, il apparaît que la portion de l'église conservée et le nouvel édifice résidentiel présentent encore un aspect de "mariage forcé"», est-il écrit. 

Plus qu'une façade

Louise Mercier, présidente d'Action Patrimoine, croit pour sa part qu'il faut éviter ce qui s'apparente à du façadisme. «Il ne faut pas penser que préserver une partie d'un bâtiment, c'est protéger le patrimoine», insiste-t-elle, convaincue qu'il y a encore des pistes à explorer pour une reconversion malgré les années qui passent. 

Mme Mercier souligne que la Grande Allée est «l'entrée d'apparat» de la Ville de Québec et un passage très fréquenté vers le Vieux-Québec. «C'est quand même une artère unique donc il faut avoir le souci de préserver ce qui en fait le caractère», lance-t-elle, en désaccord avec la hauteur de la tour recherchée par M. Lessard. «On ne peut pas toujours s'enligner sur le bâtiment le plus haut et rajouter quelques étages», fait-elle remarquer.

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