Du Mexique au Canada, la randonnée d'une vie

C'est une «bulle au cerveau» qui a poussé... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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C'est une «bulle au cerveau» qui a poussé Bastien-Olivier Hammond à se lancer dans cette aventure.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Le 22 avril 2016, Bastien-Olivier Hammond, de Québec, touchait au mur situé à la frontière sud de la Californie. Le 11 septembre, il entrait en Colombie-Britannique avec 15 livres en moins, une barbe en plus, trois paires de souliers derrière lui et l'expérience d'une vie, celle d'avoir marché tous les pas reliant le Mexique au Canada.

En 143 jours, à coup de 15 heures de marche par jour, il a parcouru les 4265 kilomètres de la Pacific Crest Trail - PCT, pour les connaisseurs-, le célèbre sentier de randonnée que parcourt en partie Cheryl Strayed, jouée par Reese Witherspoon, dans le film Wild, du réalisateur québécois Jean-Marc Vallée.

En ce qui a trait à Bastien-Olivier, il attribue cette prouesse à une «bulle au cerveau» ayant émergé chez lui au jour de l'An 2016. «Je me suis dit que c'était là ou jamais. Dans ma carrière, c'était le move à faire», raconte le pilote d'avion.

À 27 ans, il s'est donc lancé ce défi personnel d'ampleur, qu'il dit avoir relevé davantage par la force de l'esprit que par celle des jambes. «Je pense que n'importe qui peut le faire, mais il faut être entêté et avoir le goût de le faire! Je ne pense pas être meilleur ou plus en forme qu'un autre.» Sa plus longue randonnée avant de s'envoler vers la frontière États-Unis-Mexique avait d'ailleurs duré trois jours.

«Le plus dur, c'est vraiment entre les deux oreilles. C'est là que ça se joue. Le corps s'adapte; le cerveau s'adapte un peu moins vite, je pense.»

Bastien-Olivier Hammond assis sur le bord d'une falaise... (Fournie par Bastien-Olivier Hammond) - image 2.0

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Bastien-Olivier Hammond assis sur le bord d'une falaise du Half Dome, dans la vallée de Yosemite, en Californie.

Fournie par Bastien-Olivier Hammond

Bastien-Oliver confie ne pas avoir adopté de programme d'entraînement particulier avant son départ. Sauf celui de «manger de la malbouffe pendant un mois pour engraisser, parce qu['il savait] qu['il allait] perdre du poids».

Comme de fait, il est passé de 164 à 149 livres en 143 jours. «Et 149 livres, à six pieds, c'est pas beaucoup!» dit-il en riant. Le tout alors qu'il s'est nourri principalement de Pop-Tarts, de wraps, de nouilles ramen sèches, de barres Snickers et de jujubes. Certainement pas ce qu'on s'imagine du randonneur aguerri, mais ça marche, assure-t-il.

«Je suis zéro en santé, je suis juste maigre parce que je brûlais tout! J'avais besoin de calories vides pour faire ma journée.» 

Et puisqu'il considère son exploit comme un projet «égoïste» - «je n'ai pensé à personne d'autre qu'à moi pendant 4 mois et 19 jours» -, il a amassé, par l'entremise de son blogue Bootstrapbass.com plus de 8550$ pour la Société de recherche sur le cancer, afin de «rendre ça plus grand que juste moi».

Crater Lake en Oregon... (Fournie par Bastien-Olivier Hammond) - image 3.0

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Crater Lake en Oregon

Fournie par Bastien-Olivier Hammond

Le bruit de la ville

Bastien-Olivier Hammond est rentré à Québec jeudi, soit 11 jours après avoir mis les pieds au Canada. Depuis son retour «en ville», comme il le dit, il est dérangé par le bruit, qui l'empêche de penser. 

«Je préférais marcher tout seul, et je n'ai pas écouté de musique du tout. Je mangeais la même chose tout le temps, je n'avais pas à réfléchir au quotidien. Ça fait une journée vraiment propice à penser, parce que t'as pas besoin de réfléchir à rien d'autre qu'à marcher.» 

Mais penser à quoi? Autant à ce qui lui faisait mal aux pieds qu'à ce qu'il souhaite accomplir dans sa vie. «Quand est-ce que tu t'es arrêtée pour te demander si t'étais vraiment heureuse?» lance-t-il à l'auteure de ces lignes. «Moi, j'ai eu le temps de répondre à cette question-là.»

Le plus dur à ses yeux demeurera l'incompréhension de ses proches face à ce qu'il a vécu. «Peu importe ce que je vais dire, personne ne peut vraiment comprendre à part les gens que j'ai croisés en chemin. Je ne pourrai jamais faire ressentir aux autres ce que j'ai ressenti au moment où j'ai ouvert mes yeux et que j'ai vu une pluie d'étoiles filantes.»

À peine revenu, il imagine donc déjà d'autres projets pour retrouver ce qu'il considère comme son «élément de confort».

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