Centre de prédédouanement: l'aéroport refuse de payer les douaniers américains

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Les États-Unis ont ajouté une condition pour la nouvelle vague d'attribution de centres de prédédouanement: que les aéroports-hôtes paient pour les salaires, les avantages sociaux et les indemnités de déménagement des douaniers américains, ce que l'aéroport de Québec refuse de payer.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Le président et chef de la direction d'Aéroport de Québec inc., Gaëtan Gagné, refuse net d'assumer les salaires des douaniers américains qui travailleront au centre de prédédouanement devant ouvrir ses portes en 2018. Même si c'est une nouvelle condition imposée par les États-Unis. Les gouvernements sont appelés à la rescousse.

Depuis l'annonce par Barack Obama et Justin Trudeau de l'obtention du centre de prédédouanement tant espéré à Québec, une équipe a été mandatée pour planifier la construction. Le bâtiment indépendant, qui sera collé sur le terminal actuel, doit être mis en chantier en 2017 pour une ouverture en 2018, selon M. Gagné.

Le protocole publicisé par les autorités douanières américaines établit que l'aéroport d'accueil doit payer seul les installations et l'équipement requis pour l'inspection et le traitement des bagages. À Québec, la facture est estimée entre 25 et 30 millions $. Cette somme est déjà réservée. Elle est incluse dans le prêt de 315 millions $ contracté pour le projet d'agrandissement en cours.

Les États-Unis ont ajouté une condition pour cette nouvelle vague d'attribution de centres de prédédouanement, un service convoité car il permet généralement d'augmenter la quantité et la fréquence des vols vers les États-Unis. Les intéressés doivent ainsi assumer les salaires, les avantages sociaux et les indemnités de déménagement des employés des douanes américaines déployés à l'étranger.

Dans les huit aéroports canadiens qui ont déjà un centre de prédédouanement (Toronto, Montréal, Vancouver, Ottawa, Calgary, Edmonton, Winnipeg et Halifax), les États-Unis assument cette dépense.

Le supplément est donc difficile à quantifier, d'autant que c'est le gouvernement américain qui détermine l'effectif en fonction du marché.

Négociations en cours

Le grand patron d'Aéroport de Québec inc. (AQi) affirme que les négociations sur cette partie du «deal» se poursuivent, malgré l'accord intervenu entre le Canada et les États-Unis sous les conservateurs et confirmé par les libéraux.

«La première année, c'est pas clair qui assume les frais parce qu'ils viennent voir et roder la machine», a indiqué Gaëtan Gagné, en marge du 75e anniversaire de l'organisation, il y a une dizaine de jours.

Après cette période de grâce potentielle, M. Gagné estime entre 3 et 4 millions $ les dépenses annuelles liées aux douaniers, mais il ne sait pas encore s'il faut calculer en dollars canadiens ou américains. Chose certaine, il refuse de ramasser spontanément la facture, laquelle devrait être refilée aux voyageurs utilisateurs. La pratique usuelle est d'imposer des frais sur chaque billet vendu au départ de Québec.

«Il y a des négociations entre le Canada et les États-Unis. Il y a des négociations entre Québec, le Canada et l'aéroport de Québec», a commencé par dire le président d'AQi aux journalistes.

Puis il a livré le fond de sa pensée: «À la fin, mes passagers pis la région de Québec, ce n'est pas des citoyens canadiens secondaires. On est au même niveau que les autres citoyens canadiens donc on veut avoir le même levier de services. Les citoyens de Québec et les passagers qui vont partir de Québec ne paieront pas les douaniers américains si Montréal et Toronto ne les paient pas.»

«Je ferai pas charger à mes passagers 50 piastres parce qu'ils sont de Québec. Ça serait de la discrimination totale si ça se faisait. C'est sûr que le nouveau protocole sera pas accepté comme ça», a-t-il insisté.

Une bataille nécessaire

Au point de laisser tomber le projet s'il faut payer les douaniers localement? «Au point que ça va être accepté [que Québec ne paie pas]. C'est les batailles qu'il faut que je livre», a répondu M. Gagné en tapant des poings sur la table.

Après plus d'une semaine à jongler avec les questions du Soleil, le ministère de la Sécurité publique du Canada a confirmé qu'il est prévu que les aéroports hôtes assument à la fois les dépenses de construction et d'exploitation des nouveaux centres de prédédouanement.

Jean-Philippe Levert, porte-parole de Sécurité publique Canada, n'a pas voulu détailler les négociations en cours. «Les responsables canadiens continuent de travailler avec toutes les parties prenantes [y compris avec les États-Unis et les nouveaux sites proposés] sur les questions en matière de mise en oeuvre, y compris l'élaboration d'un cadre de recouvrement des coûts», a-t-il fait savoir par courriel.

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