Les chauffeurs de taxi appellent les contrôleurs routiers à l'aide

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Une journée après avoir bloqué le boulevard René-Lévesque, les chauffeurs de taxi en colère se sont déplacés dans l'ouest de la ville pour manifester leur mécontentement face à l'entente intervenue entre le gouvernement du Québec et la multinationale.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Une vingtaine de chauffeurs de taxi de Québec ont encore manifesté vendredi, cette fois devant les bureaux de Contrôle routier Québec sur le boulevard Wilfrid-Hamel. Ils réclament l'arrestation des chauffeurs d'Uber, qu'ils considèrent comme des contrevenants à la nouvelle loi sur le transport rémunéré de personnes malgré le projet pilote convenu avec la multinationale.

Une journée après avoir bloqué le boulevard René-Lévesque, les chauffeurs de taxi en colère se sont déplacés dans l'ouest de la ville pour manifester leur mécontentement face à l'entente intervenue entre le gouvernement du Québec et la multinationale.

Le Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ) a dénoncé en avant-midi le ministre des Transports, Laurent Lessard, qu'il accuse d'avoir demandé aux contrôleurs routiers de «ne pas appliquer la loi 100 à Uber pour encore 90 jours». «On dirait que le Québec est en train de devenir pire qu'un paradis fiscal, c'est en train de devenir un paradis légal! Les lois ne s'appliquent pas ici, pour les multinationales. C'est le monde à l'envers», déclarait Abdallah Homsy, porte-parole du RITQ, dans un communiqué de presse.

En fait, la publication de l'entente révèle plutôt que les chauffeurs actuels d'Uber se voient accorder 90 jours pour obtenir leur permis de classe 4C. Les recrues devront obtenir tous leurs papiers avant de prendre leur premier client.

Aucune directive

Mathieu Gaudreault, porte-parole du ministre Lessard, a assuré au Soleil qu'il n'y avait pas eu d'échange, pas de directive envoyée aux contrôleurs routiers quant à l'application de la nouvelle loi. Ce à quoi M. Homsy ne croit tout simplement pas.

Les chauffeurs de taxi demandent également aux contrôleurs routiers de faire appliquer l'alinéa de l'article 89 de la loi 100 voulant que les modalités de tout projet pilote soient publiées sur le site Web du ministère des Transports et de la Commission des transports «au moins 20 jours avant son entrée en vigueur». Comme l'entente a été signée et rendue publique vendredi, Uber ne pourrait opérer légalement avant la fin de septembre, selon leur interprétation.

«Que les transporteurs routiers mettent leurs culottes et travaillent avec les taxis! Il faut qu'ils se réveillent», lance Mohamed Dardari, propriétaire de taxi à Québec depuis 28 ans, qui exhorte Contrôle routier Québec de faire appliquer la loi. «Je viens d'un pays où la loi n'est pas respectée. On ne veut pas que ça arrive ici», ajoute Abdallah Homsy.

Le porte-parole du ministre Lessard a confirmé qu'en vertu de la loi, «les dispositions du projet pilote entrent en vigueur dans 20 jours». Il a toutefois refusé de s'avancer sur les implications de ce délai d'application.

Arrêt soudain

Depuis le 8 septembre à minuit, il n'y a pas eu d'arrestation de chauffeurs d'Uber alors que les opérations étaient quasi quotidiennes ces dernières semaines. Au-delà de la saisie du véhicule, les transporteurs illégaux s'exposent désormais à la perte de leur permis de conduire sur-le-champ et pour sept jours. Si Uber peut payer des voitures de location à ses «partenaires», il lui est impossible de compenser la perte d'un permis de conduire. Si bien que les chauffeurs d'Uber sont un peu moins nombreux dans les rues de Québec.

Du côté de la Société de l'assurance automobile du Québec, qui chapeaute Contrôle routier Québec, les porte-parole se bornaient à répéter vendredi que l'étude du projet pilote se poursuit. Avec Camille B. Vincent

Labeaume exhorte les chauffeurs de taxi à se calmer

Craignant des débordements de la part des chauffeurs de taxi furieux de l'entente entre le gouvernement et Uber, le maire de Québec, Régis Labeaume, a tenté d'apaiser les tensions vendredi.

«J'invite les dirigeants des organisations impliquées dans ce dossier-là à bien choisir leurs mots. Quand on parle de pagaille, c'est parce qu'on provoque les choses. C'est pas une bonne façon de faire évoluer le dossier. Pesons nos mots, tentons d'apaiser», a-t-il commenté peu après le départ du Grand Prix cycliste de Québec.

Le maire Labeaume demande aux chauffeurs de taxi de s'unir pour trouver des solutions, même si Abdallah Homsy, porte-parole du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec, lui a indiqué qu'il ne contrôlait pas ses troupes.

«Ce sont pas des meurtriers, ces gens-là. On est en démocratie, ils ont le droit de manifester. C'est juste que je vais les inviter à ne pas utiliser certains mots, certaines paroles comme martyr ou inch allah. On a entendu ça hier [jeudi]sur les radios. C'est une très mauvaise idée. Pas à Québec, ça n'arrivera pas à Québec, ça.»

Le maire Labeaume a tenu à rappeler qu'il n'a pas de pouvoir décisionnel dans ce dossier. «J'essaie de m'organiser pour ne pas qu'il y ait de grabuge, de violence.»

Uber, pas de la «merde»

Vers 17h30 jeudi, Régis Labeaume a rencontré tous les dirigeants des coops de taxi à Québec, alors qu'ils s'apprêtaient à boycotter la desserte du Centre Vidéotron. «Je leur ai dit : ''Cessez de croire que rien d'autre que les taxis va exister dans l'avenir. Cessez de dire qu'Uber, c'est de la merde. Ça donne rien. Les gens veulent Uber, et Uber va payer des taxes au Québec. Moi, ma réticence, c'était ça. En termes d'attitude, cessez d'être contre tout et demandez-vous comment vous, vous pouvez améliorer votre produit.''»

Le maire Labeaume a dit aux chauffeurs de taxi qu'ils n'avaient pas «beaucoup d'amitié dans la population» et que chaque fois qu'ils posaient un geste qui pouvait porter atteinte à la réputation de la ville de Québec, ils perdaient en crédibilité.

Du même souffle, le maire a dit comprendre leurs doléances. «Il y a beaucoup de désespoir là-dedans, en passant. Il y a beaucoup de gens qui désespèrent. Il y a des familles qui sont en danger là-dedans. Leur patrimoine peut atteindre le zéro absolu assez rapidement. Faut comprendre aussi les gens», a-t-il plaidé.

Boycottage sans grande conséquence

Le maire Labeaume a minimisé vendredi l'effet du boycottage des chauffeurs de taxi sur la circulation autour du Centre Vidéotron, à la fin de la partie préparatoire de la Coupe du monde de hockey entre l'Amérique du Nord et l'Europe, jeudi soir.

«Je suis obligé de dire que malgré tout, ça s'est bien passé dans les circonstances», a-t-il lancé. Selon ses informations, il y a eu à peu près 80 voyages de taxi, et l'ajout de plus d'autobus du Réseau de transport de la Capitale a «fait le travail», dit-il.

Les spectateurs avaient également prévu le coup en venant en voiture. Pour la première fois depuis l'ouverture du Centre Vidéotron, il y a un an, le stationnement affichait complet et il a fallu compter 45 minutes pour le vider. «À 11h30, il ne restait plus personne sur le site», assure le maire.

Reste que la desserte du Centre Vidéotron par les taxis est très importante, surtout lors des spectacles, indique M. Labeaume. «Je vous dirais hier [jeudi] que la foule était assez locale. Selon moi, il n'y avait pas 25 % de la foule qui venait de l'extérieur, ce qui est le cas lors des spectacles.» Patricia Cloutier

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Le maire Régis Labeaume

Le Soleil, Nicolas Perron-Drolet

Dangereux manque d'information

Régis Labeaume a lancé une flèche au ministre des Transports Laurent Lessard vendredi, en déplorant qu'il n'ait pas expliqué tout de suite aux chauffeurs de taxi la teneur de son entente avec Uber. Lors de sa rencontre avec représentants des coops de taxi de Québec jeudi soir, personne ne connaissait exactement les termes de l'entente. «C'est quand même extraordinaire. Ces gens-là auraient dû être mis au courant. Hier [jeudi], j'ai entendu à peu près 1000 versions et personne ne connaissait la vérité. Ça, ça aide pas non plus», a commenté M. Labeaume. Selon lui, le gouvernement aurait dû donner des explications claires à tout le monde dès le départ. «La grosse lacune, c'était ça. Je trouve ça dangereux [...] Ça aide pas à apaiser», a-t-il commenté. Patricia Cloutier

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