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Des condos après une saga de 12 ans dans l'ancienne école Saints-Martyrs-Canadiens

L'ancienne école Saints-Martyrs-Canadiens, dans le quartier Montcalm, a... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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L'ancienne école Saints-Martyrs-Canadiens, dans le quartier Montcalm, a ouvert ses portes en 1931. Elle a été vendue à Norplex en 2002.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Bloqué par des citoyens depuis 2004, le projet de conversion de l'ancienne école Saint-Martyrs-Canadiens en immeuble à condos va de l'avant dans Montcalm. Norplex promet de conserver l'aspect extérieur du bâtiment, mais l'intérieur sera complètement transformé pour faire place à 39 logements et à une garderie au rez-de-chaussée.

La Ville de Québec a mené des consultations publiques sur le projet au cours des deux dernières années avant de procéder au changement de zonage, en avril. Norplex, qui a acheté l'immeuble en 2002, pourra finalement y construire des condos, qui seront mis en vente au cours des prochains jours. Appelé «M dans Montcalm», le projet est évalué à 12 millions $. 

«On a fait beaucoup de redéveloppement de bâtiments dans des secteurs anciens ou historiques et on essaie toujours de respecter le style original», soutient Éric-Yves Doyon, président de Norplex. 

Cette ancienne école, qui a ouvert ses portes en 1931, compte plusieurs éléments art déco que le promoteur mettra en valeur dans le hall d'entrée. 

Arbres conservés

Le promoteur spécifie que les arbres matures autour de l'édifice seront conservés et qu'il ajoutera beaucoup de verdure sur les murs. «On veut donner un ton très vert au bâtiment. Il y aura un système d'irrigation prévu lors de la construction, qui sera contrôlé de façon électronique», explique M. Doyon. 

L'intérieur du bâtiment sera complètement cureté, mais les condos, qui comprendront d'une à trois chambres, profiteront de plafonds hauts de 11 pieds et de grandes fenêtres, comme c'était le cas dans les anciennes classes. 

Les futurs copropriétaires auront accès à un stationnement intérieur, qui a déjà été construit sous l'édifice voisin La Cour des Braves, qui compte 68 condominiums. Norplex a eu l'autorisation de construire cet édifice en 2009, dans la cour et le stationnement de l'ancienne école Saint-Martyrs-Canadiens. De petits balcons seront ajoutés à l'ancienne école, mais les copropriétaires devront aller sur la terrasse du toit pour se faire un barbecue ou profiter du spa de nage. 

M. Doyon indique que les condos seront vendus entre 175 000 $ et 400 000 $. Les travaux de construction devraient commencer cet hiver et se terminer à l'hiver 2017-2018. 

Les citoyens du quartier ont tenu jusqu'à la fin à garder une certaine vocation communautaire à l'édifice. Norplex a donc consenti à aménager quelques locaux de yoga et de danse, qui pourront être loués à des organismes. 

Une succursale de Montessori

Une garderie occupera également les deux tiers du rez-de-chaussée, à partir de janvier 2017. C'est l'école Montessori de la Colline, une garderie privée, qui y aménagera une nouvelle succursale, qui pourra accueillir 80 enfants de 9 mois à 6 ans. «On aura beaucoup de places pour les poupons, car il y a une grande demande dans le secteur», soutient Véronique Gagné, directrice de l'école Montessori de la Colline.

L'école primaire Saint-Martyrs-Canadiens a été fermée en 1987. Elle a ensuite accueilli pendant de nombreuses années un centre de services aux immigrants. La commission scolaire de la Capitale l'a vendue à Norplex en 2002.

Le promoteur croit avoir été un «cobaye»

En 2004, 65 % des citoyens de Montcalm se sont opposés au projet de Norplex pour l'ancienne école Saint-Martyrs-Canadiens, par voie de référendum. Alors qu'aujourd'hui, ces référendums citoyens sont menacés de disparition, le promoteur croit qu'il a été un «cobaye» dans cette saga qui aura duré 12 ans. 

«Les politiciens à l'époque voulaient expérimenter le processus [de référendum] et on a fait les frais de ce processus-là qui, avec les années, est devenu extrêmement lourd», déplore Éric-Yves Doyon, président de Norplex. 

Selon lui, la Ville de Québec possède toutes les ressources et les experts nécessaires pour analyser les projets de construction qui lui sont soumis. «Elle n'a pas besoin d'envoyer tout le temps les projets au ballotage. Oui, il faut consulter, il faut informer les citoyens, mais on ne peut pas laisser la direction urbanistique d'une ville à des groupes de pression», soumet M. Doyon. 

Le promoteur soutient avoir écouté la population dans la réalisation de son projet de «densification douce», en réservant de l'espace pour une garderie et quelques locaux communautaires.

Consultation

M. Doyon se réjouit que le projet de loi 109 du gouvernement Couillard, sur le statut de Québec comme capitale, prévoie l'abolition pure et simple des référendums citoyens. Selon le gouvernement, il y a assez de mécanismes de consultation «en amont» à la Ville de Québec. 

«Ça a pris des années, mais le gros bon sens a fait son chemin. Aujourd'hui, le développement se fait davantage par des PPU [programmes particuliers d'urbanisme], qui ont une vision d'ensemble, qu'à la pièce», commente M. Doyon.

Un sursis pour l'école musulmane

Alors qu'elle devait fermer ses portes en juin, l'École de l'Excellence profite d'un sursis et accueillera la semaine prochaine ses élèves pour une 10e rentrée scolaire dans ses locaux de l'ancienne école Saint-Martyrs-Canadiens. 

«On est encore en recherche active de nouveaux locaux, mais au moins, on peut commencer l'année scolaire ici», indique Amira Boulmerka, directrice de la seule école primaire de Québec qui offre un programme axé sur les valeurs musulmanes et l'enseignement de l'arabe. 

Le promoteur Éric-Yves Doyon, qui transformera l'école en édifice à condos, se dit «sensible» à sa situation, et lui a permis de rester jusqu'à Noël. «On l'aide dans ses démarches pour se trouver un nouvel emplacement», assure-t-il. 

C'est que l'École de l'Excellence, au courant des visées de M. Doyon depuis longtemps, se cherche un nouveau toit depuis deux ans, mais toutes ses démarches ont avorté. «C'est sûr qu'il y a beaucoup de normes du ministère de l'Éducation pour l'emplacement d'une école», évoque Mme Boulmerka. En juin, elle indiquait au Soleil que la nature du projet éducatif a pu freiner des locateurs potentiels. 

«Stagnation»

Le climat d'incertitude qui règne a fait en sorte que l'école, qui est en progression constante de sa clientèle depuis 10 ans, vit une «stagnation» cette année, en accueillant environ 110 élèves. «Les parents qui nous suivent depuis le début sont encore là, mais on n'a pas de nouveaux», souligne Mme Boulmerka. 

Au cours de l'été, la directrice a contacté son député, Sébastien Proulx, qui est aussi ministre de l'Éducation, pour le sensibiliser à sa situation. Elle n'a toutefois pas encore eu d'entretien avec lui. 

L'École de l'Excellence est une école privée non subventionnée qui suit le programme du ministère québécois de l'Éducation, mais elle inclut aussi des cours d'arabe et prône les valeurs musulmanes.

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