Places publiques repensées pour l'hiver!

La place publique éphémère devant l'église Saint-Jean-Baptiste, sur... (Le Soleil, Erick Labbé)

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La place publique éphémère devant l'église Saint-Jean-Baptiste, sur la rue Saint-Jean. L'engouement est tel pour ces places qu'il y a désormais un intérêt pour en concevoir certaines pour les autres mois de l'année.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Les places publiques éphémères poussent partout en ville et leur succès estival ne se dément pas. La prochaine étape est-elle d'en profiter aussi l'hiver? Plusieurs y pensent.

«Je rêve qu'on puisse trouver quelqu'un pour collaborer avec nous pour faire un projet en hiver. Ce serait fantastique!» lance Alejandra De la Cruz, designer urbain et cofondatrice de l'Atelier Le Banc.

La jeune entreprise a conçu cinq de la dizaine de places publiques éphémères qui se distinguent par des bancs de bois, de la verdure, un mobilier coloré de style bistro. Un piano public, aussi, parfois, comme c'est le cas dans Limoilou et Saint-Roch. 

Autant de «placettes» prisées par la population des quartiers centraux de Québec et dans le Vieux-Lévis. Mais ces lieux de rencontre, de lecture et de doux flânage urbain prennent la route de l'entreposage l'automne venu.

À Québec, ville d'hiver, il faut penser autrement, estime Mme De la Cruz dont la réflexion pour une version nordique des placettes est visiblement entamée.

«On a des idées de ce qu'on aimerait proposer», a-t-elle confié au Soleil lors d'une entrevue sur l'engouement pour les places éphémères et l'Atelier Le Banc qui a le vent dans les voiles.

«C'est clair que, l'hiver, on ne va pas rester assis sur un banc pendant 20 minutes», explique la designer selon qui une placette éphémère pendant la saison froide devrait répondre à une fonction différente.

«Ce serait peut-être plus un lieu d'arrêt, un endroit avec un point de vue à regarder pendant cinq minutes. Il faut le concevoir autrement et il faut qu'on trouve la bonne façon de le faire», a poursuivi Mme De La Cruz.

Tests

Même si aucun projet n'est officiellement sur la table, elle imagine déjà des contextes qui pourraient servir de tests. La jeune entrepreneure cite spontanément l'anneau de glace des Plaines ou la piste de ski de fond aménagée l'hiver dernier le long de la rivière Saint-Charles.

«Ce genre de lieu serait vraiment propice pour tester ce type d'équipement en hiver», a-t-elle poursuivi. L'idée, ajoute Mme De La Cruz, est de penser à un aménagement pour tout l'hiver, pas seulement dans un contexte événementiel ou ponctuel comme on peut le voir au Carnaval, par exemple.

La place publique devant la bibliothèque Charles-H.-Blais, sur... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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La place publique devant la bibliothèque Charles-H.-Blais, sur l'avenue Maguire, dans Sillery.

Le Soleil, Erick Labbé

Idée partagée

À la Ville de Québec, où le bilan de places éphémères est très positif, la porte-parole Rose-Marie Ayotte ne cache pas son intérêt pour l'idée de placettes publiques hivernales. 

Si rien n'est encore dans les cartons pour l'instant, l'idée, avance-t-elle, est en phase avec les orientations de la Ville de Québec, qui cherche à animer l'hiver et à le faire aimer.

«Considérant la multiplication d'attraits et d'événement qui se déroulent en hiver, ce serait tout à fait en cohérence», a soutenu Mme Ayotte jeudi.

Elle donne l'exemple des lumières posées à la verticale sur les lampadaires Saint-Joseph prévus initialement pour l'hiver. Les abat-jours géants de l'avenue Cartier ont aussi été pensés pour éclairer les soirs d'hiver avant de devenir permanents. Ces aménagements visent à donner envie de fréquenter les lieux publics, même pendant la saison froide.

«La Ville et l'Office du tourisme misent sur le caractère nordique de Québec. L'objectif est de permettre aux gens de profiter de cette saison», ajoute la porte-parole de la Ville.

À la Société de développement commercial (SDC) Saint-Sauveur, la directrice par intérim, Gabrielle Ste-Marie, a elle aussi spontanément évoqué l'hiver. Le quartier a depuis juillet sa placette publique à l'angle de Saint-Vallier Ouest et des Oblats en plus du SPOT, autre lieu éphémère animé tout l'été. Elle aussi imagine de tels aménagements à longueur d'année.

«L'hiver est toujours un point mort. Pourquoi enlever la placette parce que l'hiver arrive?» a demandé Mme Ste-Marie, visiblement prête à collaborer à un éventuel projet en ce sens.

La place publique sur la rue Saint-Valier, dans... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 3.0

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La place publique sur la rue Saint-Valier, dans Saint-Sauveur.

Le Soleil, Erick Labbé

Les SDC ravies

L'été en a encore pour quelques semaines, mais déjà, des responsables de SDC interrogées sont emballées par leur placette publique, à la fois populaires et respectées des citoyens.

Sur la rue Saint-Jean, l'aménagement devant le parvis de l'Église Saint-Jean-Baptiste est un succès monstre, note la directrice de la SDC du Faubourg, Catherine Laberge.

«On est super contents et très impressionnés de voir combien les gens respectent le mobilier», dit-elle à propos de l'aménagement situé dans un lieu particulièrement passant. 

«C'était notre inquiétude première. Dans les semaines du Festival d'été, on retrouvait des bouts de plante arrachés, quelques bières qui traînaient, mais rien de grave», poursuit Mme Laberge. Les gens, dit-elle, se sont rapidement approprié l'aménagement doté de bancs, de chaises et d'un potager. Le côté vert pourrait d'ailleurs être appelé à prendre plus de place l'an prochain, si on en croit Mme Laberge.

«On pense bonifier le jardin l'an prochain», a-t-elle lancé au Soleil. Elle évoque l'idée de faire planter les graines par les élèves de l'École Saint-Jean-Baptiste sous forme d'initiation à l'agriculture urbaine.

Du côté de Saint-Sauveur, la directrice générale par intérim de la SDC, Gabrielle Ste-Marie, note aussi le respect du mobilier installé le 21 juillet. Elle relate que lors de l'installation, plusieurs craignaient que des luminaires de cuivre ne soient volés, ce qui n'a pas été le cas, se réjouit la directrice.

Le Soleil n'a pu s'entretenir avec la directrice de la SDC Maguire, Isabelle Drolet, actuellement en vacances. Mais à la Ville de Québec, on confirme l'engouement de la population pour la place éphémère devant la bibliothèque Charles-H. Blais, une autre nouveauté de l'été 2016. Là aussi, aucun vol ou bris n'a été constaté.

Encore plus de placettes à prévoir

Une place publique avec du mobilier conçu par... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 5.0

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Une place publique avec du mobilier conçu par l'Atelier Le Banc sera installée d'ici quelques semaines, dès que le chantier de la tour Fresk sera terminé, coin de la Couronne et Saint-Joseph dans Saint-Roch 

Le Soleil, Yan Doublet

Non seulement les places publiques seront de retour dans les rues et sur les parvis l'été prochain, mais attendez-vous à voir pousser encore plus de ces aménagements éphémères.

«L'été prochain, il y en aura de retour et possiblement de nouvelles dans les années suivantes. On voit à quel point c'est populaire et apprécié. Ça amène de la vitalité», a commenté la porte-parole de la Ville de Québec, Rose-Marie Ayotte. 

Plus qu'un lieu de rencontre et de répit, plusieurs places publiques estivales ont une programmation avec des spectacles, du yoga, du cinéma en plein air. 

«Ça permet de redynamiser certaines rues, de donner une personnalité à un secteur qui en avait peut-être moins», dit-elle.

Les places publiques éphémères ne sont pas des projets de la Ville comme tels. Elles sont généralement portées par des citoyens ou des Sociétés de développement commercial (SDC), mais la Ville n'est jamais très loin en soutien technique ou financier. «On constate de plus en plus d'initiatives privées et la Ville est en accompagnement.»

De Richard-Garneau à Gabrielle-Roy

Souvent, ces aménagements transitoires servent aussi de test vers la construction d'une place publique permanente portée par les autorités municipales. Le cas de la place Richard-Garneau, à l'angle de l'avenue Cartier et du boulevard René-Lévesque Est, en est un exemple.

Ce sera aussi le cas bientôt devant la bibliothèque Gabrielle-Roy. Une place publique avec du mobilier conçu par l'Atelier Le Banc sera installée d'ici quelques semaines, dès que le chantier de la tour Fresk sera terminé, coin de la Couronne et Saint-Joseph dans Saint-Roch.

Cette place publique temporaire, qui deviendra permanente après 2021, comportera un espace pour manger, un coin terrasse, une estrade et une petite agora.

Cofondatrice de l'Atelier Le Banc, Alejandra De la Cruz ne cache pas sa fébrilité devant l'installation imminente de cette place pour les cinq prochaines années. «Autant en budget qu'en matériel, c'est un projet trois ou quatre fois plus gros qu'à l'habitude», explique-t-elle à propos du mobilier de bois présentement en construction.

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