Alupa Clarke, le député aux 80 000 portes

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Alupa Clarke s'est donné comme objectif de cogner aux 80 000 portes que compte sa circonscription.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Le 2 août 2015, Stephen Harper déclenchait au beau milieu de l'été la plus longue campagne électorale que le pays ait connue. Un an plus tard, le député conservateur de Beauport-Limoilou, Alupa Clarke, n'a pas changé sa routine et continue de frapper inlassablement aux portes. Il veut tenir sa promesse de rencontrer les citoyens au cours de son mandat, pas seulement durant la campagne. Son objectif: cogner aux 80 000 portes que compte sa circonscription d'ici les prochaines élections. Le Soleil l'a accompagné mardi dernier lors de l'une de ses soirées consacrées au porte-à-porte.

M. Clarke et Albert Gauthier devant le mur... (Photo fournie par Alupa Clarke) - image 1.0

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M. Clarke et Albert Gauthier devant le mur de photos du député serrant la pince des citoyens de sa circonscription, intitulé «Votre député en action».

Photo fournie par Alupa Clarke

À 17h30, le mercure oscillait toujours autour de 27 °C. En chemise - qui a fini par être un peu mouillée dans le dos - et en pantalons beige, Alupa Clarke tombait souvent sur des hommes «en bedaine» et en maillot de bain, qui venaient de sortir de la piscine. Sur leur visage, on notait souvent de la surprise. 

«Ben oui, t'es déjà passé, l'année passée!» ou «T'es de parole en tout cas!» ou encore «Si c'est pas mon député!» À 30 ans et nouveau en politique, Alupa Clarke sourit, fier d'être reconnu. 

Chez d'autres résidents, la partie est moins facile. «C'est-tu les témoins de Jéhovah?» ou «Conservateur? J'ai un peu de misère...» D'autres plus timides se contentent de hocher poliment de la tête en l'écoutant débiter son petit discours, avant de prendre sa carte de visite et de refermer la porte. 

M. Clarke est habitué aux réactions diverses et ne se décourage pas. Il livre même son truc au Soleil pour ne pas se faire prendre pour un témoin de Jéhovah et réussir à obtenir - au minimum - une poignée de main. «La cravate est proscrite, et je roule les manches de ma chemise. Sinon, ils n'ouvrent pas la porte», confie-t-il. M. Clarke raconte s'être déjà fait claquer la porte au nez, mais seulement une fois, par quelqu'un qui se proclamait anarchiste.

Pendant deux heures, trois soirs par semaine et durant tout l'été, Alupa Clarke répète le même scénario, accompagné de son attaché politique ou d'un bénévole. Il offre aux citoyens de l'appeler à tout moment pour lui parler d'un problème ou de «venir prendre un café pour jaser politique n'importe quand au bureau». «Pour la plupart d'entre eux, non seulement c'est la première fois qu'ils voient un politicien à leur porte, mais, en plus, un député élu.»

Le député accumule les rencontres. On le voit... (Photo fournie par Alupa Clarke) - image 2.0

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Le député accumule les rencontres. On le voit ici lors de la Fête de Cartier.

Photo fournie par Alupa Clarke

Toute la journée

Le reste de la journée, le député de Beauport-Limoilou ne reste pas assis au bureau. Il raconte aller déjeuner au restaurant tous les matins, à l'affût d'un citoyen qui voudrait engager la conversation avec lui. Trois jours par semaine, il se rend dans des résidences de personnes âgées, encore là pour tenir parole et aller voir ces citoyens qui ont la visite de politiciens presque seulement en campagne électorale. Sinon, il vise les parcs et les centres commerciaux pour provoquer des rencontres. 

La fin de semaine, Alupa Clarke dit oui à toutes les invitations et est de toutes les épluchettes de blé d'Inde et fêtes de quartier. Il organise même une fête lui-même, avec jeux gonflables et hot-dogs à la fin de l'été. Sa page Facebook est remplie de ses sorties. À son bureau, il a consacré un mur à un collage de photos de lui serrant la pince de citoyens, intitulé «Votre député en action».

«Je sais très bien que ça peut faire en sorte que des gens votent pour moi dans trois ans et demi», admet le politicien de 30 ans, à propos de ses multiples activités. Mais au fond, il dit qu'il est surtout guidé par l'honneur. «Je suis là pour les entendre, pour les écouter, je suis là à leur service», lance-t-il, avant d'ajouter, un soupir dans la voix: «l'honneur, c'est un concept qui a été perdu au fil du temps».

Même quand les gens sont fâchés, M. Clarke dit apprécier les entendre. «Ça fait partie du devoir d'un député de canaliser la frustration des gens. Et souvent, quand on a jasé cinq minutes, les gens deviennent plus calmes.»

Alupa Clarke en compagnie de résidentes de la... (Photo fournie par Alupa Clarke) - image 3.0

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Alupa Clarke en compagnie de résidentes de la Place Alexandra à Beauport.

Photo fournie par Alupa Clarke

Une vie qu'il veut consacrer à la politique

Né à Québec d'une mère québécoise et d'un père originaire de Vancouver, Alupa Clarke a grandi au Nouveau-Brunswick, puis en Micronésie. Son prénom, d'origine inuite, veut dire «homme fort». «Ma mère a déjà enseigné dans le Nord et est tombée en amour avec les prénoms inuits», justifie-t-il. 

Après deux ans passés en Micronésie, sur une île perdue du Pacifique, il s'est mis à idéaliser le Canada. «Quand je suis revenu, je me suis rendu compte que l'idéal que je me faisais était pas mal vrai.» Le Canada est une société riche et libre, plaide-t-il. «Oui, il y a encore des choses à améliorer, mais il faut prendre conscience de ce qu'on a, que c'est précieux.»

À son retour au pays, à 15 ans, le jeune Clarke savait qu'il voulait devenir député à Ottawa. Aussitôt la majorité atteinte, il a commencé à militer pour le Parti conservateur, a complété une maîtrise en sciences politiques à l'Université Laval et est devenu réserviste pour les Forces armées canadiennes. 

En 2013, il a obtenu un stage «incroyable»: il a pu travailler directement au bureau du premier ministre Stephen Harper. Aujourd'hui, il n'arrive pas à croire qu'il est le voisin de banquette de Harper à la Chambre des communes. «Il est encore très allumé, a des commentaires sur tout», lance-t-il. Le député dit ne pas savoir quand Harper partira, le trouvant pour le moment «serein». 

Papa de Victoria, deux ans et demi, et d'un futur bébé à naître au printemps 2017, Alupa Clarke reconnaît que son rythme de travail empiète sur le temps en famille. «C'est ma vie! Je l'ai dit à ma femme quand on s'est rencontrés à 17 ans que j'avais une maîtresse, que c'était le Canada», lance-t-il en riant. 

Selon lui, le salaire et les avantages sociaux d'un député au fédéral compensent largement les heures qu'il consacre à son travail. «C'est certain que je pourrais la voir plus [ma famille], mais moi, je me rappelle mes aïeux, qui bûchaient dans le bois six mois par année, alors j'ai une très belle vie en ce moment, j'ai rien à me plaindre.»

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