Amphithéâtre: secret autour des billets

Même le Service des finances de la Ville... (Archives La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Même le Service des finances de la Ville de Québec ne saura jamais combien a empoché Madonna et combien gagnera Céline Dion pour se produire à l'amphithéâtre de Québec.

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(Québec) Même le Service des finances de la Ville de Québec ne saura jamais combien a empoché Madonna et combien gagnera Céline Dion pour se produire à l'amphithéâtre de Québec. Bientôt, l'administration Labeaume ne saura même plus combien de billets de spectacle les vedettes ont vendus. Ses redevances lui seront versées sans référence aux événements.

Le 20 juin, la Ville de Québec approuvait le remboursement du loyer de 730 000 $ payé par QMI Spectacles en 2015, à la suite de l'audit des états financiers de la filiale de Québecor. Le Soleil a fait des demandes d'accès à l'information pour tenter d'en savoir plus sur les vérifications faites par la Ville dans les bureaux du locataire et gestionnaire du Centre Vidéotron.

Nous avons reçu 12 pages de documents, dont certaines sont caviardées. Cinq articles de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels sont invoqués pour ce retrait d'information ainsi que les passages de la Loi sur le Barreau et de la Charte des droits et libertés portant sur le secret professionnel.

Néanmoins, cela nous a permis d'apprendre que la Ville de Québec n'aurait jamais accès aux contrats des spectacles et des événements qui se tiennent au Centre Vidéotron.

«Considérant les informations à caractère confidentiel incluses dans les divers contrats signés par le Locataire pour la tenue de spectacles et d'événements, notamment les cachets d'artistes, et considérant également les clauses de confidentialité incluses dans lesdits contrats, il a été convenu que les représentants du Service des finances n'y auraient pas accès», peut-on lire dans un «dossier interne» faisant un compte rendu de la consultation des registres de QMI Spectacles pour l'exercice financier terminé le 31 décembre 2015.

Le document précise que pour les mêmes raisons de confidentialité, «des informations détaillées n'ont pas été fournies» sur les revenus provenant de la vente de billets (quand QMI agit à titre de promoteur) et les revenus de location du Centre Vidéotron (quand QMI n'est pas promoteur).

Pour 2015, une liste des événements tenus à l'amphithéâtre a été remise à la Ville indiquant le nombre de billets, l'assistance ainsi que les «charges contractuelles» - lire : les redevances - qui lui reviennent pour chacun. Québec reçoit l'équivalant de 10 % du prix d'un billet pour un maximum très souvent atteint de 4 $.

Dans un paragraphe portant précisément sur les charges contractuelles, il est toutefois précisé que le gestionnaire de l'amphithéâtre, qui en est le locataire, veut changer les règles du jeu. L'information fera désormais abstraction des événements et plutôt référence à la quantité de billets vendus par tranche de revenus pour la Ville. Le bail prévoit qu'elle est payée tous les mois.

Le passage va comme suit : «Il est de l'avis des représentants du Locataire que les informations actuellement fournies à ExpoCité dans le cadre des règlements d'attraction sont confidentielles et que par conséquent des ajustements sur les échanges d'informations sont à prévoir. Il est en effet possible de multiplier le nombre de billets vendus par le coût et d'obtenir les ventes de l'artiste. Il a été convenu que dorénavant, un rapport provenant directement de Ticketmaster serait remis à ExpoCité dans lequel le nombre de billets par tranche de charges contractuelles sera donné à ExpoCité. Les représentants du Locataire travaillent actuellement à la programmation de ce rapport.»

Combien a empoché Madonna lors de son passage... - image 2.0

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Combien a empoché Madonna lors de son passage au Centre Vidéotron? La Ville de Québec ne le saura jamais en vertu de son entente avec Québecor. 

Directive suivie

Rappelons qu'en février, l'administration Labeaume a signé une lettre d'entente avec Québecor pour éviter à son partenaire de présenter officiellement ses revenus de ventes de billets et ses états financiers et les soustraire ainsi du regard public. Les représentants de la Ville doivent plutôt se déplacer pour consulter les documents dans les bureaux de l'entreprise privée. Pour éviter que la Loi sur l'accès aux documents publics ne s'applique, aucune copie n'est conservée par la Ville et celle-ci ne permet que des «notes personnelles» à ses employés. 

Force est de constater que la directive a été suivie. Les quatre fonctionnaires qui se sont rendus chez QMI les 31 mai, 1er et 2 juin, dont la trésorière et directrice des finances Chantal Pineault, n'auraient produit aucun document autre que ce résumé dont nous avons obtenu partiellement copie. 

Le document suggère cependant que plusieurs questions ont été posées après la présentation de neuf catégories de documents par les trois représentants de Québecor. Des sujets - au moins 13, peut-être plus, car la section est caviardée - ont commandé de la documentation supplémentaire. Au final, toutefois, l'équipe de la Ville semble satisfaite puisqu'elle recommande le remboursement du montant du loyer, tel que calculé par Raymond Chabot Grant Thornton pour le compte de QMI.

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