Paniers de basket: la Ville de Québec fait marche arrière

Les jeunes basketteurs de l'arrondissement Charlesbourg pourront continuer... (123RF/kuzma)

Agrandir

Les jeunes basketteurs de l'arrondissement Charlesbourg pourront continuer à pratiquer leur sport favori en utilisant les paniers installé en bordure des rues. Le maire Régis Labeaume, sorti provisoirement de ses vacances, en a fait l'annonce lundi.

123RF/kuzma

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Terminé les menaces d'amendes aux citoyens de Charlesbourg pour un panier de basket installé en bordure de la rue. Le maire Régis Labeaume a interrompu ses vacances pour obliger l'arrondissement à faire marche arrière. À voir la controverse, Québec devrait s'inspirer de la Ville de Beloeil qui a assoupli son règlement avec le projet pilote de jeux libres dans la rue.

Le «basketgate» est chose du passé. La porte-parole de la Ville, Wendy Whittom, a confirmé la demande du maire Labeaume que cesse «la distribution d'accroche-porte» sur lequel les citoyens étaient invités à enlever leur panier sous peine d'amende. 

C'est que l'arrondissement a embauché pendant l'été un inspecteur pour inventorier toutes les nuisances, dont les paniers de basket, avec l'objectif clair de tenir la voie publique libre de tout obstacle. Des citoyens ont alerté Le Soleil pour dénoncer la situation. Plusieurs résidents ont fait connaître leur mécontentement sur les réseaux sociaux. L'affaire s'est rendue aux oreilles du maire, qui y a mis fin.

Cette histoire contraste avec la démarche entreprise par la Ville de Beloeil. Il est maintenant possible de jouer au hockey, au basket, de dessiner sur la chaussée ou de jouer à la marelle dans certaines rues de cette ville de la Vallée-du-Richelieu. Il y en aura 32 à la fin août. L'idée du projet pilote adopté au printemps a germé dans la tête du conseiller municipal Pierre Verret après avoir appris d'un citoyen qu'il avait reçu un avertissement de la police parce que son garçon jouait au hockey dans la rue.

«Il est venu me voir en me disant s'inquiéter que les enfants ne puissent plus jouer dehors», raconte l'élu, qui a proposé un projet basé sur la promotion de l'activité physique et sur l'appropriation des rues par les citoyens.

Avant de se lancer, le conseil municipal a étudié pendant un an les implications légales et sécuritaires d'un tel projet. Par exemple, il a fallu modifier le règlement sur la paix et l'ordre pour prohiber certaines nuisances et intégrer la notion de jeux libres dans la rue. 

«Nous avons aussi travaillé avec le service de police pour établir des critères d'éligibilité», ajoute le conseiller. Ainsi, une rue qui veut obtenir un statut particulier doit avoir un «caractère local». Les rues collectrices, artères ou boulevards sont exclus. Elle doit être sans courbe pour assurer un dégagement visuel, avoir une faible densité de circulation et posséder un éclairage public. Au final, un inspecteur recommande ou non le statut particulier de la rue, qui est autorisé par un comité de circulation.

Volonté citoyenne

M. Verret insiste sur le fait que le processus émane d'une volonté citoyenne. Ce n'est pas la Ville qui décide dans quelles rues les jeux libres seront permis. Les citoyens doivent en faire la demande. Elle doit ensuite obtenir l'approbation des deux tiers des résidents de la rue. «Nous intervenons seulement dans le cas où une rue est refusée parce qu'elle ne répondrait pas aux critères de sélection. Nous pouvons alors proposer une rue avoisinante. Mais celle-ci doit traverser le même processus d'acceptabilité sociale.» 

Le droit de jouer dans la rue vient avec des obligations, ajoute le conseiller. Ainsi, les participants doivent se plier à la plage horaire, de 7h à 21h, indiquée sur l'affichage à l'entrée des rues et ils doivent libérer la rue de tout équipement à la fin du jeu et à l'extérieur de la plage horaire. La Ville a rédigé un code de conduite qui s'appuie sur le «gros bon sens et le bon voisinage», renchérit l'élu.

Et qu'arrive-t-il des enfants qui jouent dans les rues qui n'ont pas le statut de jeux libres? «Le règlement sur la paix et l'ordre s'applique seulement si une plainte est déposée ou qu'il y a un danger pour la sécurité», précise M. Verret.

À ses yeux, le projet s'adapte à toutes les villes, peu importe leur taille. Beloeil a même conçu une trousse pour aider les municipalités qui souhaitent implanter ce projet sur leur territoire. En juin, une citoyenne de Charlesbourg en informait les élus de son arrondissement. Elle ne sait pas si les autorités en ont pris connaissance. Chose certaine, elle compte pousser ce dossier au cours des prochains mois.

Pendant qu'à Québec, des menaces ont été faites... (Tirée de la page Facebook de la Ville de Beloeil) - image 2.0

Agrandir

Pendant qu'à Québec, des menaces ont été faites pour empêcher les enfants de jouer dans la rue, la Ville de Beloeil a adopté des mesures afin de favoriser une coexistence harmonieuse et sécuritaire entre les automobiliste et les jeunes qui veulent profiter des belles journées d'été à l'extérieur. 

Tirée de la page Facebook de la Ville de Beloeil

Une décision qui s'imposait

L'avocat spécialisé en droit municipal, Me François Marchand, soutient que le maire Labeaume n'avait pas le choix d'obliger l'arrondissement de Charlesbourg à faire marche arrière dans le dossier des paniers de basketball.

 «C'était la décision à prendre parce qu'il pouvait y avoir contestation», a-t-il indiqué au Soleil après avoir été mis au fait des développements dans ce dossier.

Dans une lettre ouverte écrite avant la sortie du maire Labeaume qui renverse la décision de l'arrondissement Charlesbourg, le juriste souhaitait clairement plus de discernement de la part des autorités municipales. «On peut comprendre qu'une activité devient une véritable nuisance, et ce, pour des questions de salubrité [et] de sécurité. [...] Or, un panier de basketball sur un terrain privé alors que quelques adolescents s'amusent ne constitue pas une nuisance au sens de la loi ni au sens du gros bon sens», soutient-il, rappelant que les villes ont une certaine discrétion dans l'application de leur réglementation.

Me Marchand dit comprendre que de telles activités doivent être interdites sur les boulevards ou les autoroutes, «mais dans les quartiers résidentiels où les rues sont souvent trop larges et la circulation réduite, on doit au moins tolérer que la rue soit partagée entre les résidents, les véhicules et les enfants qui peuvent en profiter», poursuit-il.

Enfin, il remet en question les véritables motifs de nuisance avancés pour empêcher les jeunes de jouer dans la rue. Selon lui, la majorité des plaignants ne peuvent simplement pas supporter le bruit des enfants qui jouent.

Code de conduite

  • Jeu libre autorisé entre 7h et 21h
  • Vigilance des participants et surveillance des parents obligatoires
  • Courtoisie des participants exigée pour le partage de la chaussée avec les automobiles
  • Obligation de dégager la chaussée à la fin du jeu
  • Obligation de pratiquer le jeu à l'extérieur des zones avec des courbes et des intersections 
  • Obligation de respecter l'expectative raisonnable de quiétude des voisins.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer