Québec s'attaque aux paniers de basketball

Selon Catherine Lefebvre, résidente de la rue Marie-France... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Selon Catherine Lefebvre, résidente de la rue Marie-France dans Charlesbourg, si elle installait le panier de basketball dans sa cour, elle aurait à déplacer les deux voitures dans la rue, qui seraient «bien plus nuisibles qu'un filet de basket d'une hauteur de dix pieds».

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Plusieurs familles de Charlesbourg ont eu toute une surprise au cours de la dernière semaine. Ils ont reçu la visite d'un employé de la Ville de Québec qui leur a servi un avertissement leur demandant de déplacer le panier de basketball qu'ils avaient installé, donnant sur la rue, sous peine de recevoir une amende de 1000$.

L'avis reçu indiquait que le panier contrevenait à l'article 16 du règlement de la Ville de Québec numéro 116 et à l'article 4 du règlement de la Ville de Québec numéro 122 concernant le dépôt de matières ou d'objets obstruant le passage ou nuisant à la visibilité dans une rue, sur un trottoir ou sur une piste cyclable ou cachant un panneau de signalisation, un feu de circulation ou un équipement municipal.

«Je n'y comprends rien, car ça fait quatre ans que nous avons ce panier pour notre adolescent de 13 ans et qu'on n'avait jamais été avertis. Cette année, j'ai compris qu'ils avaient eu de l'argent pour embaucher quelqu'un afin de faire respecter le règlement à Charlesbourg», raconte au Soleil Mme Catherine Lefebvre, résidente de la rue Marie-France.

Nicolas Pelletier, qui habite le même secteur et est père de quatre jeunes garçons, a aussi reçu la visite de l'employé en question. «Nous avons pu parler à la personne qui nous a remis l'avertissement et il nous a dit que la Ville lui avait donné un contrat de dix semaines pour faire le tour des rues de Charlesbourg et remettre de tels avis pour les paniers de basketball qui dépassent dans la rue. La Ville aurait choisi d'agir parce que les objets obstruant le passage seraient la deuxième cause de bris aux camions municipaux, notamment les camions de nettoyage», explique-t-il. 

Laisser jouer les enfants

Tant Mme Lefebvre que M. Pelletier indiquent que les paniers de basketball, souvent remplis d'eau ou de sable et renforcés à l'aide de plaques de ciment pour les stabiliser, ne sont pas faciles à déplacer pour les enfants qui les utilisent et même pour certains adultes.

«Notre anneau dépasse du terrain pour permettre aux enfants de jouer. On tolère le hockey et le basketball dans les rues, alors pourquoi ne pas tolérer un anneau qui dépasse d'un pied?» se demande Nicolas Pelletier.

Catherine Lefebvre, qui estime que son fils utilise le panier au moins deux heures par jour, souligne pour sa part que si elle installait le panier dans sa cour pour être en règle, elle devrait stationner ses deux voitures dans la rue durant la journée. «C'est un peu ridicule. Il me semble que deux voitures dans la rue soient bien plus nuisibles qu'un filet de basket d'une hauteur de dix pieds!»

Nicolas Pelletier indique qu'il s'accommoderait très bien de déplacer le panier s'il recevait un avis à l'approche du passage des camions de nettoyage. «Mais pourquoi empêcher les enfants de jouer tout l'été pour le passage d'un camion de nettoyage deux fois par été? Si on veut que les enfants jouent, il faut leur donner ce dont ils ont besoin!» signale-t-il.

Le père de famille ajoute que ses fils sont un peu inquiets depuis le passage de l'inspecteur de la Ville. «Ils sont un peu en panique, ils nous demandent souvent si on va être obligés de se débarrasser du panier», indique celui qui, comme ses voisins, a l'intention de déplacer à contrecoeur son panier pour éviter une amende salée.

Deux avertissements avant l'amende, jure la Ville

Les familles de Québec qui ont été avisées que leur panier de basketball était non conforme parce qu'il donne sur la rue auront droit à deux avertissements avant de se voir imposer une amende, assure une porte-parole de la Ville de Québec.

«Il y a toujours un premier avis remis sous la forme d'un "accroche-porte" et, si le panier n'est pas déplacé, un second avis par courrier recommandé avant la troisième intervention, qui sera le constat d'infraction», explique Mme Wendy Witthom, du service des communications de la Ville.

Mme Witthom a expliqué au Soleil que le règlement sur les nuisances existait depuis plusieurs années déjà, mais qu'un étudiant avait été embauché cette année par la division des travaux publics de l'arrondissement Charlesbourg avec comme mission de répertorier les éléments potentiels de danger dans les rues. «Les nids-de-poule autant que les trottoirs dangereux et les paniers de basket. L'idée est de tenir la voie publique libre de tout obstacle.»

La porte-parole de la Ville ajoute qu'ailleurs à Québec, le règlement est appliqué en fonction des plaintes qui sont souvent déposées par des cols bleus. «Et encore là, le même principe des deux avertissements s'applique avant le constat d'infraction», conclut-elle.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer