Une façade qui fait pop! sur Saint-Joseph

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(Québec) Après avoir été barricadée durant des semaines derrière des panneaux étanches, la façade du 802, rue Saint-Joseph Est a été dévoilée mardi matin. La bâtisse qui date des années 1840, propriété de GM Développement, a reçu un lifting de 1,4 million $ et accueillera cet automne La Champagnerie, un resto-bar à bulles.

Jean Campeau, promoteur et copropriétaire de GM Développement, se réjouit de voir arriver ce nouveau locataire et dit avoir procédé à la rénovation de l'édifice à l'abandon pour «continuer la revitalisation et le succès de la rue».

Valentin van Beek, copropriétaire de La Champagnerie, était présent avec femme et enfants pour découvrir l'écrin du futur resto-bar effervescent, une deuxième adresse après celle du Vieux-Montréal. Arrivé au Québec il y a 17 ans, ce Marocain d'origine explique avoir vu la restauration se développer dans la métropole les 10 dernières années et a senti que la capitale était prête pour ce genre d'offre un peu plus «cocktail» et «nocturne». Il a jeté son dévolu sur le quartier Saint-Roch parce que «le Vieux-Québec était trop calme et la Grande Allée était trop... Grande Allée».

Le même édifice, en 2008... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 2.0

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Le même édifice, en 2008

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Démocratiser les bulles

Il ne voit pas d'arrogance ni d'ironie dans le fait d'ouvrir une Champagnerie dans un secteur qui n'a pas toujours brillé. «Ça va très bien avec le concept qui est de démocratiser les bulles, de les faire découvrir, de les rendre accessibles à monsieur, madame Tout-le-monde», insiste M. van Beek en soulignant vendre des verres à partir de 6 ou 7 $ selon les arrivages au resto-bar de Montréal. Sur place, les gens pourront aussi apprendre à sabrer le champagne. «On veut faire vivre des expériences.» L'établissement, qui occupera le rez-de-chaussée et la mezzanine de l'édifice de la rue Saint-Joseph, embauchera une vingtaine d'employés.

M. van Beek, qui a une «bonne chimie» avec Jean Campeau, a salué les travaux de rénovation mardi. «J'aime le mariage de l'ancien et du nouveau.»

L'architecte Pierre-André Marquis, qui a signé plusieurs rénovations de bâtiment avec GM dans le quartier, indique que le défi a été de solidifier la structure, comme beaucoup d'ouvertures ont été modifiées dans le passé. Des vieilles pierres de l'intérieur ont aussi servi à la restauration de l'ancienne maçonnerie à l'extérieur.

L'édifice classé patrimonial est coiffé d'une nouvelle toiture en tôle à baguettes, mais la Ville a permis d'intégrer «des petits clins d'oeil contemporains», glisse M. Marquis en pointant les fenêtres sans carreaux et la porte moderne au cadrage noir.

Le promoteur et copropriétaire de GM Développement, Jean... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 4.0

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Le promoteur et copropriétaire de GM Développement, Jean Campeau, accompagné de Martine Lachance, petite-fille d'Omer Rousseau qui a tenu une bijouterie durant 60 ans à cet emplacement.

Le Soleil, Patrice Laroche

Une pensée pour Omer Rousseau

Martine Lachance se rappelle que son grand-père Omer Rousseau servait un verre de champagne à tous ses petits-enfants, jeunes et moins jeunes, à Noël. Celui qui a été bijoutier durant 60 ans au 46 ½, rue Saint-Joseph Est, aujourd'hui le 802, serait heureux d'apprendre qu'une Champagnerie s'installera dans la bâtisse tout juste rénovée.

Mme Lachance, qui a travaillé à la bijouterie familiale, avait apporté un album photos rempli de souvenirs mardi matin au dévoilement de la nouvelle façade. C'est en fait son arrière-grand-père Alphonse Rousseau, un ancien chauffeur de train, qui avait acheté l'édifice en 1915 pour y vendre tabac et bonbons. Plus tard, son fils Omer a racheté le fonds de commerce et changé la vocation. À travers une série de photos, on voit notamment la bijouterie à l'époque du Mail Saint-Roch, les murs couverts de tapis shag orange, se souvient en souriant Mme Lachance.

Elle raconte que l'histoire a toutefois pris une tournure tragique en 1982. Alors qu'Omer Rousseau, plus de 80 ans, travaillait toujours à son magasin, il a été battu sauvagement par un ex-détenu entré pour commettre un vol. Son grand-père est décédé quelques jours plus tard. 

Les futurs clients de La Champagnerie pourront lever un verre à sa mémoire.

Martine Lachance et ses proches, qui sont restés attachés à l'édifice, se réjouissent du coup de jeunesse apporté, mais aussi de la porte principale qui a retrouvé sa place en coin et des vieilles pierres qui ont été conservées. 

Le bâtiment, qui a accueilli un temps une nouvelle tabagie, était à l'abandon depuis plusieurs années. 

CITATION

«On a eu peur des marginaux pendant des années, mais avec la revitalisation du quartier Saint-Roch, on réalise que tranquillement la mixité se fait. J'y ai toujours cru. Et on arrive aujourd'hui avec un concept de champagnerie à côté d'une soupe populaire, c'est un beau défi! » - Michel Godin, ancien directeur du Café rencontre la soupe populaire, situé dans l'édifice voisin

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