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Le Dauphin, voisin turbulent d'une auberge de jeunesse

Les clients de l'auberge de jeunesse La Belle... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Les clients de l'auberge de jeunesse La Belle planète ont émis de nombreuses plaintes liées au tapage du bar Le Dauphin.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Batailles à répétition, bris sur des autos, de l'urine sur les façades des commerces, et surtout du bruit excessif. Le propriétaire de l'auberge de jeunesse La Belle planète, rue Saint-Joseph dans Saint-Roch, en a marre de la turbulente clientèle de son voisin d'en face, le bar Le Dauphin. À tel point qu'il a décidé de quitter la basse ville.

«Je vais crisser mon camp parce que je ne veux plus rien savoir.» L'exaspération transperce la voix de Pierre Bellavance. «Pourtant, je suis capable d'en prendre, mais ça a dépassé les limites», explique celui qui a géré pendant 15 ans un commerce similaire à Montréal avant d'ouvrir ses portes il y a 10 ans à Québec.

«Vendredi, ça se battait à coup de bicyclette. Je n'avais jamais vu ça», lance-t-il sur un ton qui oscille entre le rire et le découragement. C'est à ce moment qu'il se lance dans une nomenclature de tous les événements auxquels il assiste les nuits où il est surveillant de l'auberge de 48 lits.

Une fois, un client est sorti en sautant sur des voitures stationnées. Une autre nuit, ce sont des clients qui sautent dans la rue devant un taxi pour l'obliger à s'immobiliser. Sans compter les nombreux autres qui urinent à l'extérieur sur les façades des autres commerces.

«Les soirs de karaoké, les clients sortent dehors et se mettent à chanter à tue-tête pour se pratiquer. Quand ce n'est pas ça, c'est une chicane de couple ou des batailles», énumère-t-il.

«Je ne veux pas que le bar ferme, ajoute-t-il. Je veux juste qu'il cesse de faire autant de bruit. Je pense que le propriétaire fait son possible, mais ce n'est pas assez. Encore ce matin [jeudi], j'ai un client qui a décidé de ne pas passer la prochaine nuit ici à cause du bruit de la nuit dernière. Mes clients se plaignent souvent.»

Accepter l'inacceptable

Il ne compte plus les fois où il a appelé la police. Depuis le temps, il aurait aimé que la situation cesse. Il a le sentiment que le dossier du bar Le Dauphin n'est pas prioritaire à cause de son emplacement.

«Je ne suis pas le seul à souffrir du bruit. Des locataires de la coop voisine le subissent aussi. Mais j'ai l'impression que les gens ont peur de parler. Moi, je pense qu'on est rendu à accepter l'inacceptable parce que c'est dans Saint-Roch. Je ne suis pas sûr que la police se rendrait aussi souvent que ça dans la rue du maire Labeaume avant de faire quelque chose.»

M. Bellavance a pris la décision de vendre son immeuble devant autant d'incivilités et l'inaction policière, soutient-il. «Il faut arrêter de pelleter par en avant. Si la police vient 140 fois, je ne peux pas croire qu'aucun ticket de bruit n'a été émis.»

À ce sujet, l'agent Étienne Doyon confirme que les patrouilleurs ont reçu 19 appels pour diverses incivilités en 2016. L'an passé, il y en a eu 30 contre 33 en 2014 et 32 en 2013. Les plaintes sont diverses : voies de fait, méfait, assistance aux ambulanciers, désordre.

Parallèlement, M. Bellavance a entamé des démarches judiciaires pour obliger la Ville de Québec à agir dans le dossier. Il trouve inacceptable pour l'image du quartier que la situation ne change pas depuis des années. Un quartier où «on injecte des millions de dollars».

Aucun dossier à la Régie

En 2013, la police de Québec expliquait au Soleil que les bars problématiques faisaient l'objet d'une attention particulière. Les interventions policières sont soigneusement compilées. L'information est ensuite transmise à la Régie des alcools, des courses et de jeux, qui a le pouvoir de convoquer le propriétaire d'un établissement et, s'il enfreint ses obligations, il peut se voir retirer son permis d'alcool pendant une période déterminée.

L'Autre zone sur la 3e Avenue, maintenant Le Sinatra, avait perdu son permis pendant 35 jours en 2013. Le Dagobert, sur Grande Allée, avait vu son permis suspendu pendant 24 jours en 2014. Jeudi, la police ne pouvait confirmer au Soleil qu'elle soumettrait un dossier à la RAJC. La Régie confirme qu'aucun dossier ne lui a été transmis.

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