Campagne pour reconstruire le «cube blanc»

Installée sur la place de Paris, l'oeuvre Dialogue... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Installée sur la place de Paris, l'oeuvre Dialogue avec l'histoire a été démolie en juin dernier au grand désarroi de l'artiste, Jean-Pierre Raynaud.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Un an presque jour pour jour après la démolition de l'oeuvre Dialogue avec l'histoire par la Ville de Québec, un mouvement se met en branle afin de reconstruire presque à l'identique le controversé monument de Jean-Pierre Raynaud, mais cette fois, près du Musée national des beaux-arts.

L'oeuvre de Jean-Pierre Raynaud Dialogue avec l'histoire, démolie le... (Photothèque Le Soleil) - image 1.0

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L'oeuvre de Jean-Pierre Raynaud Dialogue avec l'histoire, démolie le 17 juin 2015.

Photothèque Le Soleil

En entrevue au Soleil, l'instigateur du projet, François Leduc, un avocat spécialisé en droit du travail et grand amoureux d'art contemporain, explique que sa démarche, «gratuite et désintéressée», vise essentiellement une «réhabilitation» de cette sculpture monolithique faite de marbre blanc.

Le monument de 6,5 mètres, offert à Québec par le président français Jacques Chirac, en 1987, est tombé sous le pic des démolisseurs, le 17 juin 2015, à la place de Paris, dans le Vieux-Port. Il avait été jugé non sécuritaire et irrécupérable par la Ville, qui s'appuyait sur l'avis du Centre de conservation du Québec.

À l'époque, le maire Labeaume avait promis à son homologue parisienne Anne Hidalgo qu'il serait reconstruit au même endroit, une promesse abandonnée depuis.

La décision de faire disparaître le monument, de surcroît laissé sans entretien au fil des ans, scandalise Me Leduc. «On ne peut pas détruire l'oeuvre d'un artiste sans son consentement. Il s'agit d'un droit moral et de propriété. C'était peut-être une oeuvre mal-aimée, mais on a agi de façon sauvage. C'est indigne de notre statut de capitale internationale», s'indique-t-il, faisant écho à la lettre ouverte publiée dans Le Soleil, en fin de semaine, signée par un groupe d'artistes en arts visuels et d'architectes qui dénonçaient en choeur ce geste «désobligeant et scandaleux».

D'où l'idée de ressusciter une nouvelle version de Dialogue avec l'histoire grâce à une campagne de financement de 125 000 $ auprès des gens d'affaires, artistes et mécènes de la capitale, «tous amoureux de l'art contemporain et de l'art en général», pour financer les coûts de reconstruction. «L'objectif n'est pas de relancer une controverse, c'est du passé, mais de réhabiliter l'oeuvre».

Le principal intéressé, l'artiste français Jean-Pierre Raynaud, 77 ans, est associé étroitement à la démarche. Il est prêt à céder tous les droits sur son oeuvre et à ne pas être rémunéré de manière à permettre sa résurrection possible, «dans un format plus petit». La sculpture avait coûté 168 000 $ à l'époque. Selon l'avocat, elle vaudrait plus d'un demi-million sur le marché de l'art aujourd'hui.

«J'ai eu l'occasion d'échanger avec lui, mentionne Me Leduc. Je ne sens pas d'aigreur ou d'amertume dans ses propos. Il a écarté l'idée d'un recours devant les tribunaux et est d'accord avec une relocalisation de son oeuvre et de la donner au Musée des beaux-arts.»

Paradoxe artistique

Me Leduc trouve d'ailleurs plutôt «paradoxal» que la Ville s'apprête à inaugurer le pavillon Lassonde, au MNBAQ, qui accueillera des sculptures d'art contemporain, alors qu'elle n'a pas été en mesure de protéger et conserver la seule qu'elle possédait sur son territoire. «Il n'y a pas une seule capitale digne de ce nom qui ne cherche pas à se mettre en valeur par la présence d'oeuvres d'art d'envergure. C'est une marque de commerce fantastique.»

Même si sa démarche est à l'étape embryonnaire, l'avocat mentionne avoir reçu «beaucoup» de réactions et de «bons feedback», mais n'est pas encore «prêt à divulguer des noms». Me Leduc a fait connaître son projet à la conservatrice de l'art contemporain du MNBAQ, Ève-Lyne Beaudry, sans toutefois obtenir de réponse de sa part.

Me Leduc croit que le MNBAQ est l'institution la plus mieux placée pour assurer la préservation de l'oeuvre. «C'est dans sa mission. L'oeuvre se retrouverait dans un environnement mieux adapté et plus accueillant, où elle susciterait une adhésion plus naturelle.»

La Ville pas impliquée

La Ville n'a toutefois pas été mise dans le coup. «On connaît leur position. Ça ne servirait à rien de tourner le fer dans la plaie.» Mais, ajoute Me Leduc, «il pourrait être pertinent qu'elle soit impliquée, non financièrement, mais moralement, ce qui pourrait réparer le préjudice subi par Jean-Pierre Raynaud. Qui sait si je ne pourrais pas convaincre le maire Labeaume de reconsidérer sa décision.»

«C'est une démarche de longue haleine, convient-il, initiée avec mes propres moyens. J'ai bien l'intention d'être le leader de ce dossier le plus longtemps possible.»

Il a été impossible de joindre mardi l'artiste Jean-Pierre Raynaud, qui n'a pas répondu à notre courriel.

Mme Beaudry n'a pas non plus donné suite à notre demande d'entrevue.

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