Pitbulls: «c'est la folie totale»

Certains manifestants présents à la manifestation de samedi... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Certains manifestants présents à la manifestation de samedi n'ont pas mâché leurs mots, qualifiant le nouveau règlement de génocide canin.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Avec Montréal qui s'est ajoutée à la liste samedi, trois villes du Québec ont annoncé cette semaine qu'elles allaient dorénavant interdire les pitbulls sur leurs territoires. «Ça n'a aucun sens, c'est la folie totale», déplore Johanne Tassé, fondatrice des Centres d'adoption d'animaux de compagnie du Québec.

Mme Tassé a l'impression d'assister à une vaste récupération politique des tristes événements survenus le 8 juin à Pointe-aux-Trembles, où Christiane Vadnais, une femme de 55 ans, est morte à la suite d'une attaque de pitbull. «C'est facile pour les politiciens de se faire du capital politique là-dessus», a-t-elle affirmé au Soleil samedi. «Pour eux, c'est un no brainer, les élections [municipales] s'en viennent en 2017.»

Cette dernière assure ne pas être insensible devant ce drame, mais estime que la province est depuis plongée dans une hystérie collective. «Tu ne peux pas ne pas être troublé par ce qui s'est passé. Mais je veux regarder le rationnel [et non l'émotif]», a-t-elle plaidé.

Selon elle, aucune réglementation annoncée cette semaine ne viendra régler le problème des chiens dangereux susceptibles d'attaquer. Aux maires de Québec, de Montréal et de Brossard ainsi qu'au gouvernement provincial qui mettra sur pied un comité de travail, Mme Tassé pose la question suivante: «Est-ce qu'on veut réduire les incidences de morsure ou on veut se débarrasser des pitbulls?» Elle invite les municipalités à méditer sur cette question et à «retourner à leurs tables de travail».

Cette autodidacte de la cause canine dit oeuvrer dans le domaine depuis dix ans et participe à de nombreuses conférences afin de dénicher «les meilleures pratiques en Amérique du Nord». Ses observations lui font croire qu'il faut davantage regarder du côté des propriétaires de chiens pour éviter de nouvelles tragédies.

Elle cite une étude réalisée en 2006 par l'Université de Cincinnati en collaboration avec des centres hospitaliers de l'État de l'Ohio, aux États-Unis. Les résultats y démontrent que la majorité des propriétaires de chiens jugés à haut risque avaient déjà comparu pour des infractions criminelles dans le passé. Elle croit que le parallèle peut être fait avec les attaques répertoriées au Québec.

À Brossard, l'an dernier, une fillette avait été attaquée par un pitbull. «Son propriétaire avait un casier judiciaire», a fait remarquer Mme Tassé. Elle a également évoqué l'attaque d'un pitbull à Québec, en 2012, durant laquelle l'animal s'en est pris à son propre maître. «On a su qu'il avait été dressé pour être agressif et qu'il participait à des combats de chiens illégaux.» Le chien qui a sévi à Pointe-aux-Trembles la semaine dernière avait déjà mordu deux fois avant l'attaque fatale contre une citoyenne innocente.

Évaluation sans égard au type de chien

Mme Tassé propose donc de mettre en place une évaluation canine sans égard au type de chien. Pour elle, un comportement déviant demeure un comportement déviant, peu importe qu'il s'agisse d'un chihuahua, d'un rottweiler ou d'un pitbull. Dans le meilleur des mondes, elle croit que chaque SPA devrait avoir un évaluateur canin qui ne tiendrait pas compte des races dans l'analyse du comportement de l'animal. Les propriétaires auraient quant à eux le fardeau de prouver qu'ils peuvent s'occuper de leur animal et de suivre des cours si nécessaire.

Johanne Tassé fait par ailleurs une différence entre euthanasie et mise à mort d'un chien. Dans le cas d'un chien qui «n'a jamais causé de problème», elle voit la piqûre comme une mise à mort. «Une euthanasie, c'est quand il n'y a pas de qualité de vie. Si le gouvernement impose [une interdiction] ou si les Villes veulent l'imposer, là tu demandes aux SPA, dont la job est de protéger des animaux, de tuer des chiens qui n'ont rien fait.»

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