Quatre projets signés Lamontagne

Océan de béton pour la Saint-Charles (Archives Le Soleil)

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Valérie Gaudreau
Le Soleil

(Québec) Océan de béton pour la Saint-Charles

1  Le béton de la rivière Saint-Charles n'aura pas duré longtemps. L'administration de Jean-Paul L'Allier a tôt fait de le faire disparaître pour restaurer les berges de la rivière au milieu des années 90, à peine 25 ans après l'inauguration en grande pompe de la Saint-Charles assainie. Mauvaise idée, cet océan de béton autour de la rivière? Pas si on se replace à l'époque où la Saint-Charles était un dépotoir à ciel ouvert. Son assainissement était «l'article numéro un» du programme du parti Progrès civique, explique l'historien Réjean Lemoine. «On voulait faire les berges de la Seine de Paris à Québec. Ils se sont dit : "On va bétonner pour enlever la cochonnerie et les rats."» Même si elle manquait résolument de naturel, la Saint-Charles version Lamontagne a été redonnée aux citoyens. Une fois les travaux passés, le maire y permet d'ailleurs le patin. Gilles Lamontagne, c'est aussi l'aménagement du parc Cartier-Brébeuf et l'installation d'une réplique du navire de Jacques Cartier, la Grande Hermine, un attrait du secteur jusqu'en 2010.

Les HLM première vague

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Les tours Bardy, aujourd'hui appelées Les Appartements Saint-Pie-X.

Le Soleil, Patrice Laroche

2  Dans les années 60, les problèmes de logements sont criants à Québec. L'administration Lamontagne veut éliminer les immeubles qualifiés de «taudis» du centre-ville. La solution? Des complexes d'habitation à loyer modique (HLM) dont le premier et plus imposant sont les Tours Bardy, aujourd'hui appelées Les Appartements Saint-Pie-X. Le projet, encore habité aujourd'hui, compte 446 logements répartis dans 25 immeubles, dont deux tours. Ils accueillent 1700 personnes. Un type d'habitation contesté de nos jours alors que la tendance est à la mixité et à une meilleure répartition des logements sociaux sur le territoire. «Aujourd'hui, on considère que ce n'est pas un bon coup», note l'historien Réjean Lemoine, qui retient aussi l'imposante architecture de ces HLM. Outre celui de Bardy, il cite l'immeuble de logements à l'angle du boulevard Wilfrid-Hamel et de la rue Marie-de-l'Incarnation et celui du 990, avenue Bourlamaque tous construits au début des années 70. «C'était la première vague des HLM. Des constructions qui ont changé le paysage. C'est ce qui reste encore de plus visible de l'époque de Lamontagne», dit M. Lemoine.

La colline parlementaire

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3  Impossible de passer sous silence la colline parlementaire comme secteur de la ville le plus transformé par les années Lamontagne. Les complexes G et H, baptisé «le bunker», Place Québec : autant de mégachantiers qui ont changé la haute ville à jamais. Au coeur du projet : l'autoroute Dufferin-Montmorency, dont la construction, dans les années 70, a obligé l'expropriation de centaines de logements dans Saint-Roch et Saint-Jean-­Baptiste. Ces grands projets bétonnés étaient majoritairement ceux du gouvernement du Québec, en plein essor. Mais à Québec, il fallait un maire prêt à plonger, dit l'historien Réjean Lemoine. «Le gouvernement pouvait bien vouloir faire des choses, la Ville ne faisait rien. Le maire Wilfrid Hamel ne voulait rien savoir», note celui selon qui tout a changé avec l'arrivée au pouvoir de Gilles Lamontagne et de sa jeune équipe à partir de 1965. «Là, c'était sky is the limit», illustre M. Lemoine à propos du bouillonnement de la Révolution tranquille. «Il ne manquait pas d'argent pour le développement, c'était loin d'être l'austérité!»

Le Mail Saint-Roch

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Le Mail Saint-Roch

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4  Il est facile avec le recul de critiquer l'idée de construire un toit sur la rue Saint-Joseph pour en faire le Mail Saint-Roch. Mais à son inauguration en 1974, «la plus longue rue couverte en Amérique du Nord» se voulait une réplique à l'essor des centres commerciaux de banlieue, qui menaçaient de plus en plus la vitalité économique du ­centre-ville. C'est en tous cas l'idée qui a motivé l'administration de Gilles Lamontagne. À l'extrémité ouest du mail, où le couvent des Soeurs de la congrégation Notre-Dame a été démoli, on construit un hôtel de 18 étages. «La chaîne américaine Holiday Inn vient s'installer, à l'instigation du maire», note Réjean Lemoine dans son livre Les maires de Québec depuis 1833. L'hôtel, aujourd'hui sous la bannière PUR, est toujours là. Mais devant l'échec du projet et le déclin du Mail Centre-ville, le toit sera démoli dans une première phase à la fin des années 90. Le coup de grâce est donné lorsque les pics des démolisseurs s'attaquent à la phase finale en 2007.

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