La communauté LGBT de Québec ébranlée

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Dimanche soir, un rassemblement organisé par un citoyen a eu lieu devant Le Drague, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, en mémoire des victimes. Environ 75 personnes ont participé à la vigile.

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(Québec) «C'est un geste assez gratuit!» Le directeur des opérations au Drague Cabaret Club à Québec est bouleversé par la tuerie survenue dans un bar gai d'Orlando, en Floride. Pour rendre hommage aux victimes, la communauté LGBT de Québec s'est d'ailleurs rassemblée dimanche soir devant le bar.

Dans la nuit de samedi à dimanche, les États-Unis ont vécu la pire fusillade de masse de leur histoire. Le tireur, abattu par la police, Omar Seddique Mateen, serait entré dans l'établissement, le Club Pulse d'Orlando, et aurait ouvert le feu sur les fêtards. Le dernier bilan fait état de 50 morts et de 53 blessés.

Pour l'heure, rien n'indique hors de tout doute que le suspect ciblait particulièrement la communauté LGBT (lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre). Une enquête est en cours pour connaître les motifs exacts du tireur. Toutefois, selon le père d'Omar Mateen, son fils aurait il y a quelques mois été choqué lorsqu'il a vu deux hommes s'embrasser à Miami, a-t-il commenté à NBC News.

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«En tant que communauté, on doit se rassembler et se serrer les coudes», souligne Michel Hébert, organisateur de la vigile.

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«Oui», il y a encore de la violence envers la communauté LGBT en 2016, déplore le directeur du bar, Jean-Philippe Blondeau, ne cachant pas vivre avec une petite crainte qu'un événement du genre se produise un jour dans la capitale.

«On reste toujours surpris, même si ce sont des choses qu'on peut appréhender. [...] Lorsqu'on voit ça ailleurs dans le monde, c'est certain qu'on y pense et on en discute. Dire le contraire serait mentir. Selon moi, le risque zéro là-dessus n'existe pas. Mais de là à dire qu'il faut avoir peur, je crois qu'il ne faut pas céder à ça. [...] On ne doit pas vivre dans une crainte permanente», poursuit-il.

Parfois des insultes

Oeuvrant au Drague depuis 18 ans, M. Blondeau indique au Soleil n'avoir été témoin d'aucun geste violent à caractère homophobe à l'intérieur de l'établissement réservé aux personnes de 18 ans et plus. Il souligne toutefois qu'entre «une et deux» fois par année, des gens se font encore insulter verbalement par des passants lorsqu'ils sont sur la terrasse.

Selon le dg, la communauté LGBT est certes plus acceptée dans la société qu'il y a 30 ans, mais il reste encore beaucoup de travail à faire.

«Dans ce cas-ci, on parle d'extrémistes. Ce sont des gens qu'on ne réussit pas à atteindre jusqu'à maintenant. Peut-être qu'il n'y a pas assez d'efforts de prévention ou d'éducation», affirme-t-il.

Vigile

Dimanche soir, un rassemblement organisé par un citoyen a eu lieu devant Le Drague, sur la rue Saint-Augustin, en haute ville, en mémoire des victimes. Environ 75 personnes ont participé à la vigile. 

L'ambiance n'était pas à la fête. Bougie à la main, plusieurs n'ont pas hésité à qualifier «d'acte barbare» la fusillade d'Orlando. 

«Tous nos amis américains qui étaient présents étaient juste là pour faire ce qu'on fait au Drague chaque soir. C'est-à-dire voir des spectacles de drag queens, danser et s'amuser. Ils ne s'attendaient pas à être attaqués pour ce qu'ils sont», déplore Michel Hubert, organisateur de l'événement. «En tant que communauté, on doit se rassembler et se serrer les coudes.»

«La lutte continue»

Pour l'Alliance Arc-en-ciel Québec, qui vise notamment à combattre l'homophobie, la fusillade d'Orlando est une situation «déplorable» et «très triste». 

«Dans des pays industrialisés comme le Canada et les États-Unis, on ne s'attend pas à voir des gestes comme ça qui sont posés envers la communauté LGBT. Ça démontre que la lutte continue et qu'aujourd'hui, il y a toujours de la discrimination. Parfois, ce sont des insultes, parfois des gestes physiques et, en ce moment, cela a été une catastrophe meurtrière», affirme Dave Tremblay, membre du conseil d'administration de l'organisme.

Tout comme le directeur du Drague, le porte-parole de l'Alliance Arc-en-ciel Québec est d'avis qu'il reste encore beaucoup de chemin à faire afin que la communauté LGBT soit pleinement acceptée dans la société.

D'autres rassemblements pour honorer la mémoire des victimes ont eu lieu dimanche, notamment à Montréal.

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