«Mise à mort» d'Expo Québec

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a évoqué... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Le maire de Québec, Régis Labeaume, a évoqué plusieurs raisons pour suspendre Expo Québec, comme les nombreux chantiers de construction et de démolition sur les terrains d'ExpoCité.

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(Québec) «Trois jours, OK, trois mois, c'est encore possible, mais après trois ans, il n'y aura plus grand-chose à ressusciter.» Selon le conseiller de l'opposition Yvon Bussières, la Ville de Québec ne signe ni plus ni moins que l'arrêt de mort d'Expo Québec en renonçant à relancer l'événement pendant un minimum de trois ans.

Estomaqué, M. Bussières parle d'un «enterrement de première classe». «Le maire décide d'enterrer ça pour trois ans. Moi j'ai l'impression que c'est la mise à mort», a-t-il lancé samedi en entrevue au Soleil.

Le conseiller de Démocratie Québec réagissait ainsi aux propos de Régis Labeaume, qui, depuis Winnipeg, a affirmé dans le Journal de Québec de samedi que son administration renonçait à relancer Expo Québec en 2016, 2017 et 2018. 

«On suspend tout le processus. On voulait faire plaisir au monde, mais ce n'était pas logique. On a forcé la nature pour rien. On a trop étiré la sauce», a affirmé le maire de Québec en marge du congrès annuel de la Fédération canadienne des municipalités. La décision aurait été prise au terme d'une conférence téléphonique entre le premier magistrat et le comité exécutif de la Ville, vendredi matin. 

M. Labeaume a évoqué plusieurs raisons pour expliquer sa position, à commencer par les nombreux chantiers de construction et de démolition sur les terrains d'ExpoCité dans les prochains mois. La Ville prévoit notamment de démolir l'Espace K et d'entamer les travaux de la future place Jean-Béliveau.

Le maire ajoute dans sa sortie qu'il est réticent à envisager autre chose qu'une fête foraine pour Expo Québec. «Quand on sonde les gens, Expo Québec, ça veut dire : manèges. Or, quand on a fait l'appel de propositions, il n'y a eu personne qui voulait vraiment faire une fête foraine.» La Ville est disposée à louer ses terrains à un promoteur privé, mais écarte toute possibilité de partenariat pour le moment.

Manque de vision

M. Bussières s'est dit consterné par le «manque de vision et de transparence» de l'administration Labeaume dans le dossier d'Expo Québec. Selon lui, l'équipe du maire «a lancé la serviette». Il est convaincu que la Ville a échappé le ballon dès 2012 lorsqu'elle a fait une croix sur le volet agricole assuré par la présentation de l'exposition annuelle provinciale. «Avant de briser ce qui était une activité centenaire, il aurait dû y avoir un plan B.»

Démocratie Québec soutient que le virage tenté par la Ville pour Expo Québec est un «échec». «Ils ont abandonné le volet agricole et c'est en déclin depuis ce temps-là», a poursuivi M. Bussières. Le conseiller de Saint-Sacrement aurait aimé que l'administration laisse place «à l'agriculture urbaine», question de conserver l'esprit de l'événement tout en ajoutant une touche de modernisme. 

La Ville de Québec avait confirmé cet hiver qu'il n'y aurait pas d'Expo en 2016, une première en 105 ans, et avait annoncé que deux groupes avaient été retenus en prévision de la relance en 2017.

Le producteur Olivier Dufour, choisi avec son consortium (dont fait partie Attraction Media, Cossette, Projet Y et Relèvénement) pour présider le comité aux côtés de Gestev, a déploré dans nos pages plus tôt cette semaine n'avoir aucune nouvelle de la Ville de Québec dans ce dossier. «Je n'ai pas de nouvelles de la Ville, rien. J'ai beaucoup de difficulté à comprendre. Je suis comme un peu désabusé», avait-il dit, songeant à jeter l'éponge. Il n'aura vraisemblablement pas à le faire. 

M. Dufour, Gestev et le cabinet du maire de Québec n'ont pu être joints samedi.

Le Soleil a par ailleurs constaté que les pouvoirs d'ExpoCité ont tous été rapatriés à la Direction générale de la Ville. «Le directeur général rapatrie sous sa responsabilité ExpoCité, qui relevait précédemment de la Direction générale adjointe à l'animation culturelle, sociale et touristique», peut-on lire dans un sommaire décisionnel daté du 1er juin. Le transfert a été recommandé par le comité exécutif et implique également un transfert budgétaire par le Service des finances. Le Soleil n'a pu obtenir de plus amples explications sur ce qui a pu mener à cette décision, samedi.

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