La rencontre: la parole aux «experts»

Les artistes Cooke-Sasseville ont dévoilé jeudi la maquette... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Les artistes Cooke-Sasseville ont dévoilé jeudi la maquette de l'oeuvre d'art public qui sera installé devant l'amphithéâtre en 2017.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) L'artiste Florent Cousineau se souvient très bien de Jean-François Cooke et de Pierre Sasseville au tournant du siècle. «Je leur ai donné un coup de main pour dénicher leur premier atelier en 2000. Ils venaient de terminer leur maîtrise en arts visuels, ils voulaient foncer. Je les ai trouvé sympathiques au boutte», lance ce vétéran de l'art public à Québec.

Impliqué dans mille projets d'intégration de l'art à l'architecture, M. Cousineau n'a que des éloges pour l'oeuvre La rencontre, qui a mis le nom de Cooke-Sasseville sur toutes les lèvres depuis son dévoilement jeudi.

«C'est un petit bonheur de voir une oeuvre aussi majestueuse donner une réponse au gigantisme de l'amphithéâtre», illustre d'entrée de jeu celui qui participe à des concours d'art public où il est d'ailleurs régulièrement en compétition avec Cooke-Sasseville. 

«Ça les représente bien. Ils sont rendus là», poursuit Florent Cousineau. La rencontre est une oeuvre de 11 mètres montrant deux jeunes cerfs de Virginie en bronze sur un socle de béton. La sculpture monumentale au budget de 1,12 million $ sera installée à la place Jean-Béliveau devant le Centre Vidéotron à l'été 2017. «Elle va être adoptée très vite avec son côté ludique. Le lien sera très fort avec les animaux, les enfants», poursuit Florent Cousineau.

L'audacieux blanc pour le socle, le béton et un des deux chevreuils nécessitera toutefois de l'entretien, note-t-il. «La Ville aura un travail à faire pour l'entretien de ce béton. La Ville a un programme d'art public, mais l'entretien aussi est important», souligne M. Cousineau, qui, ironiquement, a aussi une oeuvre baptisée La rencontre, inaugurée dans Charlesbourg en septembre.

  • Une réaction... sur la réaction
«C'est comme me montrer une photo de Jedi et me demander comment j'ai trouvé le prochain Star Wars. Il faut que je voie le film!» lance le directeur de l'École d'art de l'Université Laval. Non sans une pointe d'humour, Jocelyn Robert préfère pour sa part attendre avant de commenter l'oeuvre de Cooke-Sasseville. Trop grosse pour être jugée sur papier ou en rendu 3D, estime-t-il. Une oeuvre d'art public, dit M. Robert, se révèle réellement une fois construite, en fonction de son échelle, de la place qu'elle occupe dans son environnement, des matériaux. Mais s'il y a une chose qui réjouit Jocelyn Robert est surtout le fait que cette oeuvre d'art fait jaser. «Ma première réaction a été sur la réaction», lance-t-il. «Voir à quel point les gens sont passionnés pour ou contre, ça révèle à quel point l'art dans l'espace public est un sujet actuel qui préoccupe tout le monde, autant les spécialistes que les citoyens», dit-il. Qu'un imposant concours national d'art public comme celui remporté par Cooke-Sasseville intéresse autant le grand public permet, estime l'artiste et directeur, de faire comprendre la complexité de l'art public, le nombre d'intervenants impliqués. «Et ça, c'est drôlement intéressant», dit-il.

  • Inscrite dans l'histoire
C'est clair, l'historien Michel Lessard a craqué pour la proposition artistique de Cooke-Sasseville. «Il faut féliciter les artistes pour une telle inventivité et saluer les membres du jury, pour leur choix. Ce jeu d'un jeune cerf en équilibre sur son reflet bien marqué par des patines différentes de bronze doré et blanc, un matériau d'éternité, nous rappelle la cadence climatique de nos étés et de nos hivers», écrit-il dans une lettre ouverte envoyée au Soleil. Convaincu que «ce monument deviendra une puissante icône de Québec au niveau international», M. Lessard estime que les deux chevreuils qui se font face représentent l'unité «entre les générations, entre les nations et  les membres de la francophonie nord-américaine, le rôle majeur de notre capitale nationale».

  • Lecteurs divisés
Depuis son dévoilement, La rencontre s'est attirée des éloges, mais aussi des critiques. «Faire jaser», là était justement le souhait du maire de Québec, Régis Labeaume, qui a dit jeudi aimer l'oeuvre, même s'il admet avoir été étonné. Sur les réseaux sociaux, on peut dire littéralement tout et son contraire. Si plusieurs soulignent l'originale et l'audace de l'oeuvre, certains se demandent le lien avec l'amphithéâtre. D'autres ont tôt fait de qualifier les cerfs de «Bambi», en allusion au film de Disney. À la question du jour sur le site du Soleil, les lecteurs sont divisés alors que dans les 950 répondants en début de soirée, 52 % disaient aimer l'oeuvre d'art alors que 48 % affirment qu'elle ne leur plaît pas.

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