Pont de Québec: Daoust et Labeaume insultés du revirement d'Ottawa

Jean-Yves Duclos et Régis Labeaume à Québec, mardi.... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Jean-Yves Duclos et Régis Labeaume à Québec, mardi. Un petit froid entre les deux.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le gouvernement fédéral fait l'unanimité contre lui avant même d'avoir expliqué officiellement sa nouvelle position dans le dossier de la peinture du pont de Québec. Le maire Régis Labeaume lui rappelle son engagement électoral de «prendre ses responsabilités» et le gouvernement du Québec refuse catégoriquement la facture qu'Ottawa veut lui refiler.

«Ils ont bien changé depuis la campagne électorale!» a lancé mardi le ministre provincial des Transports, Jacques Daoust, interrogé par Le Soleil sur le changement de cap des libéraux fédéraux.

Avant le dernier scrutin, ceux-ci ont promis d'asseoir à une même table toutes les parties intéressées par une nouvelle peinture, puis de négocier une entente dans les six mois, à défaut de quoi «un gouvernement libéral responsable prendra les dispositions appropriées afin de dénouer l'impasse». 

Il a fallu au gouvernement Trudeau plus que les 60 jours prévus pour la rencontre au sommet, qui a eu lieu le 21 janvier. Et alors que l'échéance du 30 juin approche, le ministre Jean-Yves Duclos conclut qu'il en coûterait aussi cher que le CN l'a calculé pour repeindre la vieille structure, soit entre 350 et 400 millions $. Par conséquent, il va demander aux élus locaux s'ils souhaitent inscrire ce chantier dans leurs priorités. 

M. Duclos évoque aussi une clause de l'entente signée en 2013 entre le propriétaire du pont et le provincial, qui prévoit que ce dernier absorbe les dépassements de coûts du programme de travaux majeurs de 95 millions $, en cours de réalisation. 

«Il n'est pas question de rien abandonner parce qu'on prend la décision de peinturer le pont de Québec. Ça, il n'en est pas question. C'est un engagement électoral», a tranché le maire de Québec mardi matin sur un ton qui ne laissait pas de place à la négociation. «Je ne vois pas pourquoi parce qu'on respecte un engagement électoral, on laisserait tomber autre chose.»

«Le gouvernement fédéral avait dit pendant la campagne qu'en juin, si rien n'était réglé, il allait prendre ses responsabilités. Alors on s'attend à ce qu'il prenne ses responsabilités», a ajouté M. Labeaume. «Qu'on règle le problème et qu'on peinture le pont.»

Le sort a voulu que le maire de Québec commente les nouveaux éléments de la saga alors qu'il partageait la tribune avec le ministre fédéral Jean-Yves Duclos pour une annonce à la future place des Canotiers mardi matin. Une certaine tension était palpable pendant la mêlée de presse qui a suivi la conférence de presse.

Pas de décision unilatérale

Le ministre des Transports, Jacques Daoust.... (Jacques Boissinot, archives PC) - image 4.0

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Le ministre des Transports, Jacques Daoust.

Jacques Boissinot, archives PC

À l'Assemblée nationale, le ministre Daoust a aussi opposé une fin de non-recevoir à la nouvelle position fédérale. «Si la peinture doit se faire, ça va faire l'objet d'un consensus, où ils [les représentants du fédéral] auront leurs engagements, on aura les nôtres, les villes auront les leurs. Je ne pense pas qu'il y ait une décision qui se prenne unilatéralement pis d'envoyer la facture à l'autre. C'est pas la façon de faire les choses. Au fédéral, c'est à eux de dire à quel niveau ils sont prêts à s'impliquer dans tout ça et le CN aussi. Mais ça devra être une décision volontaire», a-t-il martelé. 

«Moi, actuellement, je pense que c'est important la sécurité, que la chaussée soit bien faite, qu'on se prépare pour la venue du SRB [système rapide par bus], la fluidité de la circulation. On commencera pas à dire : on va arrêter certains projets pour peinturer le pont», a ajouté M. Daoust. 

Mardi, le député de Québec et ministre de la Famille dans le gouvernement Trudeau a simplement confirmé les informations révélées en fin de semaine par les médias. Le cabinet de son collègue aux Transports, Marc Garneau, a confirmé qu'il s'agit de la position gouvernementale. 

«Ces choses ont circulé un peu trop vite à mon goût. Les informations n'étaient pas toutes connues des partenaires, donc on a besoin maintenant de faire le point pour être sur la même longueur d'onde», a déclaré Jean-Yves Duclos en assurant être «à l'écoute».

«C'est un travail qu'on doit faire en équipe et on n'est pas ici ce matin pour le faire devant vous, malgré toute l'estime et l'affection qu'on a pour vous», a-t-il lancé aux journalistes.

Jean-Yves Duclos rencontrait d'ailleurs à ce sujet le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, plus tard dans la journée de mardi. Un tête-à-tête entre le ministre et Régis Labeaume est aussi au programme mercredi.

Duclos «semble ouvert à tous les scénarios», croit le maire Lehouillier

Le ministre Jean-Yves Duclos serait prêt à analyser tous les scénarios concernant la peinture du Pont de Québec. C'est du moins ce que retient le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, de sa rencontre avec le ministre mardi matin.

«J'ai indiqué au ministre que le dossier du Pont de Québec ne devait pas se faire au détriment d'autres projets d'infrastructures, car il avait déjà été déterminé à l'époque avec les deux gouvernements qu'il s'agissait en soi d'un projet spécifique. Il semble ouvert à regarder tous les scénarios. Il a pris bonne note de mes commentaires et on va se revoir», a expliqué le maire tout juste avant la séance régulière du conseil municipal.

«Tous les intervenants concernés devraient se rencontrer de nouveau avant l'échéance du 30 juin», a poursuivi M. Lehouillier en faisant référence à la promesse du Parti libéral du Canada de négocier une entente concernant le pont dans une période de six mois.

Liste de priorités

En fin de semaine, le ministre avait évoqué qu'il en coûterait aussi cher que le CN l'avait calculé, soit entre 350 et 400 millions $, pour repeindre le pont et qu'il allait demander aux élus concernés s'ils souhaitaient inclure ce dossier dans leur liste de priorités.

«On a convenu qu'il y aurait une rencontre pour faire le point. [...] Moi, j'ai passé mon message : le dossier du pont n'a rien à voir avec les dossiers d'infrastructures d'aqueducs et d'égouts. Sinon, on devrait refaire un débat de fond qui serait inutile», a conclu le maire.  Ian Bussières

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