Lévis demande 76 millions$ «non négociables» à TransCanada

«L'alimentation en eau potable ne sera pas négociable»,... (Le Soleil, Frédéric Matte)

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«L'alimentation en eau potable ne sera pas négociable», a averti le maire Gilles Lehouillier lors du dévoilement du mémoire de la Ville de Lévis sur le projet Énergie Est, mercredi.

Le Soleil, Frédéric Matte

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(Lévis) Ayant promis des solutions chiffrées à TransCanada, le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, tient parole. Il demande à l'entreprise albertaine de sortir 76,2 millions $ de sa poche pour lui payer trois nouvelles conduites d'eau potable situées en amont du futur oléoduc Énergie Est.

«L'alimentation en eau potable ne sera pas négociable», a averti le maire Lehouillier lors du dévoilement du mémoire de la Ville sur ce projet, mercredi. Il est prévu que Lévis accueille 52 kilomètres de pipeline sur son territoire, ce qui en fait la municipalité la plus grandement touchée par le tracé au Québec.

La contamination de ses prises d'eau par un déversement de pétrole est l'enjeu le plus important auquel elle doit faire face. La Ville est convaincue qu'en cas de catastrophe dans la rivière Chaudière, 55 000 personnes seront privées d'eau en moins de deux heures, la prise d'eau de Charny étant située à huit kilomètres seulement en aval de l'oléoduc. «Les gens oublient les conséquences d'une catastrophe. Les gens le mesurent mal!» croit le maire. 

C'est pourquoi, si le projet va de l'avant, elle demande à l'entreprise de construire à ses frais des prises et conduites d'eau potable qui seraient à l'abri de toute contamination. Une sur la rivière Chaudière, une sur la rivière Etchemins ou à partir de l'aquifère de Saint-Jean-Chrysostome et une autre qui relierait l'usine de filtration de Charny à celle de Saint-Romuald. 

Pour abreuver les Lévisiens en cas d'incident, TransCanada avait offert jusqu'à maintenant de fournir les bouteilles d'eau et des camions-citernes à l'usine de filtration, une opération «utopique», voire «impossible», dit le maire. «C'est de la foutaise!» 

La Ville estime que les 76,2 millions $ sont une demande minimale, et elle soutient dans son mémoire être toujours contre le projet, tel qu'il est présenté. Le maire Lehouillier a toutefois accepté de rencontrer les dirigeants de TransCanada le 13 mai pour discuter de ses exigences.

«Il y a plusieurs enjeux qui sont soulevés, et nous sommes à l'écoute quant aux questions et préoccupations mis de l'avant par le maire», a indiqué Tim Duboyce, porte-parole de TransCanada, quelques heures après avoir reçu le mémoire. 

Le gouvernement fédéral, qui détient le pouvoir ultime dans ce dossier, devrait rendre sa décision sur ce projet en septembre 2018.

Redevances de 6 millions $ par année à Saint-Augustin

Bien qu'elle s'oppose farouchement au passage de l'oléoduc Énergie Est sur son territoire, la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures a déjà mis la table en décembre sur le type de compensation qu'elle exigera à la compagnie TransCanada. Si le projet se concrétise et lui est imposé, la Ville demandera une redevance annuelle d'un million de dollars pour chaque kilomètre de tuyau qui traversera son territoire. Ce qui équivaut à environ 6 millions $ par année.

«Ce n'est pas dans le but de renflouer nos coffres qu'on demande ça, mais dans le but de créer un fonds d'urgence. S'il arrive quelque chose de dramatique, ce sera un début», indique le maire Sylvain Juneau en entrevue téléphonique. La Ville de Saint-Augustin a aussi préparé un mémoire, qu'elle a rendu public sur son site Web le 20 avril, et dans lequel elle exige plus d'études détaillées de la part de TransCanada.

«Depuis, la compagnie a dit qu'elle allait faire une étude d'impact. On va laisser la chance au coureur, et prendre connaissance de ça. Mais il est fort probable que les conclusions restent les mêmes», souligne le maire Juneau, avant d'ajouter : «C'est pas compliqué, on est contre. On ne voit pas d'intérêt là-dedans.»

En préparation, le mémoire de la Communauté métropolitaine de Québec devrait être présenté lors de la reprise des audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, à l'automne, a indiqué mercredi Paul-Christian Nolin, attaché de presse du maire de Québec, Régis Labeaume.

Principales exigences de la Ville de Lévis

  • Des garanties que la construction d'un oléoduc réduira le transport de pétrole brut par train 
  • Des garanties que la conduite vers la raffinerie Valero ne serve pas à un port pétrolier d'exportation
  • L'assurance que les dommages associés à un déversement soient assumés par TransCanada
  • Des profondeurs minimales pour l'oléoduc (1,2 mètre en milieu boisé, 1,6 mètre en milieu agricole et 2 mètres sous les cours d'eau)
  • L'établissement du centre des opérations de TransCanada au Québec à Lévis
  • L'investissement de 76,2 millions $ pour assurer l'alimentation en eau potable de la population
  • De meilleures redevances, comme ce qui avait été négocié pour Rabaska (330 millions $ sur 35 ans)

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