La Ville de Québec veut que vous alliez travailler à vélo

La Ville souhaite ajouter dès cet été un... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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La Ville souhaite ajouter dès cet été un dalot dans l'escalier de la Chapelle, qui mène de la rue Saint-Vallier à la côte d'Abraham, à côté du complexe Méduse. Les cyclistes pourront y pousser leur vélo pendant qu'ils montent les marches à côté.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) La Ville de Québec tombe dans le concret pour améliorer son réseau cyclable et encourager la pratique du vélo utilitaire. En plus de terminer l'aménagement des parcours «naturels» des cyclistes, elle mettra à leur disposition des supports à vélo attrayants et un dalot fera son apparition dans l'escalier de la Chapelle.

L'administration municipale a présenté mardi la version finale de sa nouvelle Vision des déplacements à vélo 2016-2021. Un sondage réalisé par le groupe de recherche en transport de l'Université McGill (TRAM) et une consultation sur le Web ont permis de confirmer que les cyclistes et la Ville partagent la même priorité : l'interconnexion du réseau cyclable.

Grâce à des investissements de 3 millions $ par année pendant cinq ans, la Ville compte ajouter 90 kilomètres de pistes et de bandes cyclables à son réseau qui en compte environ 300 actuellement. «L'argent sera là. J'en fais la promesse formelle», a déclaré le maire Régis Labeaume. En 2016, 17 projets totalisant 8,5 km seront réalisés.

Les interventions se feront sur de plus courts segments que par le passé, l'idée étant de relier les pistes et les bandes cyclables existantes pour que le réseau pensé pour les loisirs puisse assumer aussi sa vocation utilitaire.

Julie Lemieux, vice-présidente du comité exécutif responsable de la culture, du patrimoine et de l'aménagement du territoire, n'a pas caché que l'objectif de la Ville de Québec est de «convaincre les gens qui habitent à moins de cinq kilomètres de leur travail de troquer l'auto pour le vélo». 

La Ville de Québec prépare elle-même une offensive auprès de ses employés. Elle sollicitera aussi les employeurs de la région de Québec en les incitant, par exemple, à ajouter des supports à vélo et à donner accès à une douche aux travailleurs qui font le choix de se déplacer sur deux roues. 

Il est aussi prévu de multiplier les stationnements pour vélos à plusieurs endroits, notamment près des grands pôles d'emplois et des édifices publics, aux stations d'autobus et au pied des côtes menant à la haute-ville. Plusieurs répondants au sondage s'étant dit prêts à débourser pour un stationnement sécurisé, un projet pilote sera élaboré. 

Mme Lemieux souhaite s'éloigner des supports à vélo métalliques sans charme et en faire plutôt des objets attrayants, «à connotation artistique». «On veut se créer une image avec nos supports à vélo. On voudrait qu'ils aient une allure originale», a-t-elle confié mardi, soulignant qu'«il y a des beaux designs de supports à vélo à travers le monde». Dans les arrondissements historiques, il faudra obtenir l'approbation du ministère de la Culture, comme pour tout mobilier urbain.

La Ville souhaite aussi ajouter dès cet été un dalot dans l'escalier de la Chapelle, qui mène de la rue Saint-Vallier à la côte d'Abraham, à côté du complexe Méduse. Les cyclistes pourront y pousser leur vélo pendant qu'ils montent les marches à côté. «On magasine présentement. On est en train de voir avec les fournisseurs quel genre de dalot ils peuvent nous installer», a indiqué Mme Lemieux. 

Il ne s'agit toutefois pas de la solution miracle pour franchir la fameuse falaise qui fait la particularité de Québec. Selon une analyse faite par Vélo Québec, cet escalier est le seul qui puisse accueillir un dalot sans compromettre la sécurité des usagers. «Plus il y a de paliers, plus les paliers sont longs, plus l'angle de l'escalier est important, plus c'est dangereux pour les cyclistes parce qu'il y a de moins en moins de cyclistes qui ont la force physique de pousser leur vélo», a expliqué Jean-François Martel, conseiller en planification du transport à la Ville de Québec.

La Ville va donc plutôt favoriser l'accès vers l'ascenseur du Faubourg en attendant la construction d'autres liens mécaniques à l'avenir. Il en est question depuis plusieurs années dans le secteur des bretelles de l'autoroute Dufferin et depuis peu près de la côte de Sillery. Le maire Labeaume a admis mardi que la mécanisation est «compliquée» et «c'est beaucoup d'argent». 

Étienne Grandmont, directeur général d'Accès transports viables, a réagi positivement à cette annonce, qui reprenait les grandes lignes de la Vision dévoilée en décembre. Il a salué la volonté politique et le financement nécessaires au développement du réseau cyclable ainsi que la consultation des usagers, dont les besoins sont pris en compte. 

«Si elle poursuit bien son plan jusqu'en 2021, la partie de la Ville va être bien faite», a déclaré M. Grandmont, insistant lui aussi sur l'importance de faire de la sensibilisation auprès des cyclistes comme des automobilistes pour un meilleur partage de la route.

En chiffres

15 M$  Somme qui sera investie au cours des cinq prochaines années par la Ville de Québec pour le développement de son réseau cyclable

17  projets totalisant 8,5 km seront réalisés en 2016

La rue du Pont presque à sens unique

La Ville de Québec, les commerçants du centre-ville et les représentants des cyclistes sont arrivés à un compromis en vue de la création, dès cet été, d'un lien cyclable reliant les quartiers Limoilou et Saint-Roch. La rue du Pont sera transformée en sens unique entre la rue du Prince-Édouard et la rue Saint-Joseph. Les automobiles circuleront entre deux bandes cyclables bien délimitées. Le petit tronçon entre l'artère commerciale et le boulevard Charest restera à double sens afin de faciliter l'accès au quartier en voiture. Les aménagements seront temporaires car il s'agit d'un projet pilote. Selon Julie Lemieux, vice-présidente du comité exécutif, les discussions respectueuses entre les parties ont permis d'en arriver à une solution gagnante pour tous. «Je pense que les commerçants ont compris, particulièrement dans Saint-Roch, que le vélo était un atout pour eux», a-t-elle déclaré. Étienne Grandmont, d'Accès transports viables, préférait le scénario initial avec le sens unique jusqu'à Charest. Selon lui, il est utopique de penser que tous les clients du centre-ville pourront se garer devant les commerces qu'ils comptent visiter.

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