Report du RCI: un répit qui n'en est pas un

Steve Chabot et Rémi Pelletier considéraient leur projet... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Steve Chabot et Rémi Pelletier considéraient leur projet de construction à Sainte-Brigitte-de-Laval comme le projet d'une vie. En raison du report de six mois dans l'application du RCI sur l'eau potable, ils doivent construire le plus rapidement possible.

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Le report de six mois dans l'application du règlement de contrôle intérimaire (RCI) sur l'eau potable se voulait un baume pour les propriétaires de terrains de la couronne nord de Québec. C'est loin de l'être réellement pour au moins quatre d'entre eux, car leur «projet de vie» est maintenant à la merci d'un délai de permis.

«À court terme, c'est sûr que six mois, ça va probablement nous permettre de nous construire», mais à la hâte, affirme Rémi Pelletier, copropriétaire d'un terrain à Sainte-Brigitte-de-Laval. Car ce que lui et son conjoint, Steve Chabot, auraient voulu réaliser en plusieurs années, ils ne pourront le faire qu'en quelques mois, voire un an, dépendamment de la durée du permis. Et malgré les coûts supplémentaires que cela engendrera, pas question de passer à côté, dit M. Pelletier. «On a déjà commencé hier [vendredi] à faire des contacts avec la Ville, tout d'un coup qu'ils changent encore d'idée! [...] Ce qu'on voit, c'est que la porte est ouverte pour six mois. Et quand la porte est ouverte, on essaie de la prendre. On va tout demander cette année.»

Car après ces six mois d'exemption, toute nouvelle construction devra respecter le RCI pour la protection des sources d'eau des rivières Saint-Charles et Montmorency, qui prévoit notamment l'interdiction de construire dans les montagnes aux pentes de 15 % de dénivellation et plus à Stoneham, à Lac-Beauport, à Lac-Delage et à Sainte-Brigitte-de-Laval. Aussi, il obligera les futures maisons à être raccordées au réseau d'égouts et d'aqueduc.

Pour Joannie Guy-Laberge et Olivier Thibault, également propriétaires d'un terrain à Sainte-Brigitte-de-Laval, le délai de six mois est beaucoup trop court. «Nous, on est un cas de jeune famille. On avait tout mis nos économies dans un terrain pour se faire construire», explique Mme Laberge. Mais selon leur plan, ladite construction devait se faire tranquillement, au rythme de leurs capacités financières. «Le délai de six mois, c'est trop à court terme. [...] C'est un projet de vie, ça ne peut pas se faire rapidement...»

Et à cause de cette course contre la montre, «on risque de s'endetter gravement», ajoute la jeune mère de famille. «Cette décision-là [de reporter l'application du RCI], ça va favoriser les gros promoteurs qui eux, ont les budgets. Les petits propriétaires, ça ne peut pas nous convenir à court terme, faute de moyens.»

«C'est eux [les promoteurs] le problème au départ, et finalement, c'est eux qui sont avantagés», déplore Mme Guy-Laberge.

À cela s'ajoute, dit-elle, la hausse à prévoir dans les prix de construction due à la grande demande à venir. «Ce dont on a peur, c'est que tout le monde se garroche. Les constructeurs vont avoir plein de contrats, et ils vont augmenter leurs prix. [...] C'est pas une approche qui favorise les petits citoyens», réitère-t-elle.

Citoyens «épuisés»

Rémi Pelletier et Steve Chabot se disent «épuisés avant même d'avoir commencé» leur projet de construction. «Il y a tellement de stress qui a été subi dans les derniers mois», mentionne M. Pelletier. «On en a tellement cherché, des portes de sortie. On dort plus, on est tellement fatigués. Le projet de construction qu'on a était censé être un beau projet, et là, il y a beaucoup d'amertume.»

D'autant plus que M. Chabot ne pense pas que le ministère des Affaires municipales invalidera le RCI dans sa forme actuelle. «J'ai eu une discussion avec l'attaché politique de Raymond Bernier [député de Montmorency]. De ce que j'ai cru comprendre, le ministre serait sur le bord de le signer parce qu'il ne trouve rien d'invalide par rapport à ça», s'indigne-t-il.

Le couple Pelletier-Chabot ne décolère pas devant ce qu'il qualifie d'«incompétence» dans le dossier. «Le maire [Régis] Labeaume n'a pas prouvé que les fosses septiques contaminaient. C'est quoi son problème? C'est n'importe quoi depuis le début. Ils travaillent de façon collégiale, c'est de l'incompétence à son plus haut point qu'on voit à la CMQ», lance Steve Chabot, ajoutant qu'à titre de président de la CMQ, M. Labeaume «doit représenter la communauté urbaine au complet, et c'est pas ça qu'il fait».

Et les arguments environnementaux pour la protection du bassin du lac Saint-Charles? «C'est de la foutaise!» pense M. Chabot. «Ils n'ont pas démontré que la fosse septique était vraiment coupable. Je les ai lus, les rapports [...]. Ce n'est pas ça qui est dit!»

«L'objectif est louable, mais la manoeuvre politique est lamentable», ajoute M. Pelletier. «Présentement, il n'y a pas de discours scientifique, c'est un discours politique.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer