Labeaume se porte à la défense de Patrice Drouin

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Le cofondateur de Gestev, Patrice Drouin (à droite), accompagne le maire Régis Labeaume à Lausanne.

Collaboration spéciale Valérie Gaudreau

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(Genève) (GENÈVE, Suisse) Régis Labeaume a vivement défendu vendredi la présence du président de Gestev, Patrice Drouin, lors de sa mission olympique à Lausanne. «Gestev paye tous ses frais et c'est le meilleur en ville», a tranché le maire de Québec, attribuant plutôt à la «concurrence» entre entreprises de presse les interrogations soulevées par une chronique du Soleil de jeudi quant à l'omniprésence de Québecor dans la capitale. Le maire a aussi invité la direction du Soleil à «investir plus dans les événements» dans la région de Québec.

«Il n'y a personne de meilleur au Québec que ce gars-là. Il paye pour venir et il nous aide à ses frais alors je vois pas pourquoi la ville de Québec se passerait de ça», a tranché M. Labeaume en point de presse à l'aéroport de Genève à son retour d'une mission de 10 jours en Europe.

«Je n'arrêterai pas et si j'en ai encore besoin, je vais le prendre», a poursuivi le maire à propos de M. Drouin.

Dans un texte publié jeudi, le chroniqueur du Soleil François Bourque écrivait sur le fait que le patron de Gestev, propriété de Québecor, soit de la délégation de Québec à Lausanne où le maire et M. Drouin ont notamment rencontré le président du Comité international olympique, Thomas Bach. M. Drouin était à Lausanne de dimanche à mercredi matin.

Dans sa réaction de vendredi, Régis Labeaume a dans un premier temps tiré sur le messager. «Le Soleil avait seulement à nous appeler. On aurait donné la réponse il n'aurait pas eu besoin d'écrire ça», a-t-il lancé à propos des frais de voyage. «Quand un journal écrit sur un concurrent, je suis très prudent», a ajouté le maire, liant l'histoire au fait que Québecor soit propriétaire de médias comme TVA et Le Journal de Québec.

Or, tout en reconnaissant l'expertise de Patrice Drouin, le texte du Soleil soulignait surtout le fait que la Ville de Québec se tourne vers le privé pour ce type de démarches après du mouvement olympique au lieu d'avoir une expertise à l'interne.

Aussi, la chronique questionnait de façon plus globale la grande place occupée par Québecor dans la Ville de Québec. En plus de Gestev et de la gestion du Centre Vidéotron, l'entreprise et ses filiales sont commanditaires de plusieurs événements majeurs dans la région.

Ce texte du Soleil a fait jaser jeudi. Même le chef péquiste et actionnaire de contrôle de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a réagi en disant qu'il «ne faut pas capoter avec ça».

Questionné sur ce point vendredi, Régis Labeaume a encensé Québecor et renvoyé la balle au Soleil. «Québecor est présente, elle investit dans les événements culturels, sportifs et on est très heureux. Quel est le problème? Ils réussissent? C'est extraordinaire. Une compagnie qui réussit et tout à coup, un petit croc-en-jambe, surtout venant du concurrent», a martelé le maire de Québec.

Il dit vouloir «inviter à luncher» le propriétaire de Groupe Capitales Médias dont fait partie le Soleil, Martin Cauchon. «Je vais parler au président du Soleil et lui demander d'être plus présent à Québec. Je vais lui demander d'investir dans les événements parce que Québecor prend beaucoup de place, c'est vrai. La meilleure affaire c'est peut-être de contrebalancer ça», a conclu M. Labeaume.

À Lausanne à titre personnel

C'est à titre personnel et de façon bénévole que le président de Gestev, une filiale de Québecor, était à Lausanne cette semaine aux côtés du maire Régis Labeaume pour une rencontre avec le Comité international olympique (CIO).

Joint par Le Soleil en Suède, M. Drouin ne croit pas que sa présence à Lausanne soulève des questions. «Ce n'est pas Gestev, ce n'est pas Québecor, qui était là, c'était moi, Patrice Drouin, à titre personnel», a-t-il indiqué en entrevue téléphonique, ajoutant qu'il avait accompagné le maire à titre bénévole.

«Il était déjà prévu que je sois en Europe durant cette période. D'ailleurs, après Lausanne, je me suis rendu en Suède pour une réunion avec la Fédération internationale de ski (FIS)», a-t-il précisé.

M. Drouin n'a pas voulu commenter les récentes sorties du chef du Parti québécois et actionnaire de contrôle de Québecor, Pierre Karl Péladeau, et du chroniqueur du Soleil, François Bourque. M. Péladeau a déclaré que le maire devrait s'interroger au sujet de la présence d'un dirigeant de Gestev à ses côtés à Lausanne alors que M. Bourque s'interrogeait sur les liens entre la Ville et Gestev-Québecor.

«Je ne commenterai pas ce que M. Péladeau a dit, il a droit à son opinion. J'ai lu rapidement la chronique de M. Bourque et les gens pensent ce qu'ils veulent. Je crois qu'il y a un décalage entre ce que certains pensent qu'est mon rôle et ce qu'il est vraiment. Moi, j'ai répondu à une demande de monsieur le maire de m'impliquer à court terme pour lui faire profiter de mon expertise et de mon réseau de contacts», a expliqué M. Drouin.

Compléter le maire

«Ce que M. Labeaume m'a demandé, c'est d'éclaircir certains points avant la démarche, d'être présent sur place, de voir avec mon réseau de contacts pour obtenir certaines informations. Suite à la rencontre, il y aura aussi un debriefing et mon rôle s'arrêtera là», poursuit-il.

«Je crois qu'on a contribué à faire avancer le dossier et je suis honoré qu'on ait fait appel à mes services, car ça fait quand même 25 ans que j'oeuvre dans le domaine du sport international. Je suis familier avec ce milieu. Je connais le langage des fédérations et j'ai travaillé beaucoup avec la FIS, qui remet la moitié des médailles aux olympiques d'hiver», poursuit celui dont l'entreprise a, entre autres, lancé le Snowboard Jamboree et plusieurs autres grands événements sportifs dans la capitale.

M. Drouin ajoute que sa connaissance du milieu lui a permis de faire des analyses et de poser des questions, d'avoir une perception différente de celle du maire de Québec. Quant à son passage à Göteborg, en Suède, il avoue avoir discuté beaucoup du dernier Ski Tour Canada, dont Gestev était l'organisateur en plus de produire des images des compétitions de Montréal et de Québec, avec les gens de la FIS.

«C'était un gros projet pour nous, une première en Amérique. Mais également, c'est certain qu'étant en présence de la FIS, on a aussi parlé de l'avenir et on s'est entretenu concernant des projets futurs», a-t-il conclu. Ian Bussières

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