JO à Québec: fin de l'imbroglio Labeaume-Couillard

«Vous pensez bien que si je suis ici... (Collaboration spéciale, Le Soleil, Valérie Gaudreau)

Agrandir

«Vous pensez bien que si je suis ici cette semaine c'est parce que j'ai certaines certitudes», a dit Régis Labeaume en s'adressant aux journalistes québécois qui le suivent à Lausanne.

Collaboration spéciale, Le Soleil, Valérie Gaudreau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Des JO à Québec ?

Sports

Des JO à Québec ?

Le maire de Québec jure qu'il n'est pas en mode olympique. N'empêche, il a visité le Comité international olympique... Alors, il y aura des JO à Québec ? »

(Lausanne et Québec) Régis Labeaume a-t-il exagéré en disant que Philippe Couillard «veut les Jeux»? L'histoire a suscité une certaine controverse entre Québec et Lausanne. Mais après deux jours de nuances, d'interprétations et d'explications, tous assurent qu'ils disent la même chose depuis le début de l'aventure : oui aux Jeux d'hiver à Québec en 2026 mais si, et seulement si, ils sont «à échelle humaine».

«On est exactement sur la même longueur d'onde», a tranché le maire de Québec à propos du premier ministre Philippe Couillard lors d'un point de presse en début de soirée à Lausanne.

L'attaché de presse de M. Labeaume a convoqué les journalistes québécois présents en Suisse pour couper court à cette impression de contradiction dans le discours des deux hommes politiques.

«Ce que le premier ministre a dit, c'est mot pour mot notre conversation. Oui, on a le goût, mais on ne veut pas que ça coûte trop cher, on veut que ce soit à échelle humaine. On veut s'assurer que c'est bien vrai qu'il y a des nouvelles mentalités au CIO et on ne veut pas que ça touche au cadre financier de la Ville», a réitéré Régis Labeaume.

Le maire de Québec faisait allusion aux propos du premier ministre Couillard qui a déclaré mardi à Radio-Canada Saguenay-Lac-Saint-Jean qu'il veut les Jeux, mais s'ils sont «réalisables». «Mais c'est possible de le faire. Apparemment, il y a une volonté au CIO de remettre les Jeux à l'échelle humaine. Je pense que c'est nécessaire. Mais voyons voir ce que M. Labeaume va nous dire à son retour», a déclaré M. Couillard.

Voilà un discours parfaitement en phase avec les intentions de la Ville, a soutenu M. Labeaume, qui estime cet épisode clos.

Le premier ministre Philippe Couillard... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

Agrandir

Le premier ministre Philippe Couillard

Photothèque Le Soleil

Nuances

L'histoire avait commencé alors qu'en entrevue à Radio-Canada à Lausanne dimanche, M. Labeaume a déclaré que le premier ministre lui avait dit : «Nous, on les veut», en parlant des Jeux d'hiver de Québec 2026.

Or, le caractère affirmatif de la citation avait fait réagir lundi l'attaché de presse de M. Couillard, Harold Fortin. Il avait alors refusé de corroborer les paroles attribuées à son patron par M. Labeaume. M. Fortin avait plutôt soutenu que ce que le premier ministre veut, c'est que le maire de Québec «poursuive ses réflexions et ses échanges avec les gens du Comité international olympique pour voir s'il y a un intérêt ou non à tenir des Jeux olympiques de manière conjointe avec quelqu'un d'autre».

Mardi midi à Lausanne, Régis Labeaume avait dans un premier point de presse de la journée réagi fortement à ces déclarations de M. Fortin. Il avait persisté et signé : Philippe Couillard lui a bien dit qu'il «veut les Jeux». Le maire de Québec a alors blâmé le «service des communications» du bureau du premier ministre pour avoir donné l'impression que les deux hommes n'étaient pas sur la même longueur d'onde. «Le premier ministre et moi, on sait très bien ce qu'on s'est dit», a réagi M. Labeaume en marge d'une visite du Musée olympique. «Vous pensez bien que si je suis ici cette semaine, c'est parce que j'ai certaines certitudes», a fermement poursuivi M. Labeaume, rappelant que l'ancien président du Conseil du trésor, Sam Hamad, était à ses côtés en conférence de presse le 24 mars lors de l'annonce de sa rencontre avec le président du Comité international olympique, Thomas Bach.

Visiblement détendu lors de son point de presse en soirée, tenu après avoir pris connaissance des explications de M. Couillard à la radio, M. Labeaume a remercié le premier ministre «pour sa franchise» et «salué» le «service des communications» du cabinet. «Je les salue. Ça arrive. Je ne veux pas les accabler non plus», a-t-il conclu.

Gare au «lobbying» auprès des fédérations sportives

Les démarches dans le monde hautement politique et diplomatique du Mouvement olympique sont toujours très sensibles. On en a eu un exemple lundi alors que Régis Labeaume a promis de poursuivre les démarches avec le Comité olympique canadien. Le maire de Québec a reconnu que ça visite rendue directement au président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, a «un petit peu surpris» les responsables du mouvement olympique canadien. Or, nouvel épisode mardi alors que Régis Labeaume a opté pour la prudence concernant les diverses fédérations sportives que la délégation de Québec doit rencontrer cette semaine à Lausanne. «Les fédérations sportives, je vous dirais qu'on a pris la décision d'attendre un peu. On va vous expliquer qui on rencontre, mais on est prudents. On voulait faire en sorte que le président [Thomas] Bach ne pense pas qu'on est ici pour faire du lobbying la même semaine où on le rencontre. On est très délicats», a commenté M. Labeaume, gardant le mystère sur les détails de son horaire des prochains jours. «On a encore deux grosses journées et du travail à faire demain et après-demain», a dit M. Labeaume qui revient à Québec vendredi. Le président de Gestev, Patrice Drouin, et le pdg du Centre des congrès de Québec, Pierre-Michel Bouchard, étaient aussi présents à Lausanne cette semaine.

Québec solidaire contre une candidature olympique

L'argent des contribuables serait mieux utilisé ailleurs que dans le mouvement olympique dont «les pratiques sont affligées de scandales de corruption», estime le député solidaire Amir Khadir. 

Québec solidaire est le seul parti représenté à l'Assemblée nationale à se positionner clairement contre une candidature de Québec aux Jeux olympiques de 2026. 

Tant que le milieu de l'olympisme n'aura pas remis en question ses façons de faire, il y a mieux à faire avec les fonds publics, estime M. Khadir. «Pour le moment, franchement, est-ce qu'il n'y a pas d'autre chose de plus urgent? a-t-il demandé. C'est des milliards de fonds publics. On n'en a pas assez gaspillé déjà dans la corruption, dans l'octroi de contrats, dans la réalisation de mégaprojets?» 

Au Parti québécois, Pierre Karl Péladeau juge qu'il faut analyser sérieusement la possibilité de déposer une candidature «raisonnable et réaliste, en fonction de nos moyens». «C'est une occasion exceptionnelle pour mettre en valeur cette belle et grande capitale nationale qui est la nôtre», a-t-il déclaré. 

Même son de cloche du côté de la Coalition avenir Québec, où le chef François Legault demande à voir un plan d'affaires «crédible» pour éviter les dérapages financiers. «Mais je ne suis pas fermé au projet», a-t-il déclaré.  

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer