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Remue-méninges pour les artères du centre-ville

La rue Saint-Joseph est l'artère commerciale principale de... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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La rue Saint-Joseph est l'artère commerciale principale de la SDC Centre-Ville (Saint-Roch).

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La Ville de Québec prépare un vaste exercice de remue-méninges afin d'assurer la vitalité économique de ses artères du centre-ville. Elle convoque l'ensemble des sociétés de développement commercial (SDC) à une journée de travail et de réflexion prévue le 30 mai.

La conseillère municipale et membre du comité exécutif responsable des sociétés de développement commercial à la Ville de Québec, Chantal Gilbert, a confirmé au Soleil, vendredi, la tenue de ce qu'elle considère comme un véritable chantier.

«J'invite les directeurs de SDC et les conseils d'arrondissements à une grande rencontre, une journée de réflexion. On va clarifier les raisons pour lesquelles la Ville soutient les SDC et quelles sont les attentes de parts et d'autres», a-t-elle expliqué.

Les discussions iront en profondeur et les SDC seront appelées à prendre la parole au cours de divers ateliers. Des professionnels de l'administration municipale seront sur place, dont des représentants du Bureau du transport ainsi que des urbanistes. La conseillère responsable de l'aménagement du territoire, Julie Lemieux, sera aussi de la partie.

Plusieurs raisons ont poussé Mme Gilbert et la Ville à tenir cette rencontre. D'une part, le nombre de SDC a augmenté drastiquement ces cinq dernières années, portant leur nombre à sept actuellement.

Il a fallu attendre jusqu'en 2011 pour que la SDC Centre-Ville (Saint-Roch), active sur le territoire de la capitale depuis 1997, se trouve une petite soeur, soit la SDC Maguire. Puis cinq autres ont vu le jour entre 2012 et 2014 dans les quartiers Montcalm, Limoilou, Saint-Roch, Saint-Sauveur, Saint-Jean-Baptiste et le Vieux-Québec.

«Elles veulent toutes qu'on les soutienne», a noté Mme Gilbert, qui tenait, dans ce contexte, à rappeler quelles sont les demandes de la Ville «en retour» d'une participation financière. Ces fonds sont octroyés par le programme de soutien financier aux SDC.

Parmi les critères, Québec demande notamment aux SDC de se doter d'un plan d'action et de se donner «une couleur particulière», des traits distinctifs. À plus long terme, la Ville s'attend à ce que les SDC deviennent plus autonomes.

Interrogée à savoir si des irritants ou des déceptions avaient motivé la tenue de la rencontre, Mme Gilbert a assuré que les relations entre la Ville de Québec et les SDC «sont excellentes», voire meilleures qu'à l'époque des associations de commerçants. «Nous, on considère que ça va vraiment très bien. [...] C'est bien plus agréable. On ne se parle plus par journaux interposés. On a un meilleur lien, un lien naturel.»

Commerces fragiles

Un autre point phare a mené à la journée de travail : la conseillère a réalisé au fil de ses échanges avec les dirigeants des SDC que les artères vivent toutes, à différentes échelles, les contrecoups des changements majeurs qui touchent l'industrie du commerce de détail.

«Elles rencontrent toutes le même problème. Beaucoup de commerçants ont de la difficulté à survivre même sur des artères [commerciales] comme celles-là. Le commerce de détail a beaucoup changé et ce sont des années plus difficiles. [...] Les artères sont toutes plus ou moins fragiles», a souligné l'élue municipale.

Rôle citoyen

À ce sujet, le réputé professeur de marketing à HEC Montréal, Jacques Nantel, viendra donner une conférence aux représentants des SDC pour les aider à aborder ces enjeux de taille.

Chantal Gilbert entend également faire comprendre aux SDC qu'elles ont le devoir de s'impliquer d'un point de vue citoyen. «Il faut que les SDC comprennent qu'elles font partie des citoyens qui doivent s'exprimer lorsqu'il y a des consultations publiques. Les SDC sont hyper importantes, mais ne sont pas toujours présentes lors de ces consultations-là», affirme-t-elle.

La journée n'aboutira pas nécessairement sur un document de travail ou un plan d'action, selon Mme Gilbert. «Ça va servir surtout de bilan pour voir où on en est rendu, savoir ce qui a été fait jusqu'à maintenant.»

Une idée bien accueillie

Les sociétés de développement commercial (SDC) jointes par Le Soleil vendredi accueillent favorablement la décision de la Ville de Québec de tenir une grande séance de réflexion.

Alexandrine Cardin-Dubé, directrice générale de la SDC Centre-ville (Saint-Roch), a d'entrée de jeu salué l'initiative de la conseillère Chantal Gilbert.

«Je crois que c'est une bonne façon de consolider le rôle des SDC dans l'environnement économique de Québec», a déclaré Mme Cardin-Dubé, récemment élue à la direction générale. «Le chantier sert vraiment à voir c'est quoi la vision à long terme. [...] Je le vois de cette façon-là.»

Pour Jean-Pierre Bédard, directeur général de la SDC Montcalm (rue Cartier), outre le fait de participer aux échanges du chantier, le message le plus important à passer à la Ville de Québec le 30 mai concerne le programme de soutien aux SDC, mentionné par Chantal Gilbert en entrevue au Soleil.

Le programme rend disponible un maximum de 50000 $ par année provenant de la Ville de Québec. Les montants permettent notamment de payer le salaire d'un directeur général chargé d'appliquer le plan d'action de la SDC ou encore de financer des activités vouées à stimuler l'économie locale.

M. Bédard, lui aussi nouvellement nommé dg, a indiqué que ce plan arrive à échéance «à la fin 2016» et qu'il doit être reconduit. «Il ne faut pas perdre nos acquis», a-t-il plaidé.

La SDC 3e Avenue, dans Limoilou, voit elle aussi d'un bon oeil la rencontre de travail. «Nous n'avons pas d'attentes particulières. On va continuer à bien collaborer avec la Ville, c'est sûr. On travaille déjà bien et on va arriver là en étant super ouvert», a exprimé le directeur général, Sébastien Chamberland.

Bonne collaboration

Chaque SDC à qui Le Soleil a parlé a mentionné un bon esprit de collaboration entre les différentes organisations. Jean-Pierre Bédard assure qu'elles ne se voient pas comme des compétitrices et qu'elles n'hésitent pas à se donner un coup de pouce.

Elles s'attendent à discuter de sujets aussi variés que le développement économique, l'aménagement du territoire, l'urbanisme, le stationnement (et les parcomètres) et les grands événements.

Les SDC de Québec (date de création)

3e Avenue, Limoilou

2012

Centre-Ville

1997

Faubourg St-Jean

2013

Maguire

2011

Montcalm

2013

Saint-Sauveur

2013

Vieux-Québec

2014

En bref : Qu'est-ce qu'une SDC?

Les Sociétés de développement commercial sont des organisations privées à but non lucratif qui veillent à la représentation des intérêts des commerçants d'une artère commerciale. Elles font la promotion des projets propices au développement économique et stimulent la croissance des affaires de leur secteur.

Source: Ville de Québec

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