Ras-le-bol du terrain vide de l'église St-Vincent-de-Paul!

Le terrain en 2014, à l'époque où il... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Le terrain en 2014, à l'époque où il servait encore de stationnement.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Dix ans après la démolition de l'église Saint-Vincent-de-Paul, le Comité d'action populaire Saint-Jean-Baptiste en a «assez» de l'«inaction» du propriétaire Jacques Robitaille et de l'administration municipale. L'organisme profite de cette date anniversaire pour lancer un «processus d'urbanisme participatif» par lequel les citoyens du quartier sont appelés à proposer un projet qui remplacerait cet espace vacant, en haut de la côte d'Abraham.

«La situation actuelle a assez duré. On est pris avec un terrain vague qui n'a pas d'allure, dans un espace stratégique», dénonce le coordonnateur du comité, Nicolas Lefebvre-Legault, soulignant que son organisme serait prêt à appuyer une hypothétique expropriation du propriétaire par la Ville. «Au point où on en est, on ne voit pas d'autres avenues.»

Le comité avance une première idée pour le site, celle d'un «développement résidentiel» avec du commercial au rez-de-chaussée, sur la côte d'Abraham, «en extension avec la trame urbaine du faubourg Saint-Jean, avec son style architectural et son gabarit d'ensemble». Une façon de «répondre à certains besoins identifiés dans le quartier, mais non comblés faute d'espace, comme une coopérative d'habitation, un jardin communautaire ou un CPE [centre de la petite enfance]», explique M. Lefebvre-Legault.

«Il y a beaucoup de colère dans le quartier au sujet de ce trou béant», renchérit Marie-Ève Duchesne, organisatrice communautaire au sein du comité, déplorant que les citoyens du faubourg Saint-Jean-Baptiste n'aient jamais été consultés sur le sort du site.

«Comme nous ne pouvons prétendre savoir ce que la population veut, puisque personne ne lui a jamais demandé son avis, nous avons décidé de lancer nous-mêmes un processus d'urbanisme participatif. On a laissé la chance au coureur, il est maintenant temps qu'on prenne ça en mains», explique-t-elle avec fermeté.

Un questionnaire, accessible en ligne aujourd'hui sur le site du comité, sera distribué de porte à porte dans un mois. Les citoyens auront jusqu'au 5 juin pour faire connaître leurs idées.

Depuis qu'il en a fait l'acquisition, en 1998, le propriétaire du controversé terrain, Jacques Robitaille, caresse le projet d'y construire un projet hôtelier de 300 chambres. À venir jusqu'à il y a deux ans, l'endroit a servi de stationnement illégal. Le maire Labeaume avait alors perdu patience, laissant planer la menace d'une expropriation.

«Je comprends que c'est une propriété privée, mais on ne peut pas accepter un terrain aussi laid que ça au beau milieu du centre-ville», avait-il déclaré à l'époque. Depuis, la Ville cherche des moyens juridiques pour faire bouger les choses (voir l'encadré). 

Guérette en appui 

Dans leur mouvement de protestation, les citoyens du quartier peuvent compter sur l'appui de la conseillère Anne Guérette, qui ne cache pas elle aussi son impatience. «C'est un dossier qui traîne en longueur», déplore-t-elle, rappelant «les belles promesses électorales» de l'administration Labeaume en 2009.

Pour la représentante de Démocratie Québec, «c'est la Ville qui doit mettre ses culottes» et «prendre le leadership» pour le développement de ce «trou béant». En cela, elle croit que les doléances du comité populaire méritent d'être «entendues et considérées».

En outre, avance-t-elle, le temps n'arrange pas les choses, vu l'explosion du coût du terrain depuis sept ans. «Plus on attend, plus ça va coûter cher à la Ville de soutenir les bonnes initiatives. [...] La Ville doit travailler sérieusement pour ne pas qu'il se fasse n'importe quoi. C'est un site exceptionnel qui mérite un projet exceptionnel.»

Le Soleil a joint à trois reprises Jacques Robitaille en après-midi. Deux fois, il a prétexté une réunion pour ne pas émettre de commentaires. Au troisième coup de fil, une défectuosité à sa ligne téléphonique a mystérieusement coupé court à la conversation.  Avec Valérie Gaudreau

Pour la représentante de Démocratie Québec, «c'est la Ville qui doit mettre ses culottes» et «prendre le leadership» pour le développement de ce «trou béant». En cela, elle croit que les doléances du comité populaire méritent d'être «entendues et considérées».

En outre, avance-t-elle, le temps n'arrange pas les choses, vu l'explosion du coût du terrain depuis sept ans. «Plus on attend, plus ça va coûter cher à la Ville de soutenir les bonnes initiatives. (...) La Ville doit travailler sérieusement pour ne pas qu'il se fasse n'importe quoi. C'est un site exceptionnel qui mérite un projet exceptionnel»

Le Soleil a joint à trois reprises Jacques Robitaille en après-midi. Deux fois, il a prétexté une réunion pour ne pas émettre de commentaires. Au troisième coup de fil, une défectuosité à sa ligne téléphonique a mystérieusement coupé court à la conversation... Avec la collaboration de Valérie Gaudreau

La Ville de Québec veut plus d'outils

La Ville de Québec n'a pas assez d'«outils» pour forcer un promoteur à développer un terrain comme celui de l'ancien Patro Saint-Vincent-de-Paul.

«On est en attente du promoteur, j'entends que ça avance, qu'il y a des développements, mais on aimerait vraiment avoir en main des outils plus efficaces», a dit la conseillère municipale responsable de l'aménagement, Julie Lemieux.

«Nos leviers juridiques sont limités. On les a analysés et on a fait des demandes en ce sens dans la nouvelle loi sur la capitale», a-t-elle expliqué. Cette loi confiant à la Ville de Québec de nouveaux pouvoirs, notamment en matière d'aménagement urbain, est en préparation au ministère des Affaires municipales.

Ce n'est pas la première fois que l'administration Labeaume dénonce cette forme d'impuissance devant des promoteurs qui refusent de construire un terrain ou encore n'entretienne pas leur immeuble.

«Il va falloir vraiment que le gouvernement nous donne plus d'outils», a martelé Mme Lemieux. Valérie Gaudreau

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer