Plusieurs villes dans la mire du Comité olympique canadien

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Le COC a récemment fait parvenir une lettre à toutes les villes canadiennes de plus de 750 000 habitants, première étape d'une réflexion qui mènera, ou non, à une réelle démarche vers une candidature olympique du Canada.

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Des JO à Québec ?

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Des JO à Québec ?

Le maire de Québec jure qu'il n'est pas en mode olympique. N'empêche, il a visité le Comité international olympique... Alors, il y aura des JO à Québec ? »

(Québec) Sans égard au tête-à-tête prévu entre Régis Labeaume et le président du Comité international olympique (CIO), en avril, le mouvement olympique canadien était déjà en «mode exploratoire» et tâte actuellement l'intérêt des grandes villes canadiennes en vue d'une candidature pour 2026 (hiver) ou 2028 (été).

Le chef de la direction du Comité olympique canadien (COC), Chris Overholt, a récemment fait parvenir une lettre à toutes les villes canadiennes de plus de 750 000 habitants, dont la capitale québécoise. La missive, envoyée en début de semaine, est une première étape d'une réflexion qui mènera, ou non, à une réelle démarche vers une candidature olympique du Canada. 

 «On veut mesurer l'intérêt pour les JO 2026-2028, explorer de façon transparente et ouverte quelles sont les villes potentielles», a expliqué Éric Myles, directeur général au Sport du COC. L'initiative a été lancée à la suite d'une rencontre du conseil d'administration plus tôt cette année, a-t-il précisé.

M. Myles confirmait du même souffle que le COC n'a rien à voir avec l'initiative de Québec. En réalité, c'est le maire Régis Labeaume lui-même qui a communiqué avec le COC «il y a une semaine» pour les aviser d'une rencontre avec Thomas Bach le 11 avril. «On est au courant. [...] Mais c'est vraiment une démarche indépendante, entre eux.» 

Le premier magistrat de Québec s'est notamment entretenu avec Chris Overholt et Tricia Smith, présidente du COC. Selon ce qui se dira à Lausanne dans deux semaines, M. Myles s'attend à ce que les pourparlers reprennent ensuite, si le contexte semble favorable aux yeux de M. Labeaume. «J'imagine qu'il y a un contact qui va se reprendre et on va poursuivre l'exploration, si toutefois l'intérêt est encore là de leur côté [Québec]», a dit le représentant du COC. 

«Décision canadienne» 

Bien que distinctes pour le moment, les démarches du COC et de Québec devront inévitablement se rencontrer si la volonté d'inscrire une candidature canadienne va plus loin. À ce sujet, le maire Labeaume sait très bien qu'il devra travailler à l'échelle nationale, a-t-il dit jeudi.  

Éric Myles a pour sa part pris soin d'exposer ce processus obligatoire. «Les villes comme Québec peuvent avoir leur démarche avec le CIO. Mais ultimement, c'est une démarche qui va revenir au Canada. C'est une décision canadienne», a-t-il dit. Les orientations olympiques sont données par le conseil d'administration et finalement par la Session, formée de 75 électeurs, incluant des représentants des 52 fédérations sportives canadiennes.

La démarche du COC, adressée à toutes les grandes villes, se veut une nouvelle approche, a insisté M. Myles. «On a souvent entendu des critiques comme quoi les décisions se prenaient derrière des portes closes. Notre volonté, c'est vraiment de faire preuve d'ouverture et de transparence. On veut éviter les surprises.» Cette philosophie émane notamment de Tricia Smith, qui a pris la relève de Marcel Aubut à la présidence il y a quelques mois.  

Le COC se donne jusqu'au 30 juin pour accueillir les réponses des villes concernées, ce qui inclut notamment Vancouver, Calgary, Toronto, Montréal, Edmonton et Ottawa. Il est déjà clair qu'aucune décision ne sera prise à cette date butoir. Le COC prendra le temps d'analyser ce qu'elle a en main avant de songer à enclencher un processus de candidature.

De l'intérêt à Toronto et à Calgary

Québec est la troisième ville du pays à manifester de l'intérêt olympique, ou du moins à y réfléchir. Si une candidature olympique canadienne est encore hypothétique, le Comité olympique canadien (COC) a jusqu'ici senti de l'intérêt du côté de Calgary et de Toronto, et ce avant même de lancer son processus de consultation il y a quelques jours. Rien de surprenant du côté de la Ville Reine, qui a songé à se présenter pour les olympiades d'été de 2024. Toronto, qui a accueilli les Jeux panaméricains en juillet, était en effet des discussions pas plus tard que l'été dernier, mais a finalement renoncé. «Je crois que Toronto, un jour, sera une excellente ville hôte pour les Jeux olympiques, mais pas en 2024», avait déclaré le maire de Toronto, John Tory, en conférence de presse, le 15 septembre. M. Tory avait indiqué qu'il n'excluait pas une candidature pour des JO plus lointains. Du côté de Calgary, le COC, par l'entremise d'Éric Myles, directeur exécutif au Sport, a confirmé jeudi qu'une première discussion avait eu lieu dans les derniers mois concernant les JO d'hiver.

Thomas Bach... (Archives AP) - image 3.0

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Thomas Bach

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L'effet Thomas Bach

L'arrivée de Thomas Bach à la tête du Comité international olympique (CIO) a changé la donne. Prenant le relais de Jacques Rogge quelques mois avant les extravagances financières et sécuritaires de Sotchi, sur lesquelles il n'avait plus aucun pouvoir, ce dernier a déjà un profond impact sur l'avenir olympique. 

Séance tenante le 7 décembre 2014, à Monaco, la Session du CIO a adopté 40 recommandations en vue des JO de 2020. La toute première donne le ton. Elle permet dorénavant «l'organisation de sports entiers ou de disciplines [...] hors de la ville hôte ou, dans des cas exceptionnels, hors du pays hôte, notamment pour des raisons géographiques et de durabilité». 

Des jeux modestes et durables, souhaite désormais le CIO. Des concepts qui tapissent le reste du document. 

La 12e recommandation vise quant à elle directement à réduire les coûts d'organisation. Pour ce faire, le CIO s'engage à suivre de près les comités organisateurs et à leur proposer des solutions moins coûteuses. 

Tokyo, qui accueillera les JO d'été de 2020, a d'ailleurs été interpellée par Thomas Bach lui-même, l'été dernier, lorsque l'organisation a annoncé que le stade central coûterait deux fois plus cher que prévu. 

L'effet Bach est bien accueilli au Comité olympique canadien (COC). Éric Myles, directeur exécutif au Sport du COC, a parlé jeudi d'une «réforme souhaitable». Selon lui, les efforts viennent «faciliter grandement [l'organisation des JO] et diminuer les coûts». «La vision 2020, si je regarde pour la position du Canada, on est en faveur de tout ça. Ça rentre dans nos valeurs olympiques et canadiennes.»

Des interrogations 

Mais selon Frank Pons, professeur à l'Université Laval spécialisé en marketing sportif, reste encore à savoir quels sont, en détails, les moyens préconisés par le CIO pour réduire le fardeau des villes hôtes.  «Le fait de pouvoir avoir des JO [dans plusieurs villes ou pays], ça a ouvert des possibilités qui n'existaient pas. Si en plus de ces changements, il y a des réductions de coûts, ça peut devenir intéressant», a-t-il commenté. Mais les villes intéressées, dont Québec, doivent d'abord «savoir ce qui leur sera imposé», principalement sur le plan des infrastructures.  

«Pour l'instant, ce qu'on demande [en terme d'investissements], c'est à peu près 80% qui retourne sur la ville hôtesse, et de 12 à 15% du milieu corporatif», a-t-il estimé, plaidant pour des «charges moins contraignantes». 

Les athlètes d'accord avec le maire

Les Jeux olympiques à Québec, oui, mais pas à n'importe quel prix, ont répondu les athlètes à qui Le Soleil a demandé de spéculer, jeudi après-midi. Avant même qu'on aborde le sujet, certains ont d'ailleurs louangé l'idée d'organiser le grand événement en collaboration avec une autre ville.

«C'est rendu trop gros pour rien, les JO», constate l'ex-hockeyeur Simon Gagné, qui a représenté l'équipe canadienne à Salt Lake City en 2002 et à Turin en 2006. «S'il y a une bonne formule qui permettait de séparer la tarte en deux, ça pourrait être intéressant pour Québec», ajoute le nouveau retraité.

Laurent Dubreuil: «Chaque athlète a sa propre date d'expiration.... (Photothèque Le Soleil) - image 5.0

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Laurent Dubreuil: «Chaque athlète a sa propre date d'expiration. [Mais] ce serait difficile d'arrêter [après 2022, par exemple] si j'étais encore en forme et que je savais que les Jeux suivants étaient à Québec.»

Photothèque Le Soleil

Simon Gagné: «C'est rendu trop gros pour rien, les... (Archives La Presse Canadienne, Jacques Boissinot) - image 5.1

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Simon Gagné: «C'est rendu trop gros pour rien, les JO. S'il y a une bonne formule qui permettait de séparer la tarte en deux, ça pourrait être intéressant pour Québec.»

Archives La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

«Je serais curieux de voir ça aller», dit le patineur de vitesse Laurent Dubreuil, en parlant d'une candidature commune. «Ça pourrait être une idée plus simple que d'agrandir une montagne.» Et Lake Placid n'est pas si loin, ajoute-t-il, racontant que sa mère, l'ex-athlète olympique Ariane Loignon, se rendait là plutôt qu'à Québec pour s'entraîner, alors qu'elle était patineuse dans la région de Montréal.

Les athlètes sont d'accord avec le maire Régis Labeaume : recevoir le grand rendez-vous du sport, même celui d'hiver, coûte trop cher. «On a perdu le cachet et le sens même des Jeux olympiques», croit le skieur acrobatique Philippe Marquis, participant aux JO de Sotchi, en 2014. Ceux-ci auraient coûté la somme record de 51 milliards $US.

Côté «féerique»

Ce cachet disparu pourrait être retrouvé avec une candidature plus modeste. Dubreuil se réjouit d'ailleurs de constater que le Comité international olympique (CIO) semble désormais prôner le retour au côté «féerique» du grand rendez-vous. Un peu comme à Lillehammer, en 1994, souvent considéré comme les plus beaux Jeux de l'histoire, rappelle le patineur en parlant de la ville norvégienne de moins de 30 000 habitants.

Et pour Québec, il s'agirait d'une vitrine incroyable afin de mousser ses attraits et son nom, dit Gagné. «Quand je dis que je viens de Québec, il y a encore des gens aux États-Unis qui ne connaissent pas la ville», se désole l'ancien des Flyers de Philadelphie et des Kings de Los Angeles, entre autres.

Marquis estime que cette approche faite par le CIO est une excellente nouvelle pour la communauté sportive. Ne partons pas en peur, nuance-t-il toutefois, en mentionnant un autre grand dossier qui semble battre de l'aile. «C'est un petit pas. Mais ça ne sert à rien de s'emballer trop vite. Le meilleur exemple, c'est les Nordiques...»  Jean-Nicolas Patoine

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