La flamme olympique ravivée à Québec

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La flamme olympique à Sotchi

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(Québec) Régis Labeaume répète depuis des années que Québec finira par se faire appeler par le Comité international olympique (CIO) pour organiser des Jeux olympiques à «échelle plus humaine». Eh bien, le téléphone a sonné.

La capitale est encore loin d'une candidature, mais 2026 est dans la mire. L'intérêt est suffisant, en tout cas, pour que le maire de Québec se rende à Lausanne en Suisse le 11 avril pour rencontrer le grand patron du CIO, Thomas Bach, qui a communiqué avec lui en décembre.

«Nous ne sommes pas en mode Olympiques», a martelé Régis Labeaume en conférence de presse avec le ministre Sam Hamad jeudi après-midi.

Le maire de Québec assure qu'il en a toujours contre le «gigantisme» des Jeux. Le délire de Sotchi 2014 avec ses 50 milliards $ et ses frais de sécurité exorbitants. Au point où pour 2022, le CIO a peiné à trouver des villes candidates. Après des retraits successifs, ils se tiendront finalement à Pékin, en Chine, une ville loin de porter l'image de la nordicité.

Les Jeux, dans ce contexte, n'intéressent pas Québec.

Critères modifiés

Or voilà, les choses ont changé. Le CIO a revu ses critères pour des Olympiques plus «modestes». Au premier chef, des candidatures communes, ce qui ouvre des portes pour la capitale. Être jumelée à une autre ville pour partager les coûts sourit à Québec. Surtout une ville déjà dotée d'une montagne assez haute pour la descente masculine ou d'une dispendieuse piste de bobsleigh.

Lake Placid, Vancouver ou Calgary pourraient être des alliées dans un éventuel nouveau chapitre de l'aventure olympique, même si Régis Labeaume n'avait clairement pas envie de mettre le feu jeudi : il est en «mode écoute», rien de plus, a-t-il martelé.

«Je ne suis pas encore convaincu. Ma position n'a pas changé. Je veux dans un premier temps me faire rassurer sur la notion de Jeux modestes», a-t-il poursuivi. «La question qu'on va se poser après la rencontre à Lausanne est: "Est-ce que ce sera payant pour Québec?"»

Régis Labeaume aura d'ailleurs une liste de questions «longue comme ça» en prévision de sa rencontre en Suisse, a-t-il dit (lire l'autre texte). Il martèle que Québec a été invitée et qu'elle n'a pas de «pitch» de vente à faire au président du CIO.

Cette invitation donne raison au maire de Québec, qui avait prévu une telle issue il y a déjà un bon moment. «Les Olympiques, je suis prétentieux, là, mais un jour, ils vont venir nous voir», avait-il lancé au Soleil en octobre 2013.

La délégation de Québec sera modeste pour la rencontre avec le président Bach à Lausanne. Le maire sera accompagné de son attaché de presse, Paul-Christian Nolin, et du président de Gestev, Patrice Drouin, qui possède une longue feuille de route en organisation d'événements sportifs dans la capitale. Ce dernier a aussi dit avoir été refroidi par le virage trop imposant pris par les JO au fil des dernières années. «Mais là, je pense que c'est à grandeur humaine. Et c'est ce qu'on aime», a dit M. Drouin.

Le gouvernement du Québec voit pour sa part «d'un bon oeil» la nouvelle approche du CIO, ouverte à revoir à la baisse les coûts des Jeux olympiques. «Dans cette optique, Québec appuiera la Ville dans son analyse et sa réflexion», a commenté le responsable de la région de la Capitale-Nationale, Sam Hamad.

Et la population?

Québec n'est pas à l'heure d'une candidature, mais si jamais elle en venait là, une des conditions serait «une acceptabilité sociale forte et indéfectible de la part de la population». Comment la mesurer?

«On n'est pas rendus là», a lancé M. Labeaume lorsque questionné sur l'intérêt de mener un sondage, par exemple. «Je n'ai pas de projet, moi, là. On va là-bas pour écouter. Après ça, on va se faire une tête avec le gouvernement du Québec.»

Le président du Comité international olympique (CIO), Thomas... (Archives AP) - image 3.0

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Le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach

Archives AP

Des questions plein les valises

On ne sait pas combien de temps durera la rencontre avec le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, au siège social du CIO à Lausanne le 11 avril. Mais Régis Labeaume aura une joyeuse liste de questions à sortir de sa valise.

Au premier chef, des questions «financières et techniques», particulièrement sur les modalités d'un jumelage avec une autre ville.

«Une ville partenaire, ça veut dire quoi? Être partenaire avec les États-Unis, ç'a-tu du bon sens?» a énuméré le maire de Québec. «Vous avez besoin de stades de 12000 personnes? Avez-vous besoin de 14000 personnes pour le curling?»

La part des frais épongée par le CIO sera aussi abordée lors de la rencontre. «Combien vous allez mettre? Vous pensez investir combien en 2026, vous autres?» a poursuivi le maire de Québec. «Les droits de télé, ça va ressembler à quoi en 2026? La commandite internationale et nationale, ça finit où? Nike, c'est international, mais je présume que Desjardins, ça doit être local», a-t-il aussi illustré. «C'est tout ça. C'est beaucoup, beaucoup de questions. Honnêtement, on a de l'ouvrage.»

***

Quatre conditions 

Le maire Régis Labeaume a répété mille fois plutôt qu'une jeudi que Québec n'est «pas en mode Olympiques». N'empêche, la Ville pose déjà quatre conditions qui devront être remplies dans l'éventualité d'une candidature.

  •  une acceptabilité sociale forte de la population
  •  le soutien des gouvernements fédéral et provincial
  •  le respect du cadre financier de la Ville de Québec
  •  des chances réelles d'être sélectionnée au niveau canadien et par le CIO 

Lake Placid a déjà l'expérience des Jeux olympiques.... (Archives Le Soleil) - image 4.0

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Lake Placid a déjà l'expérience des Jeux olympiques. La ville de l'État de New York a accueilli les JO à deux reprises en 1980 (photo) et en 1932.

Archives Le Soleil

Lake Placid a eu des «discussions très préliminaires» avec Labeaume

Si Régis Labeaume assure que Québec est loin d'une candidature officielle, il a néanmoins pris soin d'entrer en contact avec certaines villes qui pourraient l'aider à obtenir les Jeux olympiques d'hiver.

Joint quelques minutes après la conférence de presse de son homologue de Québec, jeudi après-midi, le maire de Lake Placid, Craig Randhall, a confirmé au Soleil avoir eu des «discussions très préliminaires» avec Régis Labeaume, la semaine dernière. «Nous aurons d'autres échanges. Je m'attends à avoir des nouvelles de M. Labeaume [après sa rencontre à Lausanne]», a-t-il indiqué.

Rappelons que Lake Placid, située à 400 kilomètres de Québec, possède toujours des installations olympiques. Une piste de bobsleigh, une infrastructure onéreuse à construire, est toujours en place et fonctionnelle.

La municipalité new-yorkaise se trouve surtout à proximité de Whiteface Mountain, qui répond aux critères exigés par la Fédération internationale de ski (FIS). La montagne de 1103 mètres a souvent été vue comme une solution potentielle au problème de Québec, qui n'a pas su convaincre la FIS avec le mont à Liguori.

Régis Labeaume a cependant parlé jeudi d'une structure «démontable» qui pourrait permettre au Massif de Charlevoix d'accueillir une épreuve olympique. Des propos corroborés par Patrice Drouin, président de Gestev, qui pilote cette partie du dossier. Lake Placid ou Whistler, en Colombie-Britannique, ont été évoquées comme solution de rechange par M. Drouin.

En entrevue au Soleil en février 2015, Craig Randhall affirmait que sa ville et lui feraient «tout en [leur] possible [pour aider Québec]» dans une aventure olympique. «Lake Placid serait très heureuse de collaborer. Nous espérons développer des opportunités qui seraient bénéfiques pour nos intérêts respectifs», avait-il ajouté. David Rémillard

Labeaume sur les Olympiques au fil du temps...

«Ça fait combien de temps que je vous dis que ça va mal, les Jeux olympiques d'hiver et qu'à un moment donné, ils vont nous faire signe? Ça va arriver!»

- Le 6 octobre 2014, en réaction de la candidature de la ville d'Oslo pour les Jeux de 2022. Lviv,

Stockholm et Cracovie avaient aussi laissé tomber leurs ambitions olympiques.

***

«Les Olympiques, je suis prétentieux, là, mais un jour ils vont venir nous voir. Je ne dis jamais que la porte est fermée, parce que je dis qu'à un moment donné, ils vont être mal pris.»

- Le 16 octobre 2013

***

«Les Olympiques ne sont pas sur notre écran radar.»

- Le 10 décembre 2012

***

«Il y a beaucoup de gens qui rêvent d'Olympiques. M. [Sam] Hamad rêve d'Olympiques, M. [Marcel] Aubut rêve d'Olympiques. Le seul problème, au bout de tout ça, ce sera notre décision à la Ville. C'est moi, comme maire, qui aurai la tâche de prendre le leadership.»

- Le 17 janvier 2011

***

«Je veux voir ç'a l'air de quoi, une ville qui accueille les Olympiques. Est-ce que c'est bordélique? Est-ce que ça fonctionne? Je ne suis pas un premier ministre, je suis un maire. Alors, je veux voir comment ça se passe sur le terrain.»

- Le 11 février 2010, à propos d'une mission à Vancouver

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