Couillard et Labeaume mettent en garde contre la radicalisation

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Le maire de Québec, Régis Labeaume, et le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, participaient mercredi à une vigile dans la cour du Vieux-Séminaire en mémoire aux victimes des attentats en Belgique.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et le maire de Québec, Régis Labeaume, ont parlé d'une même voix mercredi en appelant à combattre la radicalisation au lendemain des attentats de Bruxelles.

Les deux politiciens participaient à une vigile dans la cour du Vieux-Séminaire. «Il faut combattre le terrorisme et la radicalisation, notamment par la force. Car il n'y a rien de mal à combattre la force par la force. Mais aussi par la fraternité avec ce pays frère qu'est la Belgique, avec qui nous partageons une langue commune et une culture commune», a affirmé le premier ministre.

M. Couillard a avoué avoir eu un sursaut d'horreur, «comme lors des attentats de Paris, le 13 novembre, comme lors de ceux de Charlie Hebdo, comme lors de ceux dans lesquels des coopérants québécois ont perdu la vie à Ouagadougou».

De son côté, Régis Labeaume a parlé de son ami Yvan Mayeur, bourgmestre de Bruxelles, avec qui il avait discuté récemment. «Il était soulagé que Salah Abdeslam, qui avait participé aux attentats de Paris, ait été arrêté. Mais il parlait quand même de sa ville avec une très grande inquiétude. C'est finalement le pire scénario qui s'est produit», a résumé le maire.

M. Labeaume a appelé à la tolérance, mais en gardant l'oeil ouvert sur la radicalisation. «Il faut être intolérant à l'intolérance. Les amalgames sont tout à fait inacceptables. En même temps, je pense qu'il faut être intolérant à la naïveté. Il y a sûrement quelque part des foyers de radicalisation et si le droit nous le permet, nous devons les débusquer et passer à l'action.»

Mercredi matin, le maire avait tenu des propos semblables, en disant qu'il était temps de «regarder très sérieusement» et de «passer à l'action» contre les mosquées de la province où est prôné un discours d'islam radical.

«Sous le parapluie du lieu de culte, il se passe bien des affaires. Il faut questionner ça», avait-il dit.

Admettant d'entrée de jeu que de telles visions radicales ne sont pas prônées dans les mosquées de Québec, M. Labeaume s'était dit préoccupé par ce qui se passe dans la métropole.

Qu'entend alors M. Labeaume par «passer à l'action»? «Ne pas laisser ça continuer. À un moment donné, il faut que ça finisse. Il y a des gens qui utilisent des lieux de culte pour ça, et ça les protège», avait poursuivi M. Labeaume.

Délégué ému et inquiet

Initiateur de la vigile, le délégué de Wallonie-Bruxelles à Québec, Benoit Rutten, s'est dit ému des témoignages de solidarité rendus envers le peuple belge. Plusieurs personnes se sont aussi rendues signer le registre de condoléances, qui sera disponible jusqu'à vendredi au bureau de la Délégation Wallonie-Bruxelles, au 43 rue Buade, avant d'être expédié en Belgique la semaine prochaine.

M. Rutten partage les inquiétudes d'Yvan Mayeur concernant Bruxelles. «Bruxelles, ce sont 19 communes, certaines plus difficiles à gérer. Certaines ne sont pas assez multiples et sont devenues des ghettos. Et qui dit ghetto dit un taux de chômage parfois jusqu'à 25 % et pauvreté. Des jeunes se font happer par des recruteurs qui leur promettent monts et merveilles en Syrie ou s'ils se font exploser», a-t-il expliqué au Soleil.

«Et il est impossible d'empêcher quelqu'un quand il en est rendu à vouloir se faire exploser. Vous, au Québec, vous vous y prenez de la bonne façon avec votre centre de lutte contre la radicalisation. Vous le faites à temps. Nous, c'est il y a plusieurs années que nous aurions dû faire ça en Belgique», conclut-il.

La CAQ en accord avec le maire

La Coalition avenir Québec s'est réjouie de la sortie de Régis Labeaume, rappelant certaines positions prises en ce sens dans le passé.

Le parti de François Legault a notamment proposé lors de l'étude du projet de loi 59 sur la prévention des discours haineux qu'une municipalité puisse suspendre un certificat d'occupation si elle «a des motifs raisonnables de croire que l'immeuble sera occupé pour mener des activités qui comportent la diffusion d'idées fondées sur la haine, toute incitation ou assistance à des activités discriminatoires, ou toute incitation ou assistance à des activités terroristes».

La députée caquiste Nathalie Roy était d'ailleurs présente à une vigile mercredi.

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