Saint-Vincent-de-Paul: un terrain objet de convoitise

Comme la plupart de ses collègues, l'ancien archevêque... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Comme la plupart de ses collègues, l'ancien archevêque de Québec, Mgr Maurice Couture, 89 ans, quittera la maison provinciale des religieux de Saint-Vincent-de-Paul d'ici la fin du mois.

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(Québec) Le sort réservé à la maison provinciale et à l'immense terrain des religieux de Saint-Vincent-de-Paul, sur le chemin Sainte-Foy, ne devrait pas être connu avant un an. D'ici là, on s'attend à ce que plusieurs promoteurs immobiliers soient sur les rangs afin de se porter acquéreur de ce domaine situé dans un secteur névralgique de la ville.

Jean-Pierre Gagnon, vice-président des services financiers chez CB Richard Ellis, à Montréal, est responsable du démarchage pour trouver l'acheteur susceptible d'offrir le meilleur prix à la communauté religieuse. «On croit qu'il y aura beaucoup d'acheteurs intéressés parmi les plus gros développeurs de Québec. Ce genre de terrain, c'est très convoité», mentionne-t-il en entrevue au Soleil.

D'une superficie de plus de 16 000 mètres carrés et situé entre les Halles Sainte-Foy et l'Hôpital Laval, le terrain possède une valeur de 3,815 millions $ au rôle d'évaluation. Incluant la valeur du bâtiment (1,525 millions $), l'éventuel acheteur devra avancer 5,340 millions $ minimum, au regard de l'emplacement privilégié du site. Le montant de 7 M$ a même été avancé.

«Le prix inscrit au rôle d'évaluation n'est pas le reflet de la valeur marchande, ça donne seulement une idée de grandeur», précise M. Gagnon, également évaluateur agréé, qui compte une dizaine d'années d'expérience dans la vente d'immobiliers religieux. Au cours des dernières années, il a piloté entre autres la vente des couvents des Soeurs de la Charité aux municipalités de Pont-Rouge et de Saint-Gédéon de Beauce.

«On a fait évaluer le terrain et le bâtiment à l'externe par un spécialiste de Québec, poursuit-il. On ne peut pas avancer un prix, on va attendre de voir les offres. S'il y a une belle surprise, on n'est pas contre.»

Dans les prochains mois, M. Gagnon lancera un appel d'offres pour inviter les acheteurs potentiels à postuler. Situé dans un emplacement zoné institutionnel, le terrain devra faire l'objet d'un amendement pour faire l'objet d'une nouvelle vocation. 

M. Gagnon souhaite que «la mise en marché» se fasse d'ici un mois et que la vente se concrétise quelques semaines plus tard. «Il faudra compter de neuf mois à un an avant que la transaction soit notariée, ce qui nous mène au printemps 2017 avant que l'acheteur en prenne possession.»

Trop de condos

Une citoyenne de la rue Beauregard, située derrière le terrain des religieux, Ghislaine Harvey-Fortier, ne cache pas son désarroi devant la possibilité de voir pousser des édifices à condos sur ce site. «Il faut absolument que la Ville achète le terrain pour en faire un parc. On est envahi par les condos dans le coin. Ça devient lourd habiter ici», dénonce la résidente de l'immeuble Saint-Vincent.

La construction d'un ensemble d'immeubles d'habitations, dont une tour de 14 étages, au coin de l'autoroute Robert-Bourassa et du chemin Quatre-Bourgeois, sur un terrain appartenant autrefois aux Frères des écoles chrétiennes, viendra déjà compliquer la vie des habitants du secteur, croit-elle. «Il y a plein de condos à vendre. Juste dans mon immeuble, il y en a huit.»

M. Gagnon, un spécialiste de la vente de domaines religieux, estime normal que le voisinage exprime des craintes quant à la vocation future de l'emplacement, mais en dernier lieu, le dossier relève de la communauté Saint-Vincent-de-Paul, qui n'est pas réputée pour rouler sur l'or. La congrégation doit assumer des frais importants pour prendre soin de ses membres les plus âgés, souvent mal en point.

«Tout le monde veut s'en mêler, mais ça demeure un bien privé, souligne M. Gagnon. Les religieux ont passé des années à l'entretenir. On ne peut rien leur imposer. Ce sont eux qui auront le dernier mot parmi les offres retenues.»

«C'est déchirant»

Construite en 1952, la maison provinciale des religieux de Saint-Vincent-de-Paul se vide graduellement de ses occupants. La plupart ont trouvé refuge ailleurs, dont les prêtres les plus malades qui étaient hébergés à l'infirmerie. À partir de la fin du mois, seulement deux religieux continueront d'y habiter, histoire d'assurer l'intendance et l'entretien jusqu'à la vente.

En entrevue au Soleil le mois dernier, Mgr Maurice Couture ne cachait pas son chagrin de quitter cet endroit qui avait vu son ordination à la prêtrise en 1947. Il expliquait avoir contribué à la construction de la chapelle et à l'aménagement paysager du terrain, dont la plantation de la cinquantaine d'érables de Norvège qui bordent l'allée centrale et les environs de l'édifice.

«C'est déchirant, mais que voulez-vous, ça fait partie du dépouillement, expliquait-il. Ce serait chimérique de penser vendre à des gens qui pensent conserver l'endroit comme tel. Je crois que ça aurait fait une belle résidence d'étudiants, puisque c'est situé près de l'université et du cégep Sainte-Foy, mais il paraît que ce ne serait pas rentable.»

«Je suis résigné. J'espère seulement que [la démolition] prendra assez de temps pour que je ne sois plus là, que je ne vois pas le pic des démolisseurs jeter notre chapelle à terre.» 

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