Ancienne boucherie W.E. Bégin: Luc Massicotte en beau fusil

Le propriétaire de l'édifice W.E. Bégin, sur la... (Photothèque Le Soleil, Caroline Grégoire)

Agrandir

Le propriétaire de l'édifice W.E. Bégin, sur la rue Saint-Jean, Luc Massicotte, ne digère pas que le maire Labeaume le traite de petit spéculateur. «Il a raté une belle occasion de se la fermer.»

Photothèque Le Soleil, Caroline Grégoire

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Le propriétaire de l'édifice de l'ancienne boucherie W.E. Bégin ne digère pas du tout l'«attaque tout à fait gratuite» et les «faussetés» de Régis Labeaume à son endroit lors de la séance du conseil municipal de lundi. Se disant en «beau fusil», Luc Massicotte considère que le maire «parle à travers son chapeau et qu'il a raté une belle occasion de se la fermer.»

En entrevue au Soleil, l'homme d'affaires ne mâche pas ses mots au lendemain de la sortie du maire contre cet immeuble à l'abandon depuis quatre ans, au coin de Saint-Jean et Sainte-Claire, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste. «Je suis le premier à vouloir la démolition au plus sacrant, mais je me suis battu trois ans contre la Ville pour avoir un permis de démolition», clame-t-il.

Lundi soir, le maire Labeaume avait répondu à un représentant de la Société de développement commercial (SDC) du Faubourg en qualifiant de «dégueulasse» l'édifice en décrépitude qui dégage des odeurs nauséabondes, source de frustration pour les commerçants des environs.

«C'est un scandale cette affaire-là», avait-il dénoncé, avançant l'idée que la Ville procède elle-même à la démolition de la bâtisse de trois étages pour refiler ensuite la facture au propriétaire. «Il [Massicotte] a acheté cette boucherie visiblement pour spéculer. Et visiblement, il n'a pas une cenne», avait-il ajouté.

Aucun bon sens

Furieux, Luc Massicotte accuse le maire de dire «n'importe quoi» et de le clouer au pilori sur la place publique. «De quel droit me traite-t-il de "tout nu" et de "petit spéculateur qui n'a pas une cenne"? J'ai investi 1 million $ pour ouvrir un magasin usine [près du boulevard du Versant-Nord] et une aire de restauration rapide aux Halles Sainte-Foy. Il a voulu faire son show devant les commerçants pour montrer qu'il veillait au grain. Il a voulu montrer à tout le monde qu'il était le maire tout-puissant. Avant de salir des réputations, il devrait vérifier ses sources. Comme avocat, je pourrais le poursuivre. Ç'a n'a aucun bon sens. Du grand Labeaume...»

L'homme d'affaires explique que ce n'est qu'en novembre qu'il a obtenu le permis de démolition de l'édifice, après avoir mené un long «combat» pour en arriver à une entente avec les fonctionnaires du service du contentieux au sujet de ses arriérés de taxes. La présence d'amiante dans les murs de la bâtisse est venue aussi compliquer les pourparlers. À son avis, il était impensable de commencer les travaux en plein hiver, ce qui aurait fait exploser les coûts pour la transformation de l'édifice en six unités de condos, qui doit accueillir au rez-de-chaussée la nouvelle boucherie W.E. Bégin.

L'exigence d'un cautionnement d'exécution par la Ville, au prix de 150 000 $, non remboursable en cas de dépassement des délais, a «mis sur la défensive» l'entrepreneur chargé des travaux, mentionne-t-il, ajoutant que ces pourparlers lui ont fait perdre «trois, quatre mois». 

«Un cautionnement d'exécution, ça fait peur. Il faut avoir les reins solides. Autant de contraintes, ça n'aide pas. Si on voulait vraiment m'aider à faire disparaître cette verrue, la Ville enlèverait ce cautionnement.»

L'homme d'affaires rencontrait un autre entrepreneur mardi, «un vrai spécialiste des condos neufs», pour donner un nouvel élan au dossier. Dans l'état actuel des choses, il dit comprendre les acheteurs de ne pas se précipiter pour faire une offre d'achat. «J'ai bon espoir que la démolition se fasse le plus rapidement possible, mais je ne peux pas donner de date.»

Assez souffert

À la SDC du Faubourg, la directrice générale Catherine Laberge souhaite elle aussi la fin au plus vite de cette saga. «On veut que ça bouge, indique-t-elle. À défaut de démolir bientôt, il faudrait avoir au moins une façade acceptable, propre et sécuritaire, avec de la verdure, par exemple.»

Les commerçants des environs ont «assez souffert, dit-elle. Les affaires s'en ressentent. C'est rendu que les gens changent de trottoir.»

«Nous voulons qu'il (M. Massicotte) agisse en bon voisin. 

On aimerait aussi qu'il entre en contact avec nous, peut-être qu'on pourrait l'aider. Depuis le début, il n'y a eu aucune communication. La boucherie W.E. Bégin est une institution dans le quartier. Nous voulons la voir revivre. C'est notre souhait le plus cher.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer