Des citoyens dénoncent la fermeture de la piscine Saint-Thomas-d'Aquin

La piscine Saint-Thomas-d'Aquin «nécessiterait beaucoup d'investissements» selon le... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

Agrandir

La piscine Saint-Thomas-d'Aquin «nécessiterait beaucoup d'investissements» selon le conseiller Rémy Normand, qui évalue les travaux à 375000$.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Sauvée une première fois de la démolition en 2002, la piscine Saint-Thomas-d'Aquin risque bien cette fois-ci de ne pas survivre malgré la mobilisation citoyenne. Treize ans plus tard, des résidents du secteur Sainte-Foy reprennent le combat devant la récente décision de la Ville de Québec de mettre fin au bail de location de cet équipement. Mais la position est ferme : trop usée, trop chère à rénover et pas assez fréquentée, plaide l'administration Labeaume, qui n'a pas l'intention de changer d'idée.

«Cette piscine est en bon état malgré ce qu'on dit», lance François Dussault, un citoyen du secteur qui vient à la défense de ce service de proximité. Cet équipement récréatif de la rue Boivin, près de l'avenue Myrand, est à ses yeux «méconnu» et «mal aimé» par la Ville de Québec.  

Lundi, cinq utilisateurs se sont aussi présentés au micro lors du conseil municipal pour déplorer la décision de la Ville de mettre fin au bail de location de la piscine propriété de la coopérative d'organismes communautaires La Maison des entreprises de coeur, qui en avait hérité lors de l'achat de l'ancienne école Saint-Thomas-d'Aquin, en 2002.

La Ville de Québec la louait pour 28 000 $ par an afin de permettre un accès gratuit à la population. Sans ce bail, la piscine devra être fermée, déplorent ces citoyens.

Or, la décision a été mûrement réfléchie, a assuré le conseiller Rémy Normand au conseil de lundi. «La piscine nécessiterait beaucoup d'investissements», a-t-il expliqué en évaluant les travaux à 375 000 $.

Plus basse fréquentation en ville

Rémy Normand a aussi avancé que le taux de fréquentation de cette piscine est le plus bas de toute la ville. En 2014, 3341 «présences» ont été enregistrées à la piscine Saint-Thomas-d'Aquin, ce qui la place en dernière position, peut-on lire dans les documents du budget 2016 de la Ville de Québec. La piscine la plus fréquentée est Gérard-Guay de la rue Sheppard, dans Sillery, avec 27 902 présences. La moyenne de fréquentation était de 10 549.

La popularité de Saint-Thomas-d'Aquin est aussi plombée par le fait que les enfants du programme vacances-été n'y vont plus depuis cette année. «Cela représente une baisse de l'ordre de 1200 présences», indiquent aussi les documents budgétaires.

Mais pour François Dussault, ce service ne doit pas être mesuré par une colonne de chiffres. La piscine répond à un besoin, est au coeur d'un quartier multiculturel avec, notamment des mères de famille nombreuse qui en apprécient la proximité. «Les gens n'iront pas à Saint-Sacrement ou Sillery», tranche-t-il.

Le conseiller Rémy Normand a de son côté assuré lundi que la décision «n'a pas été simple». «On s'est demandé si on renouvelait le bail et, au bout du compte, la décision a été de dire non. On va fermer cet équipement», a-t-il tranché.

Le conseiller a toutefois assuré que la pataugeoire du parc Myrand, voisin du Café au Temps Perdu, sera toujours ouverte, voire améliorée. «Il est question de la rénover et d'en faire un jeu d'eau. Pour les tout-petits, ça va toujours exister», a promis M. Normand.

Une citoyenne au conseil de lundi a aussi demandé au maire Régis Labeaume si la Ville de Québec pouvait acquérir le terrain. «Oui, on peut tout acheter. Le seul problème est qu'il faut payer, et, à un moment donné, on fait des choix», a répliqué le maire. 

«On ne se lève pas le matin en disant : qui je pourrais punir ou quelle piscine je vais fermer?» a-t-il illustré. «Je suis désolé, on aimerait avoir des piscines partout, mais à un moment donné, il faut faire des choix. Les gens de l'arrondissement ont fait un choix éclairé. On ne peut pas faire plaisir à 100 % de la population.»

Sauvée par L'Allier en 2002

En 2002, les citoyens du quartier Saint-Thomas-d'Aquin avaient eu l'assurance du maire Jean-Paul L'Allier que leur piscine extérieure ne serait pas démolie. Août 2002, les citoyens se sont mobilisés pour sauver leur piscine d'une mort certaine. Plus de 200 d'entre eux signent une pétition. Ils se disent «choqués de la décision», estiment que la Ville «a tout fait en secret», ont peur de perdre leur «petite Floride», relate un article du Soleil du 19 août 2002. Les citoyens, comme ils l'ont fait lundi, 13 ans et demi plus tard, se sont présentés au conseil municipal du 20 août 2002. Là est alors survenu un véritable coup de théâtre alors que le maire Jean-Paul L'Allier annonce qu'il n'est plus question de démolir l'équipement de la rue Boivin. À l'époque, la Ville avait même laissé entendre qu'elle pourrait penser à acquérir le terrain acheté peu avant par la Maison des entreprises du coeur. «On a stoppé la machine», avaient alors déclaré des citoyens en jubilant à la sortie du conseil. Le conseil municipal de l'époque avait convenu d'attendre un inventaire des équipements sportifs et des analyses sur l'état de la piscine. Deux options s'offraient : la rénovation ou la reconstruction complète de la piscine. En 2015, la Ville de Québec a évalué les travaux à 375 000 $. Trop cher pour la Ville, qui a choisi de mettre fin à son bail.  

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer