Gel de taxes à Québec: pas trop vite, disent les syndicats

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Le président du syndicat des fonctionnaires municipaux, Jean Gagnon

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(Québec) Le maire Régis Labeaume va un peu vite en attribuant le gel des taxes résidentielles fraîchement décrété pour 2017 et 2018 à la réforme des régimes de retraite des employés municipaux, affirment les représentants des cols blancs et bleus de la Ville de Québec.

Jean Gagnon, président du Syndicat des fonctionnaires municipaux de Québec, admet volontiers que l'administration Labeaume a réalisé des gains lors du renouvellement des conventions collectives, notamment en partageant moitié-moitié les cotisations aux régimes de retraite.

Cet effort, les syndiqués l'ont accepté volontairement parce qu'ils souhaitaient «assurer la pérennité du régime de retraite à long terme», a précisé mardi le chef des cols blancs.

Par contre, la question de la répartition des déficits passés n'est toujours pas réglée malgré l'adoption du projet de loi 3, devenu la loi 15. Les négociations se poursuivent dans le cadre législatif imposé avec, en filigrane, des contestations juridiques qui pourraient s'étirer au-delà du gel de taxes.

«Je suis un résident de Québec et je suis très content pour la population de Québec. D'avoir une pression à la baisse sur les taxes, tant mieux. De prétendre que c'est parce que la loi a été votée et que la Ville a dégagé des sommes, c'est pas tout à fait vrai», a déclaré Jean Gagnon en entrevue téléphonique au Soleil.

Ce dernier considère qu'il y a «des grosses chances qu'il [le gouvernement du Québec] se fasse revirer» par les tribunaux. Il invite donc les administrations municipales à la prudence. «Parce qu'imaginez si la Cour suprême ordonne dans 10 ans la remise en état des régimes de retraite à juin 2014. [...] Tout ce qui aura pas été mis devra être mis. Imaginez les sommes d'argent astronomiques que ça pourrait coûter», lance M. Gagnon.

Daniel Simard, président du syndicat des employés manuels de la Ville de Québec, affirme lui aussi qu'il est «prématuré de s'avancer dans les chiffres». L'effet du partage des cotisations à 50-50, «ça, c'est réel, c'est sûr que ça existe». Mais pour les déficits antérieurs, les économies sont encore hypothétiques, insiste le leader des cols bleus. «Je ne pense pas que c'est ça qui fait qu'on peut avoir une baisse de taxes.»

M. Simard y va de son explication : «Il [Régis Labeaume] est sûr de gagner dans sa tête.» Or, fait-il valoir, les syndicats sont aussi très confiants de renverser la loi adoptée par l'Assemblée nationale en décembre 2014.

Alors que la Ville de Québec annonce un nouvel effort de rationalisation des dépenses pour faire face au gel de taxes annoncé, M. Simard ne voit pas comment le nombre d'employés manuels pourrait repartir à la baisse. Ces dernières années, il a même augmenté à la faveur de la reprise des opérations de l'incinérateur. «Nous, on continue de montrer qu'on est compétitifs et qu'on est capables de faire des jobs aussi bien que le privé sinon plus avec un meilleur service à la population», lance M. Simard.

Le maire Régis Labeaume ne s'est pas laissé démonter par ces appels à la prudence, mardi. «Ça va être de longues procédures judiciaires, on verra. Ça ne changera pas l'objectif. Si on ne peut pas avoir l'argent là, on va le trouver ailleurs», a-t-il assuré, admettant qu'une défaite serait dommageable pour les finances de la Ville.

L'élu s'est montré enthousiaste à l'idée de compresser à nouveau les dépenses municipales. «Quand je suis arrivé, on a eu une grosse ronde de ce qu'on appelle du serrage de vis. Pis là, on va en faire une autre. Une organisation, de temps en temps, il faut brasser ça», a-t-il laissé tomber.

«Je l'assume totalement»

Régis Labeaume a dû se défendre à nouveau, mardi, de faire un calcul électoral en annonçant un gel de taxes pour 2017 et 2018. «Les politiciens promettent ça en élections. Nous, on l'a pas promis, on le fait», a-t-il balancé aux journalistes. À ceux qui lui faisaient remarquer que la période est à tout le moins «préélectorale», le maire a répliqué : «Les élections sont dans deux ans. Imaginez-vous si je l'avais annoncé au budget. À un moment donné, c'est damned if you do, damned if you don't. Et savez-vous quoi? Je l'assume totalement. Moi, je sais ce que le monde pense et je suis très fier et très heureux de le faire.»  

Avec Patricia Cloutier

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