«Débile et ridicule» d'abandonner la formation pour les guides touristiques

La décision de la Ville de Québec d'abandonner... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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La décision de la Ville de Québec d'abandonner l'obligation des formations pour les guides touristiques a vertement été critiquée par la vice-présidente de la Fédération mondiale des guides touristiques.

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(Québec) La décision de la Ville de Québec d'abandonner l'obligation des formations pour les guides touristiques est «débile et illogique», tranche la vice-présidente de la Fédération mondiale des guides touristiques, Ruby Roy.

«Surtout que c'est une ville de l'UNESCO. À la Fédération, on est en train de créer des formations pour des villes du patrimoine mondial. Et Québec, qui a toujours eu des guides, est en train de les enlever? C'est affreux, c'est complètement débile et ridicule», s'insurge celle qui a aussi présidé de 2003 à 2007 cette fédération, connue sous son nom anglais World Federation of Tourist Guide Associations (WFTGA).

«Tout le monde rêve d'avoir ce que Québec a. Les gens qui ont pris cette décision, je me demande s'ils ont fait un tour dans leur propre ville», a raillé Mme Roy, en entrevue depuis Montréal. Le siège social de la WFTGA est à Vienne, en Autriche, et son prochain congrès annuel se tiendra en Iran en 2017.

La décision de l'administration Labeaume d'abandonner l'obligation pour les guides dans la capitale de détenir un permis et d'avoir suivi une formation de 150 heures sur l'histoire a aussi été dénoncée par des guides montréalais et écossais.

Mardi, Ruby Roy a annoncé que des appuis de plusieurs organisations sont à prévoir.

Il est à noter que l'Association des guides touristiques de Québec n'est pas membre de la WFTGA. «Peu importe s'ils sont membres ou pas membres. On appuie les guides, that's it, that's all, tranche Ruby Roy. Pour nous, c'est l'appui total», poursuit celle qui exerce le métier de guide depuis 23 ans.

Elle déplore que les autorités municipales à Québec semblent avoir cédé à la «pression» des grossistes en voyage qui souhaitent avoir recours à leurs propres guides. «Je comprends qu'il y a la pression des tour operators, mais tu ne peux pas enlever un règlement à cause du chantage», dit celle qui plaide pour la couleur locale des guides.

«Le visiteur vient pour quoi? Pour apprendre d'une culture. Comment tu vas l'apprendre si la personne ne vit pas ici?» poursuit la vice-présidente de la WFTGA.

Appui de l'Écosse

Plus tôt dans la journée, Le Soleil a obtenu copie d'une lettre signée par une autre ancienne présidente et membre de l'association écossaise des guides touristiques, Rosalind Newlands. Dans sa missive, elle souligne qu'une telle situation est d'autant plus paradoxale qu'elle survient dans une ville du patrimoine mondial de l'UNESCO.

«La Ville de Québec devrait garder la formation et les permis pour assurer que les visiteurs vivent l'expérience la plus authentique possible, mais aussi pour s'assurer de la préservation d'un tel site patrimonial», peut-on lire.

Du côté de l'Organisation des villes du patrimoine mondial, on estime que «l'OVPM n'a pas à prendre parti» car une telle décision «relève de la juridiction des villes».

Lundi, les représentants des guides touristiques et des institutions qui donnent la formation de guides comme le Collège Mérici ont demandé un moratoire lors d'une rencontre avec les fonctionnaires de la Ville de Québec et de l'Office du tourisme.

La conseillère municipale responsable du dossier, Julie Lemieux, doit rencontrer notamment le directeur des études au Collège Mérici, Pierre Richard, mercredi.

«Amateur», dénonce l'opposition

Du côté de l'opposition à l'hôtel de ville, le chef Paul Shoiry appuie la demande de moratoire des guides touristiques. Mais il se demande surtout comment on a pu en venir là. L'élu de Démocratie Québec a qualifié d'«extrêmement amateur» la façon de faire de la Ville de Québec qui, dit-il, n'a visiblement pas consulté tous les intervenants si on se fie à la réaction de l'Association des guides touristiques de Québec ces derniers jours. «Quand on lisait le sommaire décisionnel, on avait l'impression qu'il y avait eu une entente avec quelque chose qui compensait», a-t-il dit à propos du règlement voté au conseil du 21 décembre et qui n'oblige plus les guides touristiques locaux à détenir une formation et un permis. M. Shoiry suggère par exemple de maintenir les formations pour les guides permanents et d'établir une façon de s'assurer que le contenu des informations livrées par les guides occasionnels «soit conforme à ce qu'on veut livrer» comme informations sur l'histoire et les attraits de la ville de Québec». 

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